Gosier : le rappeur LeWild tué lors du 23e homicide, son chiffre fétiche
Leny Nonnon, 32 ans, connu sous le nom de LeWild, a été abattu le 19 juillet au Gosier. Une coïncidence glaçante ce meurtre marque le 23ème homicide de l'année en Guadeloupe.
Le rappeur guadeloupéen LeWild, 32 ans, a été tué par balles le 19 juillet au Gosier. Ce drame marque le 23ème homicide enregistré en Guadeloupe depuis janvier 2026. Le chiffre 23 était la signature artistique de la victime.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Leny Nonnon, alias LeWild, 32 ans, a été tué par balles le 19 juillet 2026 vers 5 h 30 sur le parking de la salle L'Extase au Gosier.
- Ce meurtre marque le 23ème homicide enregistré en Guadeloupe depuis le début de l'année 2026.
- Le chiffre 23 était le nombre fétiche du rappeur, intégré à son pseudonyme et à son identité artistique.
- Deux suspects ont été interpellés et placés en garde à vue la brigade criminelle de Pointe-à-Pitre mène l'enquête.
- Originaire du Moule, LeWild a succombé à des blessures par balles au thorax, à l'épaule et au sternum.
Le 19 juillet 2026 au petit matin, Leny Nonnon a été abattu sur le parking de la salle de réception L’Extase au Gosier. Connu sous le nom de scène LeWild, ce rappeur originaire du Moule avait 32 ans. Selon RCI Guadeloupe, la fusillade s’est déroulée vers 5 h 30. Les tirs provenaient d’une voiture qui circulait devant l’établissement. Le trentenaire a été touché au thorax, à l’épaule et au sternum. Les secours n’ont pu que constater son décès.
Ce meurtre constitue le 23ème homicide enregistré dans le département depuis le début de l’année 2026, selon DROM-COM. Une coïncidence tragique : le chiffre 23 était le nombre fétiche de l’artiste, qu’il avait intégré à son identité artistique et utilisait pour nommer sa chaîne YouTube officielle.
Un artiste guadeloupéen fauché à 32 ans
Leny Nonnon se produisait sous le nom de LeWild 23. Originaire du Moule, il était reconnu dans la scène rap locale. Le chiffre 23 apparaissait dans ses productions et son identité numérique. Cette signature, qu’il avait choisie comme emblème, résonne désormais avec le décompte macabre des homicides de l’année.
La brigade criminelle du commissariat de Pointe-à-Pitre a été saisie de l’enquête. Deux suspects ont été interpellés et placés en garde à vue, selon DROM-COM. Les circonstances exactes de la fusillade restent à établir. Les enquêteurs cherchent à déterminer si la victime était visée et quels motifs ont conduit à ce passage à l’acte.
Une série noire qui s’accélère en 2026
Avec 23 homicides enregistrés au 19 juillet, la Guadeloupe connaît une hausse marquée des violences armées en 2026. Ce rythme place le département dans une situation critique. À titre de comparaison, le 22ème homicide de l’année avait eu lieu quelques jours plus tôt au Moule, commune dont était justement originaire LeWild.
Les forces de l’ordre multiplient les opérations. La semaine dernière, une opération anti-délinquance avait conduit à 50 contrôles et 5 interpellations. Début juillet, un homme armé avait été interpellé par la BAC au Gosier, la même commune où LeWild a été tué.
La fusillade du 19 juillet s’est déroulée aux abords d’une salle de réception, lieu habituellement consacré aux célébrations. Le Gosier, commune touristique de la côte sud, concentre une part significative des faits de violence armée enregistrés cette année dans l’archipel.
Contexte dans la Guadeloupe
La Guadeloupe compte environ 385 000 habitants répartis sur plusieurs îles. Le département connaît depuis plusieurs années une montée des règlements de comptes liés au trafic de stupéfiants et aux rivalités de quartiers. Les armes à feu circulent malgré les saisies régulières.
Le Gosier, avec ses 25 000 habitants, est la troisième commune de l’archipel. Station balnéaire prisée, elle concentre aussi des zones sensibles où les tensions sociales et économiques alimentent la délinquance. Le Moule, commune d’origine de la victime, compte environ 20 000 habitants sur la côte atlantique.
Les autorités ont renforcé les effectifs et les patrouilles depuis le début de l’année. Le procureur général avait qualifié la situation de critique lors d’un point presse mi-juillet. Les familles de victimes réclament des mesures plus fermes contre les trafics et la prolifération des armes.
Une coïncidence qui bouleverse
Le chiffre 23 n’était pas un simple détail dans la vie artistique de Leny Nonnon. Il l’avait érigé en symbole, l’intégrant à son pseudonyme et à ses supports de diffusion. Cette appropriation d’un nombre comme marqueur identitaire est courante dans le rap, où les artistes construisent leur image autour de références personnelles.
Que ce meurtre devienne justement le 23ème de l’année frappe les esprits. Sur les réseaux sociaux, la famille et les proches ont exprimé leur douleur face à cette coïncidence. Plusieurs artistes guadeloupéens ont rendu hommage à LeWild, rappelant son engagement dans la scène locale et sa volonté de porter la culture antillaise.
La violence qui emporte des vies jeunes, souvent impliquées dans le milieu artistique ou simplement présentes au mauvais endroit, interroge la société guadeloupéenne. Les victimes ne sont pas toujours liées aux trafics : certaines se retrouvent prises dans des affrontements qui les dépassent.
L’enquête en cours
La brigade criminelle dispose de plusieurs pistes. Les deux suspects interpellés doivent être entendus dans les prochaines heures. Les enquêteurs exploitent les images de vidéosurveillance du secteur et recueillent les témoignages. La nature des blessures - thorax, épaule, sternum - indique une volonté de tuer, non d’intimider.
L’arme utilisée n’a pas été retrouvée à ce stade. La voiture depuis laquelle les tirs ont été effectués fait l’objet de recherches. Les enquêteurs cherchent à établir si LeWild était visé personnellement ou s’il s’agit d’une fusillade lors d’un différend survenu dans la nuit.
Le parquet n’a pas communiqué sur d’éventuels liens entre cette affaire et les autres homicides de l’année. Certains dossiers révèlent des connexions entre victimes et auteurs, d’autres restent isolés. La multiplication des faits complique le travail des enquêteurs, qui doivent traiter plusieurs procédures en parallèle.
Un deuil pour la scène culturelle locale
LeWild était un acteur de la scène rap guadeloupéenne. Ses morceaux circulaient sur les plateformes de streaming et sa chaîne YouTube comptait plusieurs milliers d’abonnés. Il représentait une génération d’artistes locaux qui cherchent à faire entendre la voix des Antilles dans un paysage musical dominé par les productions hexagonales et américaines.
Sa disparition prive la Guadeloupe d’une voix. Les hommages se multiplient depuis l’annonce de sa mort. Des rassemblements sont prévus au Moule, sa commune d’origine, pour lui rendre un dernier hommage. La famille a demandé que la mémoire de Leny Nonnon ne soit pas réduite à ce 23ème homicide, mais qu’on se souvienne de l’artiste et de l’homme.
La fusillade du 19 juillet laisse la Guadeloupe sous le choc. Les deux suspects en garde à vue seront présentés à un juge d’instruction dans les jours qui viennent. L’enquête doit établir les responsabilités et permettre à la justice de suivre son cours.