Gard : 26 patrouilles ONF-pompiers face au risque incendie
Dispositif renforcé de surveillance dans le département avec l'ONF, le SDIS 30 et les forces de l'ordre pour prévenir les feux de végétation cet été
Le Gard déploie 26 patrouilles quotidiennes équipées de 600 litres d'eau pour surveiller les massifs forestiers. Ce dispositif conjoint ONF-pompiers-gendarmerie intervient dans un contexte de canicule et de vigilance accrue après 750 hectares déjà brûlés.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 26 patrouilles mobiles ONF-pompiers équipées de 600 à 700 litres d'eau opèrent quotidiennement de 11h à 19h
- 750 hectares ont déjà brûlé dans le département cet été, avec 90% des incendies d'origine humaine.
- La campagne nationale de lutte contre les feux a été lancée le 4 juin 2026 à Nîmes-Garons par les ministres de l'Intérieur et de la Transition écologique.
- Quatre individus ont été placés sous contrôle judiciaire à Alès le 6 juillet 2026 après des feux de végétation.
- Le département était en vigilance Orange Canicule le 5 juillet et 36 communes ont été interdites d'accès le 8 juillet en raison d'un risque « très sévère ».
Un dispositif de 26 patrouilles mobiles déployé
Vingt-six patrouilles mobiles sillonnent quotidiennement les pistes du Gard depuis le 15 juin. Baptisées PSI (Patrouilles de Surveillance et d’Intervention), elles regroupent des agents de l’Office national des forêts et des sapeurs-pompiers du SDIS 30. Chaque équipe transporte 600 litres d’eau pour éteindre les feux naissants, selon la mairie de Villevieille.
Les patrouilles opèrent de 11h à 19h, avec une prolongation jusqu’à 21h en fonction du niveau de risque. Elles parcourent les pistes DFCI (Défense des forêts contre l’incendie) et interviennent dès la détection d’un départ de feu. La gendarmerie nationale participe aux contrôles de prévention et aux enquêtes de recherche des causes d’incendie.
750 hectares déjà brûlés, 90% de causes humaines
Depuis le début de l’été, environ 750 hectares ont brûlé dans le Gard. Neuf incendies sur dix sont d’origine humaine, rappellent les services de l’État. Le département a été placé en vigilance Orange Canicule le 5 juillet. Le 8 juillet, le risque incendie classé « très sévère » a entraîné l’interdiction d’accès à 36 communes de la zone Gard Rhodanien.
Quatre individus ont été mis en cause et placés sous contrôle judiciaire à Alès le 6 juillet, après leur implication dans une série de feux de végétation. Des enquêtes sont systématiquement ouvertes pour identifier les responsables.
À Poulx, des patrouilles communes regroupant police municipale, gendarmerie nationale et agents ONF et l’armée parcourent quotidiennement des hectares de garrigues pour anticiper les départs de feu.
Lancement national de la campagne depuis Nîmes
La campagne nationale 2026 de lutte contre les feux de forêt a été lancée le 4 juin depuis la base aérienne de Nîmes-Garons. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, et Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, ont inauguré le dispositif estival. Le Gard concentre une partie importante des moyens déployés en Occitanie.
Du 15 juin au 15 septembre, des règles strictes s’appliquent : interdiction d’employer le feu, restriction d’accès aux massifs, encadrement des travaux générant des étincelles. Une carte quotidienne des risques (Blanc, Jaune, Orange, Rouge) détermine les mesures applicables selon les secteurs.
Le SDIS 30 a renforcé ses équipes avec le recrutement de sapeurs-pompiers volontaires saisonniers pour absorber la charge opérationnelle estivale. Ces renforts s’ajoutent aux effectifs permanents mobilisés sur les interventions feu de forêt, comme observé récemment en Corse avec l’envoi de 60 pompiers de l’Hérault.
Contexte dans le Gard
Le département compte 748 000 habitants. Son territoire combine plaine littorale, garrigues sèches et massifs boisés particulièrement vulnérables aux incendies. La zone Gard Rhodanien, au nord, présente un relief accidenté propice à la propagation rapide du feu.
Le Gard figure parmi les départements méditerranéens les plus exposés au risque incendie, aux côtés de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône. Les épisodes de mistral amplifient la propagation des flammes. La pression démographique accroît l’interface habitat-forêt, multipliant les points de départ potentiels.
Les conditions météorologiques de juillet, marquées par la canicule et des vents soutenus, maintiennent le département sous tension. D’autres territoires français subissent également les contraintes de la sécheresse, renforçant la vigilance nationale sur les risques liés au climat estival.
Appel à la vigilance citoyenne
Les autorités insistent sur la responsabilité de chacun. Les gestes du quotidien - mégot jeté, barbecue improvisé, travaux d’été - peuvent déclencher un feu. Les contrevenants s’exposent à des sanctions pénales et financières.
La surveillance renforcée se poursuivra jusqu’à mi-septembre. Les patrouilles conjointes ONF-SDIS-gendarmerie constituent la première ligne de défense face à un été à haut risque.
