Formation à l’IA : 27 % des tâches professionnelles déjà automatisables

Face à l'essor de l'intelligence artificielle dans tous les secteurs, salariés et entreprises multiplient les initiatives de formation pour maîtriser ces outils

Formation à l’IA : 27 % des tâches professionnelles déjà automatisables
Professionnels en formation sur l'intelligence artificielle dans salle moderne lumineuse Nathalie Rousselin / INFO.FR

Selon une étude de McKinsey Global Institute, 27 % des tâches quotidiennes des travailleurs français pourraient être confiées à une intelligence artificielle. Cette révolution technologique, qui s'accélère depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, suscite autant d'espoirs que d'inquiétudes chez les salariés. Entre crainte du remplacement et volonté de maîtriser ces nouveaux outils, la formation à l'IA devient un enjeu majeur pour les entreprises et les professionnels.

L'essentiel — les faits vérifiés
  • 27 % des tâches quotidiennes des travailleurs français pourraient être automatisées par l'IA selon McKinsey Global Institute
  • 48 % des 6000 salariés d'Amundi utilisent quotidiennement des outils d'IA depuis la création de leur plateforme Alto Studio AI en 2023
  • Des programmes de formation spécialisés se multiplient en France et en Afrique avec des acteurs comme Le bootcamp IA et Afrik'IA
  • Gabriel Attal investit massivement dans l'IA pour sa campagne présidentielle 2027 avec une équipe dédiée de 10 personnes
  • L'utilisation de l'IA s'étend de la finance à l'éducation, en passant par la politique, nécessitant une formation continue face à son évolution rapide

27 %. C’est la proportion de tâches quotidiennes des travailleurs français qui pourraient être automatisées par l’intelligence artificielle, selon McKinsey Global Institute. Un chiffre qui illustre l’ampleur de la transformation en cours dans le monde du travail. Rédaction de mails, notes de synthèse, présentations PowerPoint, gestion du service client, traduction, veille… les applications de l’IA ne cessent de se diversifier, rendant indispensable la formation des professionnels à ces technologies.

Comme l’expliquait déjà Jensen Huang, fondateur de Nvidia, le 9 mai 2017 : « La révolution de l’IA avance rapidement et continue d’accélérer. » Une prophétie qui s’est pleinement réalisée, puisque les actions de l’entreprise ont enregistré une plus-value dépassant 7000 % depuis cette déclaration.

Les entreprises françaises s’emparent massivement de l’IA

Le géant français de la gestion d’actifs Amundi illustre parfaitement cette transformation. Dès le lancement de ChatGPT en 2023, la société a réagi avec une rapidité remarquable. Selon Le Figaro, Guillaume Lesage, directeur des opérations d’Amundi, explique : « Dès 2023, nous avons créé une plateforme (Alto Studio AI) permettant à tous les collaborateurs d’utiliser différents moteurs d’intelligence artificielle, dont ChatGPT et Mistral, et d’accéder dans un environnement sécurisé à tous les documents de l’entreprise, comme les prospectus de fonds ou les notes internes de prévisions macroéconomiques. »

Les résultats sont spectaculaires : 48 % des 6000 salariés d’Amundi utilisent désormais quotidiennement ces outils. Plus impressionnant encore, 800 collaborateurs, surnommés les « citizen developers », disposent d’accès spéciaux pour créer leurs propres applications basées sur l’IA. Cette démocratisation interne témoigne d’une volonté de former massivement les équipes plutôt que de concentrer l’expertise technique sur quelques spécialistes.

Des programmes de formation adaptés à tous les profils

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Face à cette demande croissante, des initiatives de formation se multiplient. Marjolaine Grondin, fondatrice de Le bootcamp IA, propose des programmes intensifs permettant aux professionnels de maîtriser rapidement ces technologies. Interrogée par RFI en décembre 2025, elle soulignait l’importance d’adapter les formations au rythme d’évolution constant de l’IA.

En Afrique, des structures comme Afrik’IA développent également des parcours de formation adaptés aux réalités locales. Daouda Thiam, chargé de formation chez Afrik’IA, insiste sur la nécessité de former tout au long de la vie professionnelle, tant les technologies évoluent rapidement. L’enjeu dépasse la simple acquisition de compétences techniques : il s’agit de permettre aux travailleurs de comprendre les limites et les possibilités de ces outils pour en faire des alliés plutôt que des menaces.

Apprendre à utiliser l’IA sans perdre son esprit critique

Tous les grands modèles de langage ne se valent pas. Selon La Vie, derrière chaque intelligence artificielle se cache une entreprise avec ses choix technologiques et ses valeurs. ChatGPT d’OpenAI, Claude d’Anthropic, Mistral AI français… chacun présente des spécificités qu’il convient de comprendre pour choisir l’outil le plus adapté à ses besoins.

Ces systèmes fonctionnent comme des outils de prédiction de texte ultrasophistiqués : ils analysent les schémas et structures du langage pour générer du contenu cohérent. Mais cette facilité apparente soulève des questions essentielles : comment utiliser efficacement ces outils sans compromettre sa capacité de réflexion ? Comment éviter les pièges des hallucinations et des biais ? La formation doit donc inclure une dimension critique et éthique, au-delà de la simple maîtrise technique.

L’IA s’invite jusque dans les stratégies politiques

L’appropriation de l’IA dépasse désormais le cadre professionnel traditionnel pour toucher même la sphère politique. Selon RTL, Gabriel Attal et son parti Renaissance développent actuellement leur propre plateforme d’outils basés sur l’IA en vue de la présidentielle 2027. L’objectif affiché par un cadre du parti : « Comment on gagne une élection présidentielle grâce à l’IA. »

Cette plateforme devrait permettre de mieux cibler les électeurs potentiels avec de la cartographie électorale, d' »absorber plus d’études, d’articles, de sondages », et de générer rapidement des contenus adaptés aux différents territoires. Renaissance y consacre des moyens considérables : cinq salariés permanents, épaulés par une start-up externe, soit une dizaine de personnes au total, avec le recrutement de trois ou quatre personnes supplémentaires prévu. Selon les équipes d’Attal, « il s’agit d’utiliser l’Intelligence artificielle pour jouer à armes égales avec les extrêmes qui sont par nature favorisés sur les réseaux sociaux. »

Des applications concrètes dans l’éducation

Le secteur éducatif n’est pas en reste. Au Québec, des enseignants comme Louis-Philippe Duchesne, de l’École de la Ruche, utilisent l’IA générative pour créer des parcours d’apprentissage personnalisés. Dans un témoignage publié en janvier 2026 sur École branchée, il explique comment l’IA l’a aidé à concevoir des activités enrichissantes pour Marie-Soleil, une élève de 6e année au rythme d’apprentissage particulièrement rapide.

Cette utilisation de l’IA pour la différenciation pédagogique illustre un usage intelligent de la technologie : plutôt que de remplacer l’enseignant, l’IA devient un outil permettant de répondre aux besoins diversifiés des élèves sans s’épuiser à toujours chercher de nouveaux exercices. Une approche qui pourrait inspirer d’autres secteurs professionnels dans leur appropriation de ces technologies.

L’enjeu de l’open source dans la démocratisation de l’IA

Au-delà de la formation des utilisateurs, se pose la question de l’accès aux technologies elles-mêmes. Selon le Journal du Net, l’émergence d’une IA véritablement open source reste complexe. Contrairement aux logiciels traditionnels dont le code source peut être entièrement partagé, les modèles d’IA fonctionnent avec des « poids » qui nécessitent des ajustements constants et s’appuient sur des quantités considérables de données d’entraînement.

Cette complexité technique, ajoutée aux contraintes de confidentialité et aux obligations réglementaires, rend difficile l’application des principes d’accessibilité propres à l’open source. Pourtant, certains acteurs comme Mistral AI en France choisissent de publier leurs modèles en open source pour accélérer l’innovation collaborative. Un choix stratégique qui pourrait faciliter l’accès à la formation et à l’expérimentation pour un plus grand nombre.

La formation à l’intelligence artificielle ne se limite donc plus à quelques experts techniques. Elle devient une compétence transversale indispensable, touchant tous les secteurs d’activité et tous les niveaux hiérarchiques. Reste à savoir si cette démocratisation de l’accès à la formation permettra de réduire les inégalités face à cette révolution technologique, ou si elle creusera au contraire le fossé entre ceux qui sauront maîtriser ces outils et ceux qui les subiront.

Sources

  • Le Figaro (20 janvier 2026)
  • RFI (17 décembre 2025)
  • La Vie (14 septembre 2025)
  • RTL (7 janvier 2026)
  • Journal du Net (16 juin 2025)
  • École branchée (12 janvier 2026)
Nathalie Rousselin

Nathalie Rousselin

Reporter et journaliste d'investigation. Parcours en sciences sociales et journalisme de terrain. Expertise dans le traitement des faits de société et les enquêtes de fond. Expérience en presse quotidienne régionale. Rejoint INFO.FR pour couvrir l'actualité société et les faits divers.

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