Fort-de-France : le plan Antilles-Guyane contre le narcotrafic dévoilé à l’aéroport Aimé Césaire
Les ministres Naïma Moutchou et Jean-Didier Berger ont présenté ce plan interministériel doté de 14 millions d'euros et de 74 agents supplémentaires.
Le 4 juillet, à l'aéroport Aimé Césaire de Fort-de-France, le gouvernement a dévoilé le plan d'urgence Antilles-Guyane contre le narcotrafic. Cinq axes stratégiques, un budget de 14 millions d'euros et 74 effectifs supplémentaires composent cette stratégie visant à endiguer le trafic dans la région.
L’essentiel
- Présentation le 3 juillet 2026 : la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou et le ministre délégué à l’Intérieur Jean-Didier Berger ont dévoilé le plan Antilles-Guyane à l’aéroport Aimé Césaire de Fort-de-France.
- Budget de 14 M€ et 74 effectifs : le plan est doté de 14 millions d’euros et prévoit le déploiement de 74 agents supplémentaires en 2026.
- Scanners et doublement des contrôles : des scanners millimétriques seront installés à l’aéroport et les contrôles douaniers des conteneurs seront doublés.
- Vidéoprotection renforcée : une dotation exceptionnelle de 1,5 million d’euros est allouée à la vidéoprotection aux Antilles.
- Coopération transfrontalière : le plan renforce les partenariats avec les États de la Caraïbe et d’Amérique latine.
La lutte contre le narcotrafic aux Antilles-Guyane entre dans une nouvelle phase. Le 4 juillet, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou et le ministre délégué à l’Intérieur Jean-Didier Berger ont présenté le plan d’action interministériel d’urgence Antilles-Guyane à l’aéroport Aimé Césaire de Fort-de-France. Ce plan est le fruit de la Conférence régionale de sécurité des Antilles, qui s’est tenue dans la foulée.
Sur le tarmac, les ministres ont détaillé une stratégie dotée de 14 millions d’euros et de 74 effectifs supplémentaires. « Nous voulons changer d’échelle dans la lutte contre le narcotrafic », a déclaré Jean-Didier Berger sur X, qualifiant le plan de « souhaité par Emmanuel Macron ».
Cinq axes pour endiguer le trafic
Le plan s’articule autour de cinq axes stratégiques, selon les informations communiquées par le ministère de l’Intérieur et relayées par RCI et peyiguyane.com.
Premier axe : la coopération transfrontalière. Le plan renforce les partenariats avec les États partenaires de la zone Caraïbes et d’Amérique latine pour mieux coordonner les interceptions et les partages de renseignement.
Deuxième axe : la sécurisation des points d’entrée. Des scanners millimétriques seront déployés à l’aéroport Aimé Césaire pour détecter les « mules » et les stupéfiants dissimulés sur les passagers. Parallèlement, les contrôles douaniers des conteneurs seront doublés, aussi bien au port que dans les zones aéroportuaires.
Troisième axe : la vidéoprotection et les brigades de quartier. Une dotation exceptionnelle de 1,5 million d’euros est allouée en 2026 pour étendre la vidéosurveillance aux Antilles. Des brigades de quartier seront déployées pour renforcer la présence policière dans les zones sensibles.
Quatrième axe : la lutte contre les réseaux criminels. Des groupes d’enquête dédiés au trafic d’armes à feu seront créés. Les effectifs de l’Office antistupéfiants (OFAST) seront renforcés aux Antilles pour mieux traquer les têtes de réseau.
Cinquième axe : la prévention de la corruption. Un programme spécifique cible les agents des forces de l’ordre, des douanes et du personnel aéroportuaire ou portuaire, afin de prévenir les risques de corruption, souvent pointés comme une fragilité dans la chaîne de contrôle.
Un budget de 14 millions d’euros et 74 agents
L’enveloppe de 14 millions d’euros finance l’ensemble des mesures. Les 74 agents supplémentaires provisionnés pour 2026 seront affectés aux douanes, à la police et à la gendarmerie, avec un accent sur les postes d’inspection et les unités d’enquête. Selon le ministère de l’Intérieur, ces moyens doivent permettre un « saut qualitatif » dans la lutte contre le narcotrafic, alors que les Antilles-Guyane constituent une plaque tournante pour la cocaïne en provenance d’Amérique du Sud.
Contexte dans la Martinique
La Martinique, et en particulier son aéroport international Aimé Césaire, est un point de passage majeur pour les stupéfiants à destination de l’Europe. En 2025, les saisies de cocaïne y ont augmenté de 15 % par rapport à l’année précédente, selon des chiffres non encore publiés officiellement mais cités par des sources locales. Le département de la Martinique (972) compte environ 360 000 habitants. Le chômage et la précarité, plus élevés qu’en métropole, alimentent un terreau favorable aux trafics. La Conférence régionale de sécurité, qui a précédé la présentation du plan, a réuni les préfets, les élus et les acteurs judiciaires pour définir les priorités locales.
Cette annonce intervient alors que d’autres territoires français font face à des défis sécuritaires comparables. À Nice, le procureur a récemment alerté sur la hausse de 300 % de mineurs sur les points de deal, un phénomène qui n’épargne pas les Antilles. La coordination des opérations, comme celle mise en place pour le poste de commandement lors du Mans Classic Legend, sera également un axe du dispositif antillais.
Prochaine étape
Les premières mesures, notamment le déploiement des scanners et l’affectation des personnels, doivent entrer en vigueur avant la fin de l’année 2026. Un bilan d’étape est attendu dans six mois, lors d’une nouvelle conférence régionale de sécurité.
Sources
- Ministère de l'Intérieur : Conférence régionale de sécurité des Antilles pour renforcer la lutte contre les trafics illicites
- RCI : Plan de lutte contre le narcotrafic : les cinq axes stratégiques dévoilés
- Peyi Guyane : Plan de lutte contre le narcotrafic : les cinq axes stratégiques dévoilés aux Antilles-Guyane