Forbach : Belhaddad prédit la fin de la macronie après un premier tour difficile

Le député sortant de Moselle réélu malgré tout, mais lucide sur le recul d'Ensemble dans le département

Forbach : Belhaddad prédit la fin de la macronie après un premier tour difficile
Illustration Pauline Schmitt / info.fr

Au soir du premier tour des législatives anticipées de 2024, Belkhir Belhaddad lâchait : « La Macronie a vécu. » Le député de la 1re circonscription de Moselle, arrivé deuxième derrière le RN avec 27,6 %, a finalement été réélu le 7 juillet. Mais le diagnostic posé sur sa propre famille politique reste sévère.

Les législatives anticipées de l’été 2024 ont laissé des traces en Moselle. Déclenchées le 9 juin par Emmanuel Macron après la déroute d’Ensemble aux européennes, elles ont redessiné la carte politique du département. Belkhir Belhaddad, député de Metz-1 depuis 2017, en a tiré un constat direct après le premier tour : « La Macronie a vécu », déclarait-il à France Bleu Moselle, alors que les trois sortants Ensemble arrivaient derrière le RN dans leurs circonscriptions respectives.

Un réélu qui diagnostique sa propre défaite

Belhaddad lui-même plafonnait à 27,6 % au premier tour. Il a finalement décroché sa réélection au second tour le 7 juillet, avec 55,70 % des voix face au candidat RN Grégoire Laloux - soit 2,11 points de plus qu’en 2022 (53,59 %), selon les résultats compilés par France 3 Grand Est. La participation a nettement progressé : 64,32 % au second tour en Moselle, contre 43,8 % au premier tour en 2022.

À l’échelle du département, le bilan penche clairement en faveur du Rassemblement national. Le RN y a conquis 4 sièges en 2024, contre 1 en 2022, tandis qu’Ensemble en conservait 3, dont celui de Belhaddad. Dans des bassins comme Forbach, marqués par la désindustrialisation et la proximité frontalière, la progression du vote RN était déjà documentée avant ce scrutin.

Un départ du groupe Renaissance en février 2025

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L’histoire ne s’arrête pas au soir du 7 juillet. Belhaddad, né à Timgad (Algérie) en 1969 et élu pour la première fois sous l’étiquette LREM en 2017 selon Wikipedia, a quitté le groupe Renaissance le 7 février 2025. Il invoquait des désaccords de fond sur les questions migratoires et le droit du sol.

Après un passage chez les non-inscrits, il s’est apparenté au groupe socialiste en septembre 2025. Éric Coquerel avait salué ce choix sur X :

Son parcours reste tendu avec le RN local. En octobre 2023, Laurent Jacobelli l’avait traité de « racaille » lors d’un rassemblement, un épisode qui a entraîné une mise en examen pour injures et diffamation, selon France 3 Grand Est.

Sa déclaration post-premier tour sur « la fin de la macronie » prend aujourd’hui une résonance particulière : quelques mois après l’avoir prononcée, il avait lui-même quitté le bloc présidentiel.

Sources

Pauline Schmitt

Pauline Schmitt

Basée à Metz, elle traite la sidérurgie, les tensions sur l'emploi, les débats sur la frontière luxembourgeoise et les chantiers du centre Pompidou. Issue du CFJ, elle a commencé en agence. Méthode rigoureuse : interroger les sidérurgistes, les frontaliers, les élus, croiser les bilans d'ArcelorMittal avant de publier.

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