Gérardmer : le textile vosgien mise sur l’export pour conquérir le monde

Garnier Thiebaut, fleuron de la filière locale, ambitionne de développer ses marchés étrangers avec des créations alliant tradition et modernité.

Gérardmer : le textile vosgien mise sur l'export pour conquérir le monde
Illustration Marc Humbert / info.fr

À Gérardmer, l'artisanat textile vosgien s'affiche sur la scène internationale. Garnier Thiebaut, fondée en 1833, réalise déjà entre 40 et 50 % de son chiffre d'affaires à l'export. L'entreprise entend aller plus loin.

Depuis 192 ans, Garnier Thiebaut tisse son histoire dans la vallée de Gérardmer. La maison, fondée par Virginie Thiebaut et Jean-Baptiste Garnier sur un commerce de lin, est aujourd’hui le plus ancien établissement textile encore actif dans les Vosges, selon Le Journal des Entreprises. Ses créations - linge de maison, nappes, serviettes - s’exportent principalement aux États-Unis et en Allemagne. L’Asie s’ouvre également, avec des projets de comptoirs au Japon et en Arabie saoudite.

80 millions d’euros de chiffre d’affaires, la moitié à l’étranger

L’entreprise emploie 230 collaborateurs et génère un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros, avec près de 16 000 références vendues au grand public et au secteur hôtelier. La part export représente 40 à 50 % de ce total, d’après Le Journal des Entreprises. Pour maintenir ce cap, Garnier Thiebaut a investi 800 000 euros en février 2025 dans trois nouveaux métiers à tisser, afin d’adapter ses capacités aux exigences du marché international.

Paul de Montclos, qui dirigeait l’entreprise depuis 1995 après le rachat familial en 1985 - la maison était alors en redressement judiciaire - , avait affiché clairement l’ambition : « L’un de nos grands objectifs est de changer encore de dimension au niveau de l’export. » Il a quitté la présidence en juillet 2025 après trente ans à la tête de la société. Sa successeure, Nikita Mulard, entend poursuivre cette trajectoire tout en renforçant la marque collective « Vosges Terre Textile », selon Vosges Info.

Un savoir-faire ancré depuis le XIIIe siècle

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Le textile vosgien ne date pas d’hier. Gérardmer est historiquement le berceau de la fabrication de toiles de lin de renommée mondiale, une activité qui remonte au XIIIe siècle dans la région, selon le site Vosges Terre Textile. La première filature artisanale cotonnière du département a été installée à Épinal dès 1756, marquant le début de l’industrialisation locale. Garnier Thiebaut a d’abord fourni du fil aux paysans pour le tissage manuel avant de s’industrialiser avec l’arrivée de l’électricité dans la vallée.

Aujourd’hui, la stratégie repose sur la valorisation de ce savoir-faire face à la concurrence mondiale : petites séries, qualité premium, modernisation des motifs. Le rapport du commissaire-enquêteur sur la révision du PLU de Gérardmer, publié en février 2025, souligne d’ailleurs la contribution de cette industrie au maintien de l’emploi local malgré les défis structurels du secteur.

Prochaine étape : l’ouverture de nouveaux comptoirs au Japon et en Arabie saoudite reste à confirmer dans le calendrier opérationnel de Nikita Mulard, qui prend les rênes dans un contexte de transformation accélérée de la filière.

Sources

Marc Humbert

Marc Humbert

Correspondant à Épinal, suit la filière bois, les tensions sur les forêts, l'imagerie et les débats sur les services publics. Diplômé de l'IFP Paris 2, il a travaillé en PQR vosgienne. Conviction : interroger les forestiers, les industriels du bois, les élus, vérifier les rapports de l'ONF avant de conclure.

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