Le gouvernement Meloni prépare un plan d’urgence sur les carburants
Face à l'envolée des prix du gasoil et de l'essence, Rome étudie une intervention ciblée avant la vague des départs en vacances début août
Le gouvernement italien travaille sur une mesure d'urgence pour atténuer la hausse des prix des carburants, qui a suivi l'expiration des réductions d'accises début juillet. L'intervention, axée sur le diesel, pourrait être financée par les recettes excédentaires de TVA.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement Meloni prépare une intervention d'urgence ciblée sur le gasoil, financée par les recettes de TVA excédentaires de juillet.
- Les prix moyens ont atteint 1,981 €/L pour l'essence et 2,184 €/L pour le gazole au 26 juillet 2026, avec des pointes à 2,7 €/L sur autoroute.
- Les réductions d'accises ont expiré le 3 juillet, provoquant une hausse immédiate estimée à 841 millions d'euros de surcoût pour les ménages en juillet.
- Une réunion entre Giorgia Meloni et le ministre de l'Économie Giancarlo Giorgetti s'est tenue le 24 juillet pour discuter des mesures.
- Le Mouvement 5 Étoiles critique l'intervention comme un « pansement » et réclame un bonus ciblé pour les plus modestes.
Le gouvernement de Giorgia Meloni prépare un « intervento ponte » - une intervention-relais - ciblé sur le gasoil pour freiner la flambée des prix à la pompe. Selon Today.it, cette mesure d’urgence pourrait être mise en place « dans les prochains jours », avant la période des grands départs en vacances début août, traditionnellement marquée par le « bollino rosso », signal d’affluence maximale sur les routes.
Le plan repose sur la mobilisation de l’extragettito IVA, les recettes de TVA excédentaires enregistrées en juillet sur les accises mobiles, dont le calcul définitif est attendu du ministère de l’Économie. L’objectif : donner un signal avant la semaine critique des départs, sans attendre un plan plus large.
Prix records sur le réseau autoroutier
Les prix moyens en libre-service ont atteint 1,981 €/L pour l’essence et 2,184 €/L pour le gazole sur le réseau national au 26 juillet, selon le ministère des Entreprises et du Made in Italy. Sur certaines portions autoroutières, le diesel a dépassé les 2,7 €/L fin juillet, un niveau qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages italiens.
Cette envolée fait suite à l’expiration, le 3 juillet, des mesures de baisse des accises instaurées plus tôt dans l’année. L’association de consommateurs Codacons estime que le surcoût pour les ménages italiens s’élèvera à environ 841 millions d’euros sur le seul mois de juillet 2026.
Réunion au sommet entre Meloni et Giorgetti
Une réunion s’est tenue le 24 juillet entre la cheffe du gouvernement et le ministre de l’Économie Giancarlo Giorgetti pour discuter des prix des carburants, rapporte La Milano. Le ministre des Entreprises Adolfo Urso travaille également sur des mesures correctives pour contenir la hausse, selon Entrevue.
Le gouvernement examine ses marges de manœuvre budgétaires dans un contexte économique tendu. L’utilisation de l’extragettito IVA permettrait de financer l’intervention sans creuser davantage le déficit public, mais aucune décision officielle n’a été formalisée à ce stade.
Les oppositions dénoncent un « pansement »
Les partis d’opposition, dont le Mouvement 5 Étoiles, ont critiqué ces mesures comme un « pannicello caldo » - un pansement sur une jambe de bois - et réclament un bonus carburant ciblé pour les ménages les plus modestes, rapporte Today.it. Le M5S estime que l’intervention ponctuelle ne suffira pas à compenser la hausse structurelle des prix de l’énergie.
Cette pression politique s’ajoute à la grogne des automobilistes, qui voient leur budget transport grignoté alors que l’été bat son plein. Les syndicats de transporteurs routiers ont également exprimé leur inquiétude face à l’impact sur les coûts logistiques.
Contexte en Italie
L’Italie reste fortement dépendante des carburants fossiles pour ses déplacements routiers, avec un parc automobile de plus de 40 millions de véhicules. Les hausses de prix à la pompe affectent directement le pouvoir d’achat dans un pays où l’inflation reste élevée et où les salaires réels stagnent.
Le gouvernement Meloni, en place depuis octobre 2022, a déjà dû intervenir à plusieurs reprises sur les prix de l’énergie. La fin des mesures d’urgence début juillet marque un tournant, avec un retour aux mécanismes de marché dans un contexte géopolitique mondial toujours instable.
Attente des arbitrages budgétaires
L’intervention reste suspendue aux calculs définitifs du ministère de l’Économie sur les recettes de TVA excédentaires. Si les marges budgétaires se confirment, le plan pourrait être déployé avant le week-end du 2-3 août, traditionnellement le plus chargé de l’été sur les routes italiennes. Dans le cas contraire, le gouvernement pourrait opter pour une communication politique sans mesure immédiate, un scénario que redoutent les associations de consommateurs.