Vers des Coupes du monde en hiver ? La FIFA sous pression après France-Paraguay sous 40°C
Alors que le huitième de finale de l'équipe de France à Philadelphie s'annonce sous une chaleur extrême, la FIFA relance le débat sur un calendrier hivernal pour les prochains Mondiaux.
À deux jours du match France-Paraguay à Philadelphie où 38 à 40 °C sont annoncés, la FIFA doit faire face à des critiques croissantes sur ses protocoles chaleur. Plus de 70 joueurs réclament des mesures renforcées tandis que Gianni Infantino évoque un possible basculement pérenne des Coupes du monde en hiver.
L’essentiel
- 38-40 °C : les températures prévues pour France-Paraguay le 4 juillet à Philadelphie
- Octobre 2025 : Gianni Infantino propose un calendrier hivernal régulier
- 70+ : nombre de joueurs pros signataires d’une lettre ouverte pour des protocoles chaleur plus stricts
- 32 °C : seuil actuel d’interruption (WBGT) fixé par la FIFA, jugé trop élevé
- Horaires modifiés : le fan festival de Philadelphie a adapté ses horaires face à la canicule
Un huitième de finale sous une chaleur étouffante
Alors que l’équipe de France aborde son huitième de finale de la Coupe du monde 2026 avec un bilan parfait en phase de groupes, une menace météorologique plane sur la rencontre contre le Paraguay prévue ce samedi 4 juillet à Philadelphie. Les services météo anticipent des températures comprises entre 38 et 40 °C, bien au-delà des normales saisonnières.
Face à cette vague de chaleur, les organisateurs ont déjà été contraints d’adapter le programme : le festival officiel des supporters installé à Lemon Hill a vu ses horaires d’ouverture modifiés, comme l’a rapporté PhillyVoice. Sur le terrain, la FIFA a déployé des brumisateurs géants et des bancs de touche climatisés dans les stades américains - le SoFi Stadium en est équipé - mais ces mesures ne suffisent pas à calmer les inquiétudes.
La réponse de la FIFA face aux critiques
Cet épisode estival relance un débat ancien sur la santé des joueurs. Le seuil actuel de température humide globale (WBGT) fixé à 32 °C pour interrompre ou décaler un match est contesté par des scientifiques et des médecins du sport, qui ont officiellement exhorté la FIFA à le revoir à la baisse, selon Blick. Une lettre ouverte soutenue par plus de 70 joueurs professionnels, relayée par 350.org, réclame des protocoles de protection plus rigoureux.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait déjà ouvert la porte à un changement de cap en octobre 2025, déclarant au Guardian : « Nous devons réfléchir à des solutions pour que le football reste praticable dans le monde entier. Organiser des Coupes du monde en hiver est une option que nous étudions sérieusement. »
Vers des Coupes du monde en hiver
Cette piste, déjà concrète pour le Mondial 2034 attribué à l’Arabie saoudite, pourrait devenir la norme. Infantino a suggéré un ajustement du calendrier des clubs européens, qui joueraient en juin pour libérer les mois d’hiver aux sélections nationales - une proposition rapportée par OneFootball. Pour les grands championnats comme la Ligue 1, la Premier League ou la Liga, ce serait une révolution aux conséquences économiques et organisationnelles majeures.
La Coupe du monde 2022 au Qatar avait déjà démontré la faisabilité d’une édition hivernale, malgré les critiques sur le décalage avec les saisons sportives. Désormais, le réchauffement climatique accélère la réflexion. « Nous ne pouvons plus ignorer les températures extrêmes qui frappent de plus en plus de régions du globe », a ajouté Infantino, alors que les États-Unis, hôtes principaux du Mondial 2026, subissent une canicule record.
Contexte dans le 93 : un enjeu local pour Mbappé et le Stade de France
Dans le département de la Seine-Saint-Denis (93), cette problématique est suivie avec une attention particulière. Kylian Mbappé, meilleur buteur du tournoi avec 6 réalisations, est né à Bondy. Le joueur du Paris Saint-Germain, déjà très exposé médiatiquement, devient un symbole de cette génération confrontée aux caprices climatiques. Le Stade de France, situé à Saint-Denis, pourrait être directement concerné par un éventuel basculement des compétitions internationales en hiver. Les nombreuses rencontres des Bleus qui s’y déroulent devraient alors être reprogrammées, impactant les budgets des clubs et des collectivités locales.
Les discussions sur un nouvel écosystème calendaire - juin pour les clubs, novembre-décembre pour les sélections - sont donc scrutées de près par les acteurs du football francilien, du Paris FC aux clubs amateurs.
Prochaine étape : le match France-Paraguay et les décisions de la FIFA
Le match de samedi à Philadelphie sera un test grandeur nature. Si les températures atteignent 40 °C, les arbitres pourraient être contraints d’activer la clause de « cooling break » à la mi-temps, voire de reporter la rencontre. Les résultats de ce match - et les éventuels incidents de santé - pèseront lourd dans la balance alors que la FIFA doit statuer sur le format des prochains Mondiaux lors de son congrès de fin d’année. L’édition 2030 (Espagne-Portugal-Maroc) pourrait être la dernière exclusivement estivale.