G7 Environnement à Paris : le climat écarté pour ménager Trump
La France accueille le G7 Environnement les 23 et 24 avril, mais le sujet climatique est délibérément absent de l'agenda pour préserver l'unité du groupe face aux États-Unis.
Paris accueille les ministres de l'Environnement du G7 ce jeudi et vendredi. La France a choisi d'écarter le climat des discussions pour éviter un blocage américain. L'agenda porte sur la biodiversité, les océans et la désertification.
Le choix est assumé, et la formule est tranchante. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, l’a dit sans détour avant l’ouverture du sommet : « Soyons clairs, on ne va pas parler climat. Si l’on commence à en parler, il n’y a plus de G7. » Selon Le Monde, cette décision vise à préserver l’unité du groupe face aux positions des États-Unis sous Donald Trump, qui a supprimé le bureau américain de la diplomatie climatique en avril 2025.
Les délégations des sept pays les plus industrialisés se retrouvent au Musée de l’Homme, sous présidence française. La France assure cette présidence depuis le 1er janvier 2026, avec un sommet des chefs d’État prévu mi-juin à Évian. Ce G7 Environnement est une étape préparatoire - mais une étape amputée de son sujet central.
Biodiversité, océans, désertification : les trois piliers retenus
L’agenda officiel, publié par le ministère de l’Écologie, articule quatre priorités : la protection de la biodiversité, la préservation des océans, la gestion durable des ressources en eau, et la lutte contre la désertification - cette dernière directement liée à la sécurité dans les pays vulnérables, notamment africains.
Sur la biodiversité, Paris prévoit d’annoncer un financement allant jusqu’à 800 millions de dollars pour protéger des parcs naturels dans une vingtaine de pays africains, selon France 24 et 20 Minutes. Ce fonds mobiliserait à la fois financeurs publics et privés dans le cadre d’une alliance dédiée.
Sur les océans, le sommet s’inscrit dans la continuité de la Conférence des Nations unies sur les océans, organisée à Nice en juin 2025. Les ministres devraient aborder le renforcement des aires marines protégées et la lutte contre la pêche illégale. Pour les acteurs engagés sur le terrain environnemental, ces annonces restent à traduire en engagements contraignants.
Un précédent : Biarritz 2019
Cette mise à l’écart du climat n’est pas inédite. En 2019, lors du G7 à Biarritz - déjà organisé par la France - , le sujet n’apparaissait pas dans la déclaration finale des dirigeants, en raison des mêmes positions américaines sous Trump, selon Le Point. En 2017, lors du G7 en Italie, les États-Unis avaient signé la déclaration commune mais avec des réserves explicites, s’isolant du reste du groupe sur le sujet, rappelle Franceinfo.
Le contraste avec 2022 est saisissant : cette année-là, les ministres du G7 s’étaient engagés à décarboner la majorité de leur secteur électrique d’ici à 2035, selon Le Monde. Cet objectif ne figure plus à l’ordre du jour. Le débat sur les lignes de fracture politiques en Europe autour de l’ambition climatique prend ici une dimension concrète : c’est la présidence française elle-même qui choisit d’effacer le sujet.
Pour les ONG et une partie des partenaires européens, la concession française fragilise la cohérence de l’ambition climatique du continent. Aucune réaction officielle des ministres allemand ou italien - reçus en bilatérales le 23 avril - n’a été communiquée à ce stade. Les travaux du sommet se poursuivent ce vendredi, avec un communiqué final attendu dans la journée du 24 avril, selon le ministère de l’Écologie.
Sources
- Le Monde : Le climat absent des discussions du G7 Environnement à Paris
- France 24 : G7 omits climate change from Paris talks to avoid US clash, France says
- Ministère de l'Écologie : G7 Environnement – Programme et priorités
- TF1 Info : G7 Environnement : pourquoi la question du climat ne sera pas abordée