Frappes US contre l’Iran : 37 milliards de dollars et aucune issue en vue
Après onze nuits de bombardements américains, le Pentagone révèle un coût de 37,5 milliards de dollars tandis que Téhéran riposte sur les bases US au Moyen-Orient
Les États-Unis poursuivent leurs frappes aériennes contre l'Iran pour la onzième nuit consécutive. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a révélé un coût dépassant 37 milliards de dollars. L'Iran a répliqué en frappant des bases américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. Le bilan s'alourdit 18 soldats américains tués.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Les États-Unis ont mené leur 11e nuit consécutive de frappes contre l'Iran le 22 juillet 2026
- Le coût du conflit atteint 37,5 milliards de dollars selon le secrétaire à la Défense Pete Hegseth
- L'Iran a riposté en frappant des bases américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie
- 18 soldats américains ont été tués depuis le début de la reprise des hostilités en juillet
- Donald Trump menace de bombarder des infrastructures iraniennes pour chaque navire attaqué dans le détroit d'Ormuz
Une escalade militaire sans précédent depuis juillet
Le 22 juillet 2026, les forces armées américaines ont mené leur onzième nuit consécutive de frappes contre des cibles militaires iraniennes, selon le commandement central américain (CENTCOM). Cette campagne aérienne, lancée début juillet, marque la reprise d’un conflit qui semblait temporairement apaisé après le protocole d’accord signé en juin. Washington a déclaré cet accord caduc, relançant les tensions autour du détroit d’Ormuz.
Le bilan humain côté américain s’élève désormais à 17 soldats tués depuis le début de la reprise des hostilités, selon le Pentagone. L’Iran, de son côté, a multiplié les attaques de drones et de missiles contre des installations militaires américaines dans la région, notamment en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn, d’après les médias d’État iraniens et les Gardiens de la révolution islamique (IRGC).
Un coût de 37,5 milliards de dollars révélé au Sénat
Lors d’une audition devant le Sénat américain, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a révélé que le coût des opérations militaires contre l’Iran s’élève à 37,5 milliards de dollars à ce stade du conflit. Ce chiffre comprend les munitions, le déploiement de forces supplémentaires dans la région et les opérations aériennes quotidiennes.
L’administration Trump a parallèlement sollicité une aide budgétaire supplémentaire de 67,1 milliards de dollars auprès du Congrès pour soutenir la poursuite des opérations. Cette demande intervient dans un contexte où les réserves de missiles de croisière et de bombes guidées du Pentagone diminuent rapidement.
Les analystes du Congressional Budget Office estiment que si le conflit se prolonge au-delà du mois d’août, le coût total pourrait dépasser 100 milliards de dollars, selon des projections rapportées par l’AFP.
Menaces de Trump sur les infrastructures iraniennes
Le président Donald Trump a durci le ton ces derniers jours, menaçant de frapper des infrastructures nucléaires iraniennes. Lors d’un discours à la Maison-Blanche, il a déclaré que pour chaque navire attaqué dans le détroit d’Ormuz, les États-Unis bombarderaient un pont ou une centrale en Iran.
Cette menace vise directement les infrastructures civiles, une escalade verbale qui inquiète les organisations internationales. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, est devenu le point focal du conflit. Toute perturbation prolongée dans cette zone stratégique aurait des répercussions majeures sur les marchés énergétiques mondiaux.
Téhéran a répondu en affirmant qu’il intensifierait ses attaques contre les bases américaines au Moyen-Orient si Washington ciblait des sites civils. Les deux parties semblent désormais engagées dans une logique d’escalade symétrique.
Ripostes iraniennes sur les bases régionales
L’Iran a démontré sa capacité à frapper en profondeur les positions américaines dans la région. Les Gardiens de la révolution ont revendiqué des attaques de drones et de missiles balistiques contre trois bases majeures : la base navale de Bahreïn, qui abrite la 5e flotte américaine, les installations aériennes d’Al-Udeid au Qatar, et la base jordanienne d’Al-Tanf, proche de la frontière syrienne.
Ces frappes ont causé des dégâts matériels importants et contraint le Pentagone à renforcer ses systèmes de défense antiaérienne dans l’ensemble du Moyen-Orient. Selon Reuters, des batteries Patriot et des systèmes THAAD supplémentaires ont été déployés dans les jours suivant les premières attaques iraniennes.
La situation reste particulièrement tendue pour les quelque 30 000 soldats américains stationnés dans la région, répartis entre l’Irak, la Syrie, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et les Émirats arabes unis.
Contexte diplomatique : l’échec du protocole de juin
Le protocole d’accord signé en juin 2026 entre Washington et Téhéran, sous médiation pakistanaise, visait à établir une trêve temporaire autour du détroit d’Ormuz. Ce texte prévoyait notamment la suspension des attaques contre les navires commerciaux en échange d’un allègement partiel des sanctions américaines sur les exportations pétrolières iraniennes.
Cet accord a volé en éclats début juillet après une série d’incidents maritimes attribués par les États-Unis à des groupes soutenus par l’Iran. Washington a déclaré l’accord caduc et lancé la première vague de frappes aériennes le 7 juillet.
Depuis, les tentatives de médiation menées par l’Oman, la Suisse et la France n’ont abouti à aucun résultat tangible. Les chancelleries européennes observent avec inquiétude cette escalade, craignant qu’elle ne débouche sur un conflit régional élargi impliquant les alliés respectifs de Washington et Téhéran.
Impact sur le commerce mondial et les prix de l’énergie
Le détroit d’Ormuz reste la principale source d’inquiétude pour les marchés énergétiques. Toute fermeture prolongée de ce passage maritime stratégique, large de seulement 34 kilomètres à son point le plus étroit, perturberait gravement l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié.
Les prix du baril de Brent ont déjà augmenté de 18% depuis le début du conflit, passant d’environ 80 dollars début juillet à 95 dollars le 22 juillet, selon les données de l’International Energy Agency. Les compagnies maritimes ont commencé à détourner certains pétroliers par la route du cap de Bonne-Espérance, rallongeant les délais et les coûts de transport.
Pour la France, qui importe environ 8% de son pétrole via le détroit d’Ormuz, l’impact reste limité à court terme. Mais une prolongation du conflit pourrait affecter les prix à la pompe et accroître l’inflation énergétique, avertit le ministère de la Transition énergétique.
Réactions internationales et position française
La France a appelé à la désescalade lors d’une déclaration du ministre des Affaires étrangères le 21 juillet. Paris plaide pour un retour immédiat à la table des négociations et propose d’accueillir des pourparlers multilatéraux associant les États-Unis, l’Iran et les puissances européennes.
Le secrétaire général de l’ONU a également exprimé sa profonde préoccupation, rappelant que toute attaque contre des infrastructures civiles constituerait une violation du droit international humanitaire. La Russie et la Chine ont condamné les frappes américaines, Pékin menaçant de bloquer toute résolution au Conseil de sécurité autorisant l’usage de la force.
Les alliés européens des États-Unis affichent une position nuancée : ils soutiennent le droit de Washington à se défendre contre les attaques iraniennes, mais s’inquiètent d’une escalade incontrôlée qui pourrait les entraîner dans un conflit régional dont ils ne veulent pas.
Aucune issue en vue à court terme
Lors de son audition au Sénat, Pete Hegseth a reconnu que le Pentagone n’avait pas de calendrier précis pour la fin des opérations. Le président Trump a déclaré que la guerre était « loin d’être terminée » et que les États-Unis poursuivraient leurs frappes « aussi longtemps que nécessaire ».
Du côté iranien, le guide suprême Ali Khamenei a réaffirmé que Téhéran ne céderait pas face aux pressions américaines et continuerait à défendre ses intérêts dans la région. Les deux camps semblent enfermés dans une logique d’affrontement dont la sortie reste incertaine.
La prochaine échéance majeure sera l’audition budgétaire au Congrès prévue fin juillet, où l’administration Trump devra justifier sa demande de 67 milliards de dollars supplémentaires. Les élus démocrates ont déjà annoncé qu’ils exigeraient des garanties sur la stratégie de sortie avant d’approuver tout financement additionnel.