Gap : trois personnes jugées en janvier 2027 pour l’abattage de neuf loups
La procureure de Gap a annoncé jeudi le renvoi de trois hommes devant le tribunal correctionnel pour destruction d'une espèce protégée, à l'issue d'une enquête d'un an.
Trois personnes comparaîtront en janvier 2027 devant le tribunal correctionnel de Gap pour l'abattage illégal de neuf loups dans les Hautes-Alpes. L'annonce a été faite jeudi par la procureure Marion Lozac'hmeur, au terme d'une enquête menée depuis avril 2025 par l'Office français de la biodiversité et la gendarmerie.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Trois hommes seront jugés en janvier 2027 au tribunal correctionnel de Gap pour l'abattage illégal de neuf loups.
- L'enquête, ouverte en avril 2025, a été menée par l'OFB et la gendarmerie des Hautes-Alpes pendant quinze mois.
- Un charnier servant d'appâts, des armes à feu et un cadavre de loup ont été découverts lors des perquisitions du 29 mars 2026.
- Neuf personnes ont été entendues au total, dont six en audition libre.
- Le loup est une espèce strictement protégée en France depuis 1992, passible de trois ans de prison et 150 000 euros d'amende.
Trois hommes seront jugés en janvier 2027 au tribunal correctionnel de Gap pour destruction illégale de neuf loups dans les Hautes-Alpes. La procureure Marion Lozac’hmeur a annoncé le jeudi 30 juillet 2026 le renvoi des mis en cause, à l’issue d’une enquête de près d’un an qui a mobilisé l’Office français de la biodiversité (OFB) et la gendarmerie du département.
L’enquête avait été ouverte en avril 2025 après un signalement concernant des atteintes à la faune sauvage dans le nord des Hautes-Alpes. Selon TF1 Info, neuf personnes ont été entendues au total, dont trois placées sous contrôle judiciaire et renvoyées devant la justice.
Un charnier et des armes découverts lors des perquisitions
Les perquisitions menées le 29 mars 2026 ont révélé l’ampleur de l’affaire. Les enquêteurs ont mis au jour un charnier destiné à servir d’appâts, des armes à feu et un cadavre de loup, selon les informations rapportées par plusieurs médias nationaux.
L’exploitation des données téléphoniques a permis de découvrir des photos d’animaux morts et d’établir l’implication de plusieurs personnes. La procureure de Gap a qualifié l’opération de « vaste coup de filet » contre le braconnage des loups, une espèce strictement protégée en France.
Les trois prévenus principaux encourent des poursuites pour destruction ou complicité de destruction illégale d’une espèce protégée. Six autres personnes ont été entendues en audition libre, et d’autres convocations pourraient suivre dans les mois à venir.
Une enquête longue et minutieuse
L’investigation, conduite conjointement par l’OFB et la gendarmerie des Hautes-Alpes, s’est étalée sur près d’un an. Les enquêteurs ont procédé à l’analyse de preuves numériques, à des surveillances et à des auditions croisées pour reconstituer le réseau de braconnage.
Les perquisitions du 29 mars ont constitué le point d’orgue de cette enquête, permettant de saisir des éléments matériels déterminants. Les armes découvertes font l’objet d’expertises balistiques pour déterminer si elles ont été utilisées dans les abattages.
La procureure a souligné la difficulté de ce type d’enquête en zone de montagne, où les infractions à la protection de la faune sauvage sont souvent commises dans des secteurs isolés et difficiles d’accès.
Le loup, une espèce protégée au cœur des tensions
Le loup est une espèce strictement protégée en France depuis 1992, conformément à la directive européenne Habitats. Toute atteinte volontaire à cette espèce est passible de trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.
Dans les Hautes-Alpes, la présence du loup suscite des tensions récurrentes avec le monde de l’élevage. Les attaques de troupeaux sont régulièrement signalées, et des dispositifs de protection (chiens de berger, parcs de nuit) sont mis en place avec le soutien de l’État.
Des tirs de prélèvement peuvent être autorisés par arrêté préfectoral dans des conditions strictement encadrées, mais uniquement après constatation de dégâts importants et mise en œuvre de mesures de protection. Les neuf loups abattus dans cette affaire l’ont été en dehors de tout cadre légal, selon l’accusation.
Contexte dans les Hautes-Alpes
Les Hautes-Alpes comptent environ 146 000 habitants et constituent un département de montagne où l’élevage extensif occupe une place centrale dans l’économie rurale. Gap, préfecture du département, regroupe près de 41 000 habitants.
Le nord du département, zone d’enquête dans cette affaire, se caractérise par des massifs montagneux propices à la présence de la faune sauvage. La cohabitation entre activités pastorales et espèces protégées y représente un enjeu sensible pour les pouvoirs publics.
Cette affaire de braconnage intervient dans un contexte national de débat autour de la gestion du loup. Le plan national loup 2024-2029 prévoit un plafond de 19 % de la population lupine pouvant être prélevée annuellement, une mesure contestée par les associations de protection de la nature.
Audience prévue en janvier 2027
Le procès se tiendra au tribunal correctionnel de Gap en janvier 2027. La date précise n’a pas encore été communiquée par le parquet. Les trois prévenus devront répondre de la destruction de neuf loups, un nombre inhabituel pour ce type d’affaire.
La défense des mis en cause n’a pas encore fait connaître sa stratégie. L’affaire sera suivie de près par les associations de protection de l’environnement, qui pourraient se constituer parties civiles.
D’autres convocations pourraient être adressées d’ici l’audience aux six personnes entendues en audition libre si de nouveaux éléments venaient à être établis.
Sources
- TF1 Info : Vaste coup de filet dans les Hautes-Alpes : trois personnes seront jugées pour avoir abattu neuf loups illégalement
- La Dépêche du Midi : Photos de loups morts, charnier, armes... trois personnes seront jugées pour avoir abattu neuf loups illégalement dans les Hautes-Alpes
- Sud Ouest : Hautes-Alpes : trois personnes seront jugées pour le braconnage de neuf loups
