Féminicide près de Blois : le conjoint mis en examen et écroué
Vicinthe Massamba, 40 ans, a été poignardée à mort à son domicile de Suèvres dans la nuit du 11 au 12 juin. Son mari a été mis en examen pour meurtre sur conjoint.
Dans la nuit du 11 au 12 juin 2026, Vicinthe Massamba, aide-soignante de 40 ans, a été tuée à coups de couteau à son domicile de Suèvres (Loir-et-Cher). Son mari, Cédric S., a été mis en examen pour meurtre sur conjoint et placé en détention provisoire le 18 juin. Les quatre enfants du couple, présents au moment du drame, ont été confiés à un proche.
L’essentiel
- Fait 1 : Vicinthe Massamba, 40 ans, a été mortellement poignardée à son domicile de Suèvres dans la nuit du 11 au 12 juin 2026.
- Fait 2 : Son mari, Cédric S., a été mis en examen pour meurtre sur conjoint et placé en détention provisoire le 18 juin 2026.
- Fait 3 : La victime avait déposé une plainte pour violences conjugales le 28 janvier 2026. Une enquête était en cours.
- Fait 4 : Les quatre enfants mineurs du couple, présents lors du drame, ont été confiés à leur demi-frère aîné.
Les faits : une dispute fatale à Suèvres
Dans la nuit du 11 au 12 juin 2026, les gendarmes du Loir-et-Cher sont intervenus au domicile d’un couple à Suèvres, commune de 1 500 habitants située à une quinzaine de kilomètres de Blois. Vers minuit, la fille aînée, âgée de 16 ans, a alerté les secours. Sur place, les militaires ont découvert le corps sans vie de Vicinthe Massamba, aide-soignante de 40 ans, dans le salon. Selon les premières constatations, elle présentait une plaie thoracique. L’autopsie, pratiquée le 13 juin à l’institut médico-légal de Tours, a révélé que le décès était dû à une plaie pénétrante du thorax gauche et du cœur, provoquant une hémorragie massive.
Son mari, Cédric S., 43 ans, n’était plus sur place. Il avait pris la fuite après les faits. Les enquêteurs l’ont retrouvé quelques heures plus tard à Blois, en état d’ivresse. Immédiatement interpellé, il a été hospitalisé pour une suspicion de pneumothorax, ce qui a retardé son placement en garde à vue. Les quatre enfants mineurs du couple, âgés de 4 à 16 ans, s’étaient réfugiés à l’étage de la maison. Ils n’ont pas été blessés physiquement mais ont été pris en charge psychologiquement.
Une plainte déposée cinq mois plus tôt
L’enquête a rapidement mis en lumière un contexte de violences conjugales anciennes. Le 28 janvier 2026, Vicinthe Massamba avait déposé plainte auprès de la gendarmerie de Blois pour des violences physiques et psychologiques répétées commises par son mari. Une enquête préliminaire avait été ouverte en février 2026. Selon les informations recueillies, le couple était en pleine procédure de séparation. La victime s’apprêtait à emménager dans un logement social avec ses enfants. C’est dans ce climat de tensions et de jalousie que le drame est survenu, au moment où Vicinthe Massamba avait annoncé son départ imminent.
Interrogé lors de sa garde à vue, Cédric S. a reconnu une violente dispute avec son épouse, mais a nié être l’auteur des coups mortels, affirmant que sa femme les aurait portés elle-même. Une version contredite par les constatations médico-légales. Le parquet de Blois a ouvert une information judiciaire pour meurtre sur conjoint.
La procédure judiciaire : mise en examen et détention
Le 18 juin 2026, à l’issue de sa garde à vue, Cédric S. a été présenté à un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Blois. Il a été mis en examen pour « meurtre sur conjoint ». Le parquet a requis son placement en détention provisoire, estimant que son maintien en liberté présentait un risque de pression sur les témoins et de réitération. Le juge des libertés et de la détention a suivi ces réquisitions : le suspect a été écroué à la maison d’arrêt de Blois. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes du drame et le rôle de chacun. Les auditions des proches et des voisins sont en cours. Le dossier a été confié à la brigade de recherches de Blois.
Le devenir des enfants
Les quatre enfants du couple, tous mineurs, ont été immédiatement mis à l’abri après le drame. Ils ont été confiés à leur demi-frère aîné, âgé de 23 ans, désigné comme tiers de confiance par les services sociaux. Une cellule psychologique a été mise en place par la mairie de Suèvres et le conseil départemental. Selon nos informations, les enfants sont suivis régulièrement.
Les proches de Vicinthe Massamba ont exprimé leur « soulagement » après la mise en détention du mari, comme le rapporte notre article sur la réaction des proches. Ils espèrent que la justice fera toute la lumière sur ce féminicide.
Contexte dans le Loir-et-Cher
Ce drame porte à au moins trois le nombre de féminicides recensés dans le département du Loir-et-Cher depuis le début de l’année 2026. En juin, une femme avait été tuée à Gaillon-sur-Montcient (Yvelines), un dossier similaire suivi par nos confrères, féminicide à Gaillon-sur-Montcient. En mars, une autre victime avait été retrouvée sans vie à Romorantin. Le Loir-et-Cher, département rural de 330 000 habitants, connaît une moyenne de deux à trois féminicides par an depuis 2020, selon les données du collectif « Féminicides par compagnon ou ex ». Les associations locales, comme le CIDFF 41, alertent sur la nécessité de renforcer les moyens d’accueil et d’accompagnement des victimes. Un nouveau pôle d’accueil pour femmes victimes de violences intrafamiliales a été ouvert à Cahors, mais des initiatives similaires manquent encore dans le département, comme le souligne notre article sur le pôle unique à Cahors.
Le parquet de Blois a indiqué que l’enquête sur le féminicide de Suèvres devra aussi examiner le suivi de la plainte déposée en janvier. La question de l’évaluation du danger et des mesures de protection prises à l’époque sera au cœur des investigations.
La prochaine étape judiciaire sera la confrontation prévue entre le mis en examen et les témoins, dans les prochaines semaines. L’instruction devrait durer plusieurs mois avant un éventuel renvoi aux assises.