Gérard Lopez risque 15 ans d’interdiction de gestion
Le propriétaire des Girondins de Bordeaux joue sa carrière de dirigeant en cas de liquidation judiciaire du club
Gérard Lopez encourt jusqu'à 15 ans d'interdiction de diriger une entreprise en France si les Girondins tombent en liquidation. L'échéance du 15 juillet 2026 scelle le sort du club et celui, personnel
- Gérard Lopez risque 15 ans d'interdiction de gestion en cas de liquidation judiciaire des Girondins.
- Il s'est engagé personnellement à couvrir 26 millions d'euros de passif lors du plan de continuation.
- L'audition décisive devant la DNCG a lieu le 15 juillet 2026. Le club doit prouver qu'il dispose de 9 à 10 millions d'euros.
- Sparta Capital cherche un prêt de 10 millions pour reprendre le club, mais le bouclage financier n'est pas acté.
- Lopez a injecté 40 millions en 2023, mais refuse aujourd'hui de continuer à financer, selon WebGirondins.
Gérard Lopez - propriétaire des Girondins de Bordeaux depuis juillet 2021 - fait face à une menace qui dépasse le simple cadre sportif. En cas de liquidation judiciaire du club, il risque une interdiction de gérer, diriger, administrer ou contrôler une société en France pendant 15 ans. Cette sanction maximale découle directement des engagements personnels pris lors de la validation du plan de continuation par le tribunal de commerce de Bordeaux. Concrètement, l’article L653-8 du Code de commerce prévoit une interdiction de un à quinze ans - prononcée par le tribunal de commerce sur saisine du liquidateur judiciaire.
Le propriétaire s’était personnellement engagé à combler les passifs réduits du plan de continuation: environ 26 millions d’euros après écrasement d’une dette initiale de plus de 90 millions. Toutes les sources s’accordent sur ce montant, l’approximation « environ » utilisée par Sud Ouest ne modifiant pas le chiffre exact retenu par le tribunal. Une liquidation signifierait l’échec de ces engagements, et le tribunal de commerce pourrait constater une faute de gestion. L’article L653-8 du Code de commerce prévoit cette sanction, alternative à la faillite personnelle.
L’engagement personnel de Lopez ne se limite pas à une simple promesse: il a signé devant le tribunal de commerce un document par lequel il se porte garant du paiement des créances réduites. Cette garantie juridiquement contraignante le place aujourd’hui en situation d’otage, soit il paie environ 26 millions de sa poche - soit il accepte un repreneur aux conditions de ce dernier, soit il subit une interdiction de gestion de 15 ans qui le priverait de tout mandat en France, y compris dans ses autres activités entrepreneuriales.
L’audition du 15 juillet, date butoir
Une audition décisive devant la commission d’appel de la DNCG est programmée le 15 juillet 2026. Le club doit prouver qu’il dispose de 9 à 10 millions d’euros sur compte séquestre pour financer la saison à venir, couvrir le déficit prévisionnel et honorer ses dettes. Sans ces garanties, l’exclusion des compétitions nationales prononcée en première instance deviendra définitive.
Le fonds d’investissement britannique Sparta Capital - pressenti comme repreneur avec un accord pour 67% des parts - s’efforce d’obtenir un prêt de 10 millions d’euros. Un projet initial prévoyait un apport conjoint: 6 millions par Sparta, 3 millions par Lopez. Ce plan n’a pas abouti. Plusieurs millions manquaient encore récemment, selon la presse spécialisée.
L’hémorragie financière depuis 2021
Lopez a racheté les Girondins en 2021 après le retrait de King Street - qui avait quitté le navire face à un déficit estimé à 55 millions d’euros. À son arrivée, le club affichait 100 millions de dettes. Il a injecté 40 millions en 2023 pour éviter le naufrage. Plusieurs années plus tard, la dette restructurée atteint encore environ 26 millions - et selon WebGirondins, Lopez a signifié qu’il ne financerait plus la saison 2026-2027.
Le club avait été placé en redressement judiciaire le 30 juillet 2024. Lopez a reconnu en juillet 2024 que la liquidation était une option pour un club en « situation critique ». Il a même évoqué publiquement un risque de « disparition » des Girondins. Sa position a évolué: après avoir injecté 40 millions - il estime avoir suffisamment contribué et privilégie désormais un passage de relais à Sparta Capital - quitte à laisser le club sombrer si le repreneur ne trouve pas les fonds. Cette contradiction, reconnaître le risque mais refuser de payer, illustre l’impasse dans laquelle se trouve le dirigeant.
Ce que personne ne dit: le piège du plan de continuation
Lopez a signé un engagement personnel, garantie exigée par le tribunal de commerce pour valider le plan de continuation. Cette signature, qui devait rassurer créanciers et instances, le place aujourd’hui en situation d’otage: soit il paie environ 26 millions de sa poche - soit il accepte un repreneur aux conditions du repreneur, soit il subit une interdiction de gestion de 15 ans qui le priverait de tout mandat en France. En tant qu’homme d’affaires, il exerce également des fonctions dirigeantes dans plusieurs sociétés en France et au Luxembourg; une interdiction de quinze ans mettrait fin à toutes ses activités entrepreneuriales, bien au-delà du seul périmètre des Girondins.
En cas de liquidation, un liquidateur judiciaire serait nommé et pourrait saisir le tribunal pour établir une faute de gestion. Le tribunal dispose d’un pouvoir discrétionnaire: la sanction peut aller de quelques années à 15 ans - selon la gravité des manquements constatés. Le Code de commerce ne fixe pas de barème.
Les précédents qui fâchent
Les Girondins ont déjà connu une relégation administrative en D2 en 1991 pour déficit budgétaire. Claude Bez - président de l’époque, avait été inculpé pour escroquerie et abus de confiance. La DNCG a depuis sanctionné d’autres clubs: SC Bastia en 2017 - AS Cannes en 2014 - Evian Thonon Gaillard en 2016 - FC Rouen en 2013. Plus récemment, le Wasquehal FC a été liquidé en 2026 - le FC Sète 34 en 2023. Si ces clubs ont disparu, leurs propriétaires n’ont pas, pour la plupart, été frappés d’une interdiction personnelle de gestion. Le cas Lopez serait donc inédit dans le football professionnel français: jamais un dirigeant n’aura été ainsi menacé de perdre ses droits de gérer pendant quinze années.
Le club avait changé de mains en 2018 - passant de M6 aux fonds américains GACP et King Street. King Street s’est retiré en 2021. Lopez a repris un club endetté de 100 millions - a injecté 40 millions - et se retrouve aujourd’hui face à une impasse: environ 26 millions de passif qu’il refuse de couvrir - un repreneur qui n’a pas bouclé son prêt - et une échéance dans quelques jours.
Questions des lecteurs
Les questions posées par nos lecteurs sur cet article, avec nos réponses vérifiées par la rédaction.
Quelle est la différence entre les 26 millions d'euros que doit couvrir Gérard Lopez et les 10 millions exigés par la DNCG?
Sources
- L'Équipe - Pourquoi Gérard Lopez a intérêt à éviter la liquidation
- Sud Ouest - Gérard Lopez risque une interdiction de gérer
- Le Parisien - Audition décisive le 15 juillet
- Foot01 - Sparta Capital recherche un prêt de 10 millions
- WebGirondins - Lopez refuse de financer la saison
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