Fumel : un conseiller municipal et un gendarme mis en examen pour corruption
Ahmed Edouidi, patron de la casse Sarpy-Edouidi et élu sans délégation, et un adjoint de police judiciaire placés sous contrôle judiciaire le 22 mai 2026
Ahmed Edouidi, patron de la casse automobile Sarpy-Edouidi à Fumel et conseiller municipal, a été mis en examen le 22 mai 2026 pour corruption active. Un gendarme adjoint de la brigade locale est mis en examen dans la même affaire. Le maire Jean-Louis Costes a réagi par communiqué le 26 mai en invoquant la présomption d'innocence.
Ahmed Edouidi, patron de la casse automobile Sarpy-Edouidi à Fumel et conseiller municipal sans délégation, a été mis en examen le 22 mai 2026 pour corruption active. Un gendarme adjoint de police judiciaire de la brigade de Fumel a été mis en examen le même jour pour corruption passive, détournement de finalité de fichier de police et faux en écriture publique. Les deux hommes ont été placés sous contrôle judiciaire. Le maire de Fumel Jean-Louis Costes a publié un communiqué le 26 mai appelant au respect de la présomption d’innocence.
L’essentiel
- 22 mai 2026 : Ahmed Edouidi et un gendarme adjoint de la brigade de Fumel mis en examen pour corruption, placés sous contrôle judiciaire.
- Faits couverts : sollicitations pour complaisance ou indulgence et consultations illégales de fichiers véhicules, entre septembre 2024 et mai 2026.
- Enquête : ouverte depuis environ six mois, menée par la section de recherches de Bordeaux puis l’IGGN, sous la direction du parquet d’Agen (procureur Olivier Naboulet).
- 20 mai 2026 : quatre personnes placées en garde à vue ; deux autres militaires mis hors de cause.
- 26 mai 2026 : le maire Jean-Louis Costes publie un communiqué précisant que « cette procédure ne concerne en rien ses fonctions d’élu municipal ».
Ce qui s’est passé : gardes à vue puis mises en examen
Le 20 mai 2026, quatre personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête conduite par la section de recherches de Bordeaux, puis l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), sous la direction du parquet d’Agen et d’un juge d’instruction. Deux jours plus tard, le 22 mai, deux d’entre elles ont été mises en examen devant le juge d’instruction d’Agen. Les deux autres militaires impliqués ont été mis hors de cause, selon Sud Ouest et La Dépêche du Midi.
Ahmed Edouidi est mis en examen pour corruption active : les faits qui lui sont reprochés portent sur des propositions d’avantages en vue d’obtenir complaisance ou indulgence de la part de gendarmes, et sur des sollicitations pour des consultations illégales de fichiers véhicules. Le gendarme adjoint, dont l’identité n’a pas été rendue publique, est mis en examen pour corruption passive, détournement de finalité de fichier de police et faux en écriture publique.
Les faits reprochés : fichiers véhicules et complaisance
L’enquête porte sur une période allant de septembre 2024 à mai 2026, soit environ dix-huit mois de faits présumés. Les investigations visaient des « gendarmes de proximité » susceptibles d’avoir accordé complaisance ou indulgence à un opérateur du secteur automobile local, ou d’avoir consulté illégalement des fichiers de police à sa demande, toujours selon les deux titres régionaux.
Les deux mis en examen ont été placés sous contrôle judiciaire avec des mesures distinctes : interdiction de contact entre eux, interdiction d’exercer ses fonctions pour le militaire, et versement d’un cautionnement pour l’entrepreneur. L’enquête se poursuit sous commission rogatoire du juge d’instruction d’Agen.
Ahmed Edouidi : patron et élu depuis 2020
Ahmed Edouidi dirige la casse automobile Sarpy-Edouidi, entreprise implantée dans le secteur de Fumel-Villeneuvois et employant 14 salariés. Selon Sud Ouest, il est entré dans l’entreprise comme apprenti avant d’en reprendre la direction en 2002. En 2022, une extension de 1 700 m² avait été inaugurée pour un investissement de 600 000 euros.
Sur le plan politique, il siège au conseil municipal de Fumel depuis 2020, sans délégation. Il a été réélu en mars 2026 sur la liste « Réussir ensemble » conduite par Jean-Louis Costes, qui avait alors obtenu environ 69 % des voix au premier tour selon les données Wikipedia corroborées par La Dépêche. À la date de publication, Ahmed Edouidi reste conseiller municipal en exercice.
La réaction du maire Costes : présomption d’innocence
Jean-Louis Costes a publié un communiqué le 26 mai 2026. Il y indique que « cette procédure ne concerne en rien ses fonctions d’élu municipal » et appelle au respect de la présomption d’innocence. Le maire, en fonction à Fumel depuis 2001, ne précise pas, à ce stade, s’il envisage de modifier la composition de son équipe municipale.
La mise en examen d’un élu local dans une affaire impliquant également un représentant des forces de l’ordre suscite une attention particulière dans une commune de cette taille. Cette sensibilité autour des institutions locales en Lot-et-Garonne est déjà perceptible à l’échelle du département.
Contexte dans le Lot-et-Garonne
Fumel compte 4 690 habitants selon l’INSEE (recensement 2023), pour une densité de 207 habitants au km² sur un territoire de 22,66 km². La commune est le principal pôle urbain du Villeneuvois-et-du-Pays-de-Fumel, bassin industriel et de services du nord-est du département.
Le Lot-et-Garonne (47) est un département de 340 000 habitants environ, où l’économie repose largement sur l’agriculture, l’agro-alimentaire et les PME locales. Le département a voté 1,9 million d’euros d’aides à l’agriculture en 2026, signe du poids du secteur primaire. Dans ce contexte, une casse automobile employant 14 salariés représente un acteur économique non négligeable à l’échelle d’une commune comme Fumel.
Les affaires de corruption impliquant des gendarmes et des acteurs économiques locaux restent rares dans le département, mais pas inédites à l’échelle nationale. La mise en cause de l’IGGN dans l’enquête signale le sérieux accordé aux investigations internes à la gendarmerie. Les atteintes à la probité publique sont en hausse sur l’ensemble du territoire national, selon les données récentes du ministère de l’Intérieur.
La suite judiciaire
L’instruction est en cours devant le juge d’Agen sous commission rogatoire. Aucune date d’audience ni de renvoi en correctionnelle n’a été communiquée à ce stade par le parquet d’Agen (procureur Olivier Naboulet). Les mesures de contrôle judiciaire restent en vigueur pour les deux mis en examen.
Sources
- La Dépêche du Midi : Consultation illégale de fichiers de police, complaisance... Un patron du secteur de l'automobile et un gendarme mis en examen pour corruption dans le Lot-et-Garonne
- Sud Ouest : Lot-et-Garonne : un gendarme et le patron d'un garage automobile mis en examen pour corruption
- Sud Ouest : Affaire de corruption en Lot-et-Garonne : le maire de Fumel réagit à la mise en examen du chef d'entreprise
- La Dépêche du Midi : Un patron de garage et élu mis en examen pour corruption : "Respect de la présomption d'innocence" réagit le maire de Fumel