Sainte-Rose : enceinte de 4 mois, elle poignarde son compagnon et prend 2 ans de prison
Le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a condamné la prévenue le 9 juin 2026, sur fond de violences conjugales graves et d'antécédents avec arme blanche.
Une femme de 32 ans, enceinte de 4 mois, a été condamnée mardi 9 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre à deux ans de prison pour avoir poignardé son compagnon dans le dos à Sainte-Rose. Les faits ont été qualifiés de violences conjugales graves. L'affaire a été jugée en comparution immédiate.
L’essentiel
- Condamnation : 2 ans de prison dont 1 an ferme et 1 an avec sursis probatoire sous bracelet électronique, prononcée le 9 juin 2026.
- Profil de la prévenue : femme de 32 ans, enceinte de 4 mois, présentant des troubles psychiatriques selon RCI Guadeloupe.
- Antécédents : selon RCI Guadeloupe et une publication Facebook du média, il s’agirait du troisième homme qu’elle blesse avec une arme blanche.
- Contexte territorial : la Guadeloupe enregistre 13,3 victimes de violences conjugales pour 1 000 femmes en 2024, au-dessus de la moyenne nationale (SSMSI/ministère de l’Intérieur).
- Commune : Sainte-Rose, environ 17 700 habitants (INSEE 2023), nord de la Basse-Terre.
Une agression au couteau jugée en comparution immédiate
Les faits se sont produits à Sainte-Rose, commune du nord de la Basse-Terre. La prévenue, âgée de 32 ans et enceinte de quatre mois, a porté un coup de couteau dans le dos de son compagnon. La date exacte de l’agression n’a pas été précisée publiquement ; la condamnation, elle, est intervenue le mardi 9 juin 2026 à l’audience du tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre.
Le dossier a été traité en comparution immédiate, procédure utilisée lorsque les faits sont récents et le prévenu maintenu en détention. Les violences ont été qualifiées de violences conjugales graves avec arme blanche.
Une peine de deux ans, dont un an ferme
Le tribunal a prononcé une peine de deux ans d’emprisonnement. Un an est assorti d’un sursis probatoire avec bracelet électronique ; l’autre an est ferme. La prévenue présentait des troubles psychiatriques, selon RCI Guadeloupe, radio régionale qui a couvert l’audience.
Toujours selon RCI Guadeloupe et une publication relayée sur la page Facebook officielle du média, il s’agirait du troisième homme que la prévenue blesse avec une arme blanche. Ces antécédents ont vraisemblablement pesé dans l’appréciation de la peine, bien que le détail des motivations du tribunal n’ait pas été rendu public à ce stade.
Un profil judiciaire complexe, une grossesse prise en compte
La situation de la prévenue - enceinte de quatre mois au moment du jugement - soulève des questions pratiques sur les modalités d’exécution de la peine. Le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre dispose de mécanismes d’aménagement de peine en cas de grossesse ou de maternité, mais aucune décision en ce sens n’a été rendue publique à ce jour.
Les troubles psychiatriques évoqués n’ont pas conduit à l’irresponsabilité pénale ; la prévenue a bien été déclarée coupable et condamnée. Les conditions d’une éventuelle expertise psychiatrique préalable n’ont pas été détaillées dans les informations disponibles.
Ce type de dossier - violence conjugale grave avec récidive et contexte de santé mentale - est traité régulièrement par le tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre, qui dispose depuis 2023 d’une audience spécialisée en violences intra-familiales, selon Franceinfo La 1ère Guadeloupe.
Contexte dans la Guadeloupe (971)
Cette condamnation s’inscrit dans un département particulièrement exposé aux violences conjugales. En 2024, la Guadeloupe enregistrait un taux de 13,3 victimes pour 1 000 femmes, contre environ 10 pour 1 000 en moyenne nationale, selon les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publiées en octobre 2025 par le ministère de l’Intérieur. La Guadeloupe figure ainsi parmi les départements français les plus touchés, aux côtés de la Martinique et de la Guyane, selon Franceinfo La 1ère.
Sainte-Rose, commune d’environ 17 700 habitants selon l’INSEE (population municipale 2023), est l’une des communes les plus peuplées du nord de la Basse-Terre. Elle avait déjà fait l’actualité judiciaire et sécuritaire récemment : un incendie avait détruit 5,7 hectares de cannes à sucre sur son territoire ce même mois de juin 2026.
La préfecture de Guadeloupe et les services de l’État ont, ces dernières années, renforcé leur dispositif de lutte contre les violences conjugales, avec notamment des actions de prévention coordonnées entre forces de l’ordre, parquet et associations. L’affaire de Sainte-Rose illustre néanmoins la persistance de situations à haut risque, y compris lorsque la victime est le partenaire masculin.
Du côté de la gendarmerie, le recrutement local se poursuit pour renforcer les effectifs sur l’archipel.
Violences conjugales : quand la femme est l’auteure
Les statistiques nationales montrent que les femmes représentent environ 20 % des auteurs de violences conjugales enregistrées. En Guadeloupe, ce chiffre n’est pas publié de façon isolée, mais les affaires jugées en comparution immédiate témoignent d’une réalité moins visible : les hommes peuvent aussi être victimes au sein du couple.
Ce dossier ne bénéficie d’aucune protection légale spécifique liée au genre de la victime. La qualification retenue - violences conjugales graves - s’applique indépendamment du sexe de l’auteur ou de la victime.
Pour les affaires impliquant des prévenus présentant des troubles psychiatriques, les juridictions correctionnelles peuvent ordonner un suivi socio-judiciaire en complément de la peine. Le contenu exact de l’obligation probatoire attachée au sursis n’a pas été communiqué publiquement dans cette affaire.
Ce qu’on ne sait pas encore
Plusieurs éléments restent à ce stade non confirmés : la date précise de l’agression, l’état de santé de la victime, les suites éventuelles d’un appel, et les modalités concrètes d’exécution de la peine compte tenu de la grossesse. La mairie de Sainte-Rose et le parquet de Pointe-à-Pitre n’ont pas fait de déclaration publique sur ce dossier.
La prévenue pourra former appel devant la cour d’appel de Basse-Terre dans un délai de dix jours suivant le jugement.
Sources
- RCI Guadeloupe : Une femme enceinte condamnée à 2 ans de prison après avoir poignardé son conjoint
- RCI Guadeloupe (@RCI_GP) sur X : Tweet RCI Guadeloupe – condamnation femme enceinte Sainte-Rose
- Franceinfo La 1ère Guadeloupe : Violences conjugales : la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane au-dessus de la moyenne nationale
- Ministère de l'Intérieur / SSMSI : Données violences conjugales 2024 – SSMSI
