Gonesse : le Triangle de Gonesse se réinvente en pôle d’économie verte

Après l'abandon d'EuropaCity, les 450 hectares de terres fertiles attirent investisseurs et projets d'emplois durables.

Gonesse : le Triangle de Gonesse se réinvente en pôle d'économie verte
Illustration Sophie Lefebvre / info.fr

Le Triangle de Gonesse, longtemps menacé par des projets immobiliers, prend un nouveau cap. Entre protocole signé en février et parc d'emplois annoncé pour 2029, le nord du Val-d'Oise mise sur l'agriculture durable et l'éco-construction pour créer plusieurs milliers d'emplois.

Le Triangle de Gonesse, 450 hectares de terres agricoles coincés entre les aéroports du Bourget et de Roissy-CDG, est devenu ces dernières années un symbole de résistance foncière. Protégé dès 1991 par une Zone d’Aménagement Différé pour éviter la spéculation, le secteur avait failli succomber au projet EuropaCity. Ce méga-complexe commercial a finalement été abandonné en 2019, après une longue mobilisation associative, selon Le Parisien.

Un protocole signé, un parc d’emplois en préparation

Le 4 février 2026, la Ville de Gonesse a signé un protocole de partenariat pour transformer ce secteur en pôle d’excellence économique axé sur l’agriculture durable et l’économie verte, selon la mairie. Dans la foulée, le Département du Val-d’Oise et la SPLA-IN Roissy Pays de France ont annoncé le lancement en 2026 d’un premier parc d’emplois autour de la future gare du Triangle, avec une ouverture prévue en 2029. Alimentation durable, matériaux biosourcés, biotechnologies, éco-construction : tels sont les secteurs visés, selon le Conseil départemental.

La future gare de la ligne 17 du Grand Paris, attendue d’ici 2028, doit faciliter l’accès à ce bassin d’emplois en devenir. Une cité scolaire de 2 300 places, dont un lycée agricole avec zone d’exploitation, est également programmée pour la rentrée 2029, pour un coût de 180 millions d’euros, selon la Région Île-de-France.

Agoralim : 1,4 milliard et jusqu’à 5 000 emplois visés

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Le projet le plus ambitieux reste Agoralim, une extension nord du marché de Rungis sur le Triangle. Selon BFMTV, il pourrait générer entre 4 000 et 5 000 emplois dans la logistique agricole et la transformation alimentaire, pour un investissement total estimé à 1,4 milliard d’euros, dont 700 millions de fonds publics et privés.

Le député Romain Eskenazi a plaidé lors d’une réunion avec le CEEVO95 le 17 avril 2026 pour un engagement ferme de l’État dans ce secteur.

Le contexte national plaide pour ce type de reconversion. Selon le Cerema, près de 15 000 friches couvrent 60 000 hectares en France. Entre 2021 et 2024, 5 800 hectares ont été reconvertis via le plan de relance, dégageant plus de 10 millions de m² de surfaces économiques, selon Bpifrance.

Côté budget, le Val-d’Oise prévoit 200 millions d’euros d’investissements en 2026, en baisse de 12 % par rapport à 2025, selon Le Moniteur. Un contexte financier contraint qui rend le soutien de l’État d’autant plus attendu par les élus locaux.

Prochaine étape : l’ouverture du parc d’emplois et de la cité scolaire agricole est fixée à 2029, en lien avec la mise en service de la gare de la ligne 17 du Grand Paris.

Sources

Sophie Lefebvre

Sophie Lefebvre

Installée à Cergy, elle couvre les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris Express, l'université et les débats sur la sécurité. Formée à Sciences Po Rennes, elle a commencé en radio. Ligne de travail : interroger les élus, les syndicalistes, les étudiants, vérifier les permis de construire avant de publier.

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