François Seignouret, l’ébéniste bordelais devenu star de la Louisiane
À l’occasion du 250e anniversaire des États-Unis, retour sur le destin exceptionnel de ce Bordelais né en 1783, émigré à La Nouvelle-Orléans et devenu le plus célèbre ébéniste de Louisiane au XIXe siècle.
François Seignouret, né à Bordeaux en 1783, a traversé l'Atlantique en 1808 pour s'installer à La Nouvelle-Orléans. Ébéniste de génie, il a marqué le mobilier créole avant de revenir en Gironde pour fonder un négoce de vin. Son histoire est mise en lumière pour les 250 ans des États-Unis.
L’essentiel
- Né le 22 mars 1783 : François Seignouret voit le jour à Bordeaux, dans une famille originaire de Créon (Gironde).
- Arrivée à La Nouvelle-Orléans : Il débarque le 25 février 1808 à bord du navire Franklin, en provenance de Bordeaux.
- Demeure emblématique : En 1816, il fait construire au 520 Royal Street une maison aux balcons en fer forgé marqués d’un « S », aujourd’hui musée après une restauration de 38 millions de dollars.
- Retour en Gironde : Il acquiert le domaine de Terrefort à Blanquefort en 1829 et fonde la maison Seignouret Frères en 1830 pour exporter des vins de Bordeaux.
Le 4 juillet 2026, à l’heure où les États-Unis célèbrent leurs 250 ans, Sud Ouest a publié un portrait fouillé de François Seignouret, un Bordelais devenu une légende de l’ébénisterie en Louisiane. Signé par le journaliste Jean-Michel Selva, l’article retrace le parcours de cet artisan qui a conquis La Nouvelle-Orléans au début du XIXe siècle.
Un Bordelais à la conquête du Nouveau Monde
François Seignouret naît à Bordeaux le 22 mars 1783. Fils de Pierre Seignouret, tailleur, et de Rose Guillard, il grandit dans une famille modeste originaire de Créon, en Gironde. En novembre 1807, il embarque à Bordeaux à bord du Franklin et pose le pied à La Nouvelle-Orléans le 25 février 1808. Il a alors 24 ans.
La ville, passée sous pavillon américain depuis la vente de la Louisiane en 1803, est en pleine expansion. Seignouret s’y installe comme tapissier et ébéniste. Il combat même comme milicien volontaire lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans en 1815 contre les Britanniques. Très vite, son talent pour le mobilier de style créole le propulse au sommet de l’artisanat local.
La maison Seignouret-Brulatour, un morceau d’histoire
En 1816, il fait édifier une demeure au 520 Royal Street, au cœur du quartier français. Les balcons en fer forgé arborent un « S » entrelacé, signature du propriétaire. Ce bâtiment abrite aujourd’hui le siège de The Historic New Orleans Collection, un centre de recherche et musée dédié à l’histoire de la Louisiane. En 2019, après près de quinze ans de travaux, le site a rouvert ses portes à l’issue d’une restauration de 38 millions de dollars.
Le journaliste de Sud Ouest a pu s’appuyer sur des documents d’archives et des clichés de meubles signés Seignouret, conservés dans des collections américaines. L’article montre également des vues de la résidence bordelaise que le maître ébéniste s’était fait construire aux Chartrons, à Bordeaux, ainsi que la salle Franklin (21 rue Vauban), bâtie en face de sa demeure.
Retour en Gironde et négoce de vin
Après avoir fait fortune en Louisiane, François Seignouret rentre à Bordeaux. En 1829, il acquiert le domaine de Terrefort à Blanquefort, futur Château Dillon. L’année suivante, il fonde la maison d’exportation Seignouret Frères, spécialisée dans le commerce de vins de Bordeaux vers les États-Unis. Il ne rompt jamais totalement avec son passé d’artisan : sa maison de négoce exporte du vin dans des caisses en bois qu’il dessinait lui-même.
Il meurt intestat à Bordeaux le 25 décembre 1852, à l’âge de 69 ans. Sa sépulture est toujours visible au cimetière de la Chartreuse.
Contexte dans la Gironde
Ce portrait s’inscrit dans une série d’articles publiés par Sud Ouest pour le 250e anniversaire des États-Unis, mettant en avant les liens historiques entre la Gironde et l’Amérique du Nord. Bordeaux, grand port du XVIIIe siècle, a vu partir de nombreux émigrants vers la Louisiane. L’histoire de Seignouret illustre ces échanges transatlantiques, entre artisanat d’art et commerce du vin, deux piliers de l’économie girondine. Le département compte encore plusieurs traces de son passage : le domaine de Terrefort à Blanquefort, la salle Franklin dans le quartier des Chartrons et son tombeau à la Chartreuse.
Pour aller plus loin : lire l’article de Sud Ouest.