Fère-en-Tardenois : un délinquant sexuel intervenait à l’école Sainte-Famille
Le compagnon de la directrice, condamné en janvier pour agression sexuelle et corruption de mineurs, côtoyait les enfants depuis trois ans
Vincent C., condamné le 20 janvier 2026 pour agression sexuelle et détention d'images pédopornographiques, intervenait comme bénévole à l'école Sainte-Famille de Fère-en-Tardenois. La directrice, sa compagne, a été mise à pied. L'enseignement catholique reconnaît un grave dysfonctionnement.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Condamnation : Vincent C. a écopé de 30 mois de prison avec sursis probatoire le 20 janvier 2026 à Reims
- Durée d'intervention : le bénévole intervenait à l'école depuis au moins trois ans
- Interdiction : la justice lui a interdit tout contact avec des mineurs et l'a inscrit au fichier FIJAISV
- Sanction : la directrice Alison C. a été mise à pied après la révélation
L’essentiel
- Condamnation : Vincent C. a écopé de 30 mois de prison avec sursis probatoire le 20 janvier 2026 à Reims
- Durée d’intervention : le bénévole intervenait à l’école depuis au moins trois ans
- Interdiction : la justice lui a interdit tout contact avec des mineurs et l’a inscrit au fichier FIJAISV
- Sanction : la directrice Alison C. a été mise à pied après la révélation
L’affaire a éclaté lors d’une réunion de parents en juin à Fère-en-Tardenois. Vincent C., compagnon de la directrice de l’école privée Sainte-Famille, intervenait bénévolement auprès des enfants depuis plusieurs années. Un passé judiciaire que personne ne connaissait dans l’établissement.
Un lourd passé judiciaire dissimulé
Le 20 janvier 2026, le tribunal judiciaire de Reims a condamné Vincent C. à 30 mois de prison avec sursis probatoire. Les chefs d’accusation : agression sexuelle, corruption de mineurs et détention d’images pédopornographiques. La justice l’a inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV) et lui a interdit tout contact avec des mineurs.
Malgré ces interdictions, Vincent C. a continué à fréquenter l’école Sainte-Famille pendant au moins trois ans, selon le blog StopSouffranceEtablissementsCatholiques. Il côtoyait quotidiennement enfants et personnel sans que son passé ne soit connu.
La directrice accusée de dissimulation
Des salariés et des parents accusent la directrice Alison C., compagne de Vincent C., d’avoir volontairement caché les condamnations. Selon les témoignages recueillis, elle aurait eu connaissance de la situation judiciaire de son conjoint mais n’aurait jamais alerté l’institution ni les familles.
La direction diocésaine de l’enseignement catholique de l’Aisne a réagi en mettant la directrice à pied. Une décision prise après la découverte des faits et face à la pression des parents d’élèves.
L’enseignement catholique reconnaît un dysfonctionnement
La direction diocésaine de l’enseignement catholique de l’Aisne a reconnu un grave dysfonctionnement dans ses procédures de contrôle. L’institution s’est engagée à revoir en profondeur ses protocoles de vérification des bénévoles intervenant dans les établissements.
Une cellule psychologique a été ouverte pour les enfants et le personnel de l’école Sainte-Famille. L’objectif : accompagner tous ceux qui ont été en contact avec Vincent C. pendant ces années.
L’affaire soulève des questions sur les procédures de contrôle dans les établissements privés sous contrat. Contrairement aux établissements publics où le bulletin n°3 du casier judiciaire est systématiquement demandé, les écoles privées catholiques disposent de leurs propres circuits de vérification, parfois moins rigoureux.
Contexte dans l’Aisne
Fère-en-Tardenois compte environ 2 800 habitants dans le département de l’Aisne. L’école Sainte-Famille fait partie du réseau de l’enseignement catholique qui scolarise plusieurs milliers d’élèves dans l’Aisne, répartis dans une trentaine d’établissements.
Cette affaire survient après plusieurs scandales similaires dans d’autres régions, notamment dans la région Grand Est, où des dysfonctionnements dans les contrôles ont été pointés. Elle relance le débat sur le fichage et le contrôle systématique des intervenants auprès des mineurs.
Le parquet de Laon n’a pas communiqué à ce stade sur d’éventuelles poursuites supplémentaires contre Vincent C. pour non-respect de son interdiction de contact avec des mineurs, ni sur une enquête visant la directrice pour complicité ou mise en danger d’autrui.
Prochaines étapes
La direction diocésaine doit présenter dans les prochaines semaines un plan de refonte de ses procédures de vérification des bénévoles. Les parents d’élèves réclament également un audit complet des pratiques dans l’ensemble des établissements catholiques du département.
L’école Sainte-Famille devrait rouvrir en septembre sous une nouvelle direction. Les familles attendent des garanties claires sur les contrôles qui seront mis en place.