Affaire Obélix : la ferme des Trois Dindes se porte partie civile au procès de Draguignan
Le refuge tarn-et-garonnais de L'Honor-de-Cos s'engage aux côtés de l'État le 12 mai 2026 devant le tribunal du Var
Le procès de l'ancien propriétaire d'Obélix, poney de 25 ans mort le 1er mai 2025 des suites de blessures infligées par des rottweilers, s'ouvre ce 12 mai 2026 à Draguignan. La Ferme des Trois Dindes, refuge de L'Honor-de-Cos dans le Tarn-et-Garonne qui avait recueilli l'animal, s'est constituée partie civile aux côtés de l'État.
Le procès de l’ancien propriétaire d’Obélix, poney de 25 ans mort le 1er mai 2025 des suites de blessures infligées par des rottweilers, s’ouvre ce 12 mai 2026 à Draguignan. La Ferme des Trois Dindes, refuge de L’Honor-de-Cos dans le Tarn-et-Garonne qui avait recueilli l’animal, s’est constituée partie civile aux côtés de l’État.
L’essentiel
- Procès fixé au 12 mai 2026 : le tribunal correctionnel de Draguignan (Var) juge l’ancien propriétaire d’Obélix pour maltraitance animale.
- Décès le 1er mai 2025 : le poney, saisi le 24 avril 2025 et confié à la Ferme des Trois Dindes, est mort une semaine après sa prise en charge malgré des soins intensifs.
- Partie civile aux côtés de l’État : le refuge de L’Honor-de-Cos (Tarn-et-Garonne), fondé en mars 2019, s’est joint à la procédure et réclame une interdiction à vie de détenir des animaux.
- Hausse nationale : la SPA a sauvé 3 626 animaux de la maltraitance en France en 2025, soit +16 % par rapport à 2024, avec 77 % de plaintes en plus.
- Cadre légal : la loi du 30 novembre 2021 prévoit jusqu’à quatre ans de prison et 60 000 € d’amende en cas de mort de l’animal par maltraitance.
Un poney martyrisé dans le Var, recueilli en urgence dans le 82
Obélix présentait un tableau clinique sévère à son arrivée : un œil crevé, des plaies infectées et des zones de nécrose. Selon La Dépêche du Midi et France 3 Occitanie, le poney avait été attaqué de façon répétée par des rottweilers appartenant à sa propriétaire, laissé sans soins pendant une durée indéterminée.
La justice a prononcé sa saisie le 24 avril 2025. Le lendemain, l’animal était confié à la Ferme des Trois Dindes, à L’Honor-de-Cos. Il a aussitôt été transféré dans une clinique vétérinaire spécialisée à Grenade-sur-l’Adour, dans les Landes. Les soins n’ont pas suffi. Obélix est décédé le 1er mai 2025.
La ferme de L’Honor-de-Cos, de l’accueil à la salle d’audience
La Ferme des Trois Dindes a été fondée en mars 2019 par Lisa Fernandez, sa mère Isabelle et une associée prénommée Nathalie. Le refuge, spécialisé dans les animaux de ferme maltraités, divagants ou abandonnés, est implanté à L’Honor-de-Cos, commune de Tarn-et-Garonne située dans l’arrondissement de Montauban.
Se porter partie civile dans une affaire instruite dans le Var représente une démarche inhabituelle pour un refuge local. Lisa Fernandez, co-fondatrice et présidente du refuge, l’explique sans détour, selon La Dépêche : « Nous attendons de la justice des décisions à la hauteur de la gravité des faits, avec des sanctions claires et des peines complémentaires d’interdiction à vie de détenir des animaux ou d’exercer toute activité en lien avec eux. »
La ferme avait déjà tissé des liens avec la dynamique associative tarn-et-garonnaise et avec les services de l’État. L’engagement judiciaire du 12 mai 2026 en est la suite logique.
Un groupe de travail national pour améliorer les saisies
La démarche dépasse le seul procès. La Ferme des Trois Dindes s’est intégrée à un groupe de travail national piloté par la Division nationale de lutte contre la maltraitance animale, rattachée au ministère de l’Intérieur. L’objectif : améliorer la gestion des animaux saisis par la justice - délais, structures d’accueil, prise en charge vétérinaire, financement.
Le cas Obélix a mis en lumière les fragilités de la chaîne : entre la saisie judiciaire et le placement effectif dans un refuge équipé, le temps perdu peut être fatal. La participation au groupe de travail, selon L’Opinion qui a relayé l’information, s’inscrit dans un « projet national inédit » associant des refuges partenaires à l’élaboration de nouvelles procédures.
Contexte dans le Tarn-et-Garonne
Le département compte plusieurs structures associatives dédiées à la protection animale. La Ferme des Trois Dindes occupe une place spécifique : elle se concentre sur les animaux de ferme, une catégorie souvent moins visible que les chiens et chats dans les bilans des grandes associations nationales.
La présence institutionnelle de l’État dans le département facilite ce type de partenariat entre refuges locaux et administrations centrales. Le Tarn-et-Garonne dispose d’une direction départementale de la protection des populations (DDPP) compétente en matière de bien-être animal, interlocutrice habituelle des refuges lors des saisies.
Le cas Obélix illustre aussi la dimension interrégionale de ces affaires : l’animal était détenu dans le Var, soigné dans les Landes, hébergé en Tarn-et-Garonne, et la procédure judiciaire se tient à Draguignan. Cette dispersion géographique complique la coordination, point précisément visé par le groupe de travail national.
Un cadre légal renforcé depuis 2021, mais des sanctions encore variables
La loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 a durci les peines encourues pour maltraitance animale. En cas de mort de l’animal par actes de cruauté, le texte prévoit jusqu’à quatre ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende. Les tribunaux peuvent également prononcer une interdiction de détenir des animaux.
Dans le Var, un précédent récent donne un point de comparaison. La gérante d’un faux refuge au Luc-en-Provence avait été condamnée, selon le site Ici, à six mois de prison avec sursis probatoire de deux ans et à une interdiction à vie de détenir des animaux, pour des sévices commis entre 2023 et 2024. La nature et la gravité des faits reprochés à l’ancien propriétaire d’Obélix relèvent d’une autre échelle.
Au niveau national, le bilan de la SPA pour 2025 est parlant : 3 626 animaux sauvés de la maltraitance, en hausse de 16 % par rapport à 2024, 208 opérations de saisies et 230 plaintes déposées - soit 77 % de plus qu’en 2024. Ces chiffres, publiés en janvier 2026, témoignent d’une progression des signalements autant que d’une mobilisation accrue des associations.
Par ailleurs, selon un sondage IFOP de 2025, 37 % des Français estimaient que le bien-être animal n’est pas assuré pour les animaux de ferme, en hausse de trois points par rapport à 2024.
Ce que la défense pourra plaider reste à déterminer
Les éléments de défense de l’ancien propriétaire d’Obélix n’ont pas été détaillés dans les sources disponibles à ce stade. Le jugement du tribunal de Draguignan, attendu pour ce 12 mai 2026, dira si les demandes de la partie civile - interdiction à vie de détenir des animaux ou d’exercer toute activité en lien avec eux - sont retenues.
La Ferme des Trois Dindes, elle, a déjà indiqué qu’elle entendait peser dans les débats publics au-delà de ce seul dossier, en s’appuyant sur son intégration au groupe de travail national pour faire évoluer les pratiques de saisie et d’accueil des animaux victimes de maltraitance.
La décision du tribunal de Draguignan est attendue dans les jours suivant l’audience du 12 mai 2026.
Sources
- La Dépêche du Midi : La ferme des Trois Dindes s'associe à l'État contre la maltraitance animale et se porte partie civile dans le procès d'Obélix
- La Dépêche du Midi : Obélix le poney martyr est mort
- France 3 Occitanie : La poignante annonce de la mort d'Obélix, un poney victime de maltraitance animale
- Légifrance : Loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale