Mercato OM : un été sous contrôle et conditionné aux ventes
Après une amende UEFA de 10 M€ et un déficit record, l'OM doit vendre avant d'acheter. La DNCG a exigé des garanties.
L'Olympique de Marseille aborde son mercato estival 2026 avec une marge de manœuvre quasi nulle. Sanctionné par l'UEFA et sous surveillance de la DNCG, le club doit générer 50 à 60 millions d'euros de ventes avant d'envisager des recrues.
L’essentiel
- Amende UEFA : 10 millions d’euros infligés le 17 juin 2026 pour non-respect du fair-play financier.
- Déficit record : 104 à 105 millions d’euros pour l’exercice clos en juin 2025.
- DNCG : sursis à statuer le 23 juin 2026, le club doit fournir des pièces complémentaires sous peu.
- Objectif ventes : 50 à 60 millions d’euros de plus-values nécessaires cet été.
- Départs prioritaires : Pierre-Emile Højbjerg et Mason Greenwood poussés vers la sortie.
Un passif financier lourd à digérer
L’été s’annonce studieux pour les dirigeants de l’Olympique de Marseille. Le 17 juin, l’UEFA a sanctionné le club phocéen d’une amende de 10 millions d’euros pour infraction au fair-play financier, avec une menace d’exclusion européenne avec sursis. Une décision qui s’ajoute à un déficit abyssal : entre 104 et 105 millions d’euros pour l’exercice clos en juin 2025, selon les comptes transmis au gendarme du foot français. Un trou hérité de la gestion de l’ancien président Pablo Longoria (2021-2026), pointé du doigt par les observateurs, notamment L’Équipe.
La nouvelle équipe dirigeante, menée par le président Stéphane Richard et le directeur sportif Grégory Lorenzi, doit désormais remettre de l’ordre. Mais le chemin est étroit.
La DNCG serre la vis
Le 23 juin, la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) a prononcé un sursis à statuer concernant les comptes marseillais. Info.fr rapporte que l’instance a exigé des éléments complémentaires avant de rendre son verdict définitif. Concrètement, le club a quelques semaines pour présenter un plan de redressement crédible. En cas d’échec, les sanctions pourraient être lourdes : encadrement de la masse salariale, interdiction de recruter, voire rétrogradation administrative.
Pour éviter ce scénario, l’OM doit impérativement générer entre 50 et 60 millions d’euros de plus-values sur les ventes de joueurs, selon Football Club de Marseille. Une somme qui semble aujourd’hui difficile à atteindre sans céder des cadres.
Des déports prioritaires pour équilibrer les comptes
Pour réduire la masse salariale et faire entrer du cash, la direction pousse vers la sortie ses plus gros salaires et valeurs marchandes. En tête de liste : Pierre-Emile Højbjerg et Mason Greenwood, tous deux sous contrat jusqu’en 2027. Le Danois, arrivé en 2023, touche un salaire élevé et conserve une bonne cote en Premier League. Quant à l’Anglais, son temps de jeu irrégulier et son poids financier en font un candidat naturel au départ, rapporte Jeunesfooteux.
Un cas compliqué vient toutefois contrarier les plans : le capitaine Leonardo Balerdi a refusé au printemps 2026 une offre de 25 millions d’euros du Bayer Leverkusen, selon L’Équipe. Le départ de l’Argentin aurait permis de boucler une partie de l’objectif de vente. Sans son transfert, le club doit trouver d’autres pistes.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
L’OM n’est pas le seul club de la région à connaître des turbulences. Dans un championnat de Ligue 1 où dix clubs sur seize ont changé d’entraîneur, la stabilité financière est devenue un luxe. Marseille, 2e ville de France et premier club du Sud-Est, pèse lourd dans l’économie sportive départementale. Le stade Vélodrome, propriété de la ville, attire plus de 60 000 spectateurs en moyenne. Mais le mille-feuille de dettes hérité des années Longoria risque de fragiliser l’écosystème local si des sanctions sont prononcées.
À titre de comparaison, d’autres grands clubs français - comme le PSG - affrontent aussi des contraintes, mais avec des marges bien plus larges. Pour l’OM, l’équation est plus serrée : vendre ou disparaître.
Un mercato sans folie
Comme le résume le compte @mathis_football, « aucune folie n’est prévue cet été ». Les jours des recrutements clinquants sous Longoria semblent révolus. La priorité est désormais de réduire la voilure et de stabiliser les finances. Les supporters marseillais devront s’habituer à un marché des transferts plus discret, où chaque euro dépensé devra être justifié.
Prochaine étape : la remise des pièces complémentaires à la DNCG dans les prochaines semaines. Si le club parvient à vendre rapidement Højbjerg ou Greenwood, il pourrait débloquer une petite enveloppe pour renforcer l’effectif. Sinon, l’été pourrait être long et morose sur la Canebière.
D’autres clubs de Ligue 1 vivent des situations similaires, mais l’OM est sans doute le plus exposé.