Guadeloupe : un 22e homicide au Moule confirme la situation critique
Un jeune d'une vingtaine d'années a été tué par balle dans la nuit du 17 au 18 juillet. Le procureur général dénonce une criminalité record.
Un homme d'une vingtaine d'années est décédé par arme à feu au Moule lors d'une altercation dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 juillet 2026. Le procureur général près la cour d'appel de Basse-Terre a confirmé qu'il s'agissait du 22e homicide enregistré dans le ressort cette année.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Un homme d'une vingtaine d'années a été tué par balle au Moule dans la nuit du 17 au 18 juillet 2026.
- Il s'agit du 22e homicide enregistré dans le ressort de la cour d'appel de Basse-Terre cette année.
- Un 23e homicide a été comptabilisé dès le lendemain au Gosier, le 18 juillet.
- La Guadeloupe avait recensé 47 homicides en 2025, soit une hausse de 52% par rapport à 2024.
- Le taux d'homicides atteignait 11,5 pour 100 000 habitants en 2025, contre 1,5 au niveau national.
Un jeune homme d’une vingtaine d’années a été tué par balle lors d’une altercation au Moule dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 juillet 2026. Selon RCI, la victime a succombé à ses blessures sur place. Une personne a été placée en garde à vue, une troisième est activement recherchée par les forces de l’ordre.
Le procureur général près la cour d’appel de Basse-Terre, Eric Maurel, a confirmé samedi qu’il s’agissait du 22e homicide de l’année dans le ressort. Ce bilan intervient à mi-parcours de l’année 2026.
Un 23e homicide enregistré dès le lendemain
Un 23e homicide a été enregistré dans la foulée le 18 juillet au Gosier, selon RCI. Cette succession de drames en moins de 24 heures illustre la gravité de la situation dénoncée par le procureur général. La Guadeloupe occupe désormais la première place nationale pour la criminalité de sang.
Le ressort de la cour d’appel de Basse-Terre couvre la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Eric Maurel occupe le poste de procureur général depuis le 1er septembre 2022.
Une année 2025 particulièrement meurtrière
La Guadeloupe a recensé 47 homicides en 2025, soit une hausse de 52% par rapport aux 31 homicides comptabilisés en 2024, selon Le Courrier de Guadeloupe. Ce niveau de violence avait déjà placé l’archipel dans une situation critique l’an dernier.
Le taux d’homicides s’élevait à 11,5 pour 100 000 habitants en 2025, contre 1,5 au niveau national selon RCI. La Guadeloupe, qui compte environ 380 000 habitants, affiche ainsi un taux près de huit fois supérieur à la moyenne hexagonale.
Les 22 homicides enregistrés au 18 juillet 2026 représentent déjà près de la moitié du bilan de l’année précédente. Si la tendance se maintient, le bilan annuel pourrait dépasser le niveau déjà record de 2025.
Prolifération des armes et narcotrafic
La violence en Guadeloupe est souvent liée à la prolifération des armes à feu et au trafic de drogues, selon plusieurs sources concordantes. L’archipel constitue une zone de transit pour les stupéfiants en provenance d’Amérique du Sud à destination de l’Europe.
Les règlements de comptes entre bandes rivales et les différends personnels dégénèrent fréquemment en fusillades. Les forces de l’ordre multiplient les opérations pour démanteler les réseaux criminels, mais la circulation des armes reste massive.
L’affaire du Moule suit un schéma classique : une altercation qui dégénère et se solde par l’usage d’une arme à feu. Les enquêteurs tentent de déterminer les circonstances exactes du drame et les motivations des protagonistes.
Le procureur général plaide pour un pôle anti-criminalité
Face à cette criminalité en hausse, Eric Maurel a souligné la nécessité d’une politique pénale déterminée, selon KARIBINFO. Le magistrat milite pour la création d’un pôle anti-criminalité doté de moyens renforcés.
Cette structure nécessiterait des magistrats supplémentaires pour traiter le flux croissant de dossiers liés à la criminalité organisée et aux violences par arme à feu. Les effectifs actuels peinent à absorber la charge de travail générée par cette délinquance de sang.
Le parquet général de Basse-Terre coordonne l’action des trois parquets de Guadeloupe (Basse-Terre, Pointe-à-Pitre et Saint-Martin). La création d’un pôle spécialisé permettrait de centraliser l’expertise et de renforcer la coordination entre juridictions.
Contexte dans la Guadeloupe
La Guadeloupe se compose de plusieurs îles principales : Basse-Terre, Grande-Terre, Marie-Galante, Les Saintes et La Désirade. L’archipel compte environ 380 000 habitants selon l’INSEE. Basse-Terre, chef-lieu du département, abrite la préfecture et la cour d’appel.
Le Moule, commune de Grande-Terre située sur la côte atlantique, compte environ 20 000 habitants. Le Gosier, également sur Grande-Terre, est une commune touristique de 25 000 habitants. Ces deux communes ont été le théâtre des 22e et 23e homicides de l’année en l’espace de 24 heures.
La situation sécuritaire en Guadeloupe contraste fortement avec celle des autres départements français. Alors que certains territoires métropolitains mobilisent leurs forces de l’ordre contre les cambriolages, l’archipel fait face à une criminalité de sang comparable à celle de zones de conflit.
Une enquête en cours au Moule
Les gendarmes et les services du parquet de Pointe-à-Pitre poursuivent leurs investigations sur l’homicide du Moule. Un résident a été placé en garde à vue, selon RCI. Les enquêteurs cherchent à reconstituer le déroulement de l’altercation qui a coûté la vie au jeune homme.
Un troisième individu est activement recherché. Les forces de l’ordre exploitent les témoignages recueillis sur place et analysent les traces techniques relevées sur la scène de crime. L’arme utilisée n’a pas été retrouvée à ce stade.
Le parquet n’a pas communiqué sur les éventuels liens entre la victime et les suspects, ni sur les mobiles de l’altercation. L’autopsie de la victime doit permettre de préciser les circonstances exactes du décès.
Les prochaines semaines diront si ce nouveau drame conduit à des avancées concrètes dans la lutte contre la criminalité armée en Guadeloupe. Le bilan provisoire de 23 homicides au 18 juillet place l’archipel sur une trajectoire inquiétante pour la fin de l’année 2026.