Fort-de-France : un policier blessé par balle lors d’un vol de scooter, un braqueur tué
Blessé à l’aine le 30 juin, le policier a riposté avec son arme de service. L’un des agresseurs est décédé, le second est en fuite. Les syndicats dénoncent une escalade de la violence.
Un policier en civil a été blessé par balle à Fort-de-France lors du vol de son scooter. Il a riposté, tuant l’un des agresseurs. Le second suspect est en fuite. Les syndicats policiers réclament des mesures face à la circulation accrue des armes.
L’essentiel
- Fait 1 : Un policier en civil, en service, a été blessé par balle à l’aine le 30 juin 2026 à Fort-de-France lors d’une tentative de vol de son scooter TMAX.
- Fait 2 : Le fonctionnaire a riposté avec son arme de service, blessant mortellement l’un des agresseurs, déclaré décédé au CHU de la Martinique.
- Fait 3 : Le second suspect a pris la fuite à deux-roues. L’enquête est conduite sous l’autorité du procureur Yann Le Bris.
- Fait 4 : Ce drame porte à 16 le nombre d’homicides en Martinique depuis janvier 2026. Le préfet a annoncé la saisie de 93 armes illégales au premier semestre.
Les faits : un vol qui tourne au drame
Le mardi 30 juin 2026, en début de soirée, un policier en civil circulait à scooter sur le front de mer de Fort-de-France. Deux individus ont alors tenté de s’emparer de son deux-roues de type TMAX. Selon les premiers éléments communiqués par le parquet, les agresseurs étaient armés.
Le fonctionnaire, qui était en service, a sorti son arme de poing et riposté. Un échange de tirs s’est engagé. Sur place, les enquêteurs ont relevé une dizaine de douilles. Touché au bas du corps, à l’aine, le policier a été rapidement pris en charge. Ses jours ne sont pas en danger, a confirmé le procureur de la République de Fort-de-France, Yan Le Bris.
L’un des agresseurs a été atteint par les tirs de riposte. Il a fait un arrêt cardio-respiratoire avant d’être transporté au CHU de la Martinique, où il est décédé. Le second malfaiteur a réussi à s’enfuir à bord d’un deux-roues. Il est activement recherché par les forces de l’ordre.
La réaction des syndicats policiers
Le syndicat Alliance Police Nationale a immédiatement réagi via son secrétaire territorial en Martinique, Thierry Baucelin. Il dénonce un « passage à l’acte décomplexé » des délinquants, dans un contexte de circulation massive d’armes à feu sur le territoire. « Les malfaiteurs n’hésitent plus à tirer sur des policiers, même en service. C’est une escalade très inquiétante », a-t-il déclaré à RCI Martinique.
Le commissaire divisionnaire Michel Aleu, directeur territorial de la police nationale, a également exprimé son soutien au fonctionnaire blessé. Il a souligné que « certains délinquants visent délibérément les forces de l’ordre pour les tuer ». Le syndicat réclame des renforts humains et matériels, ainsi qu’une réponse pénale plus ferme face aux violences armées.
Contexte dans la Martinique
Avec ce décès, la Martinique enregistre son 16e homicide depuis le début de l’année 2026. Un chiffre qui illustre la dégradation de la sécurité dans l’île. Le préfet de Martinique, Étienne Desplanques, a réaffirmé la priorité donnée à la lutte contre le trafic d’armes : 93 armes illégales ont été saisies au premier semestre 2026, a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse récente.
Parallèlement, d’autres territoires français connaissent des faits divers tragiques. Ce même 30 juin, un accident mortel sur l’A13 dans les Yvelines a coûté la vie à une personne et fait deux blessés graves. Un rappel que la sécurité routière et la violence urbaine demeurent des préoccupations nationales.
L’enquête en cours
Le parquet de Fort-de-France a confié l’enquête à la division de la criminalité organisée et spécialisée de la police judiciaire. Le procureur Yan Le Bris s’est rendu sur les lieux peu après les faits pour coordonner les premières investigations. L’autopsie du suspect décédé doit être réalisée dans les prochains jours.
Les recherches se poursuivent pour retrouver le complice en fuite. Les autorités lancent un appel à témoins. Le policier blessé, dont l’identité n’a pas été divulguée, est hospitalisé mais son pronostic vital n’est pas engagé.
Pendant que la Martinique panse ses plaies, l’actualité nationale est marquée par la qualification de l’équipe de France de football pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Un contraste saisissant avec la violence qui frappe les forces de l’ordre ultramarines.