Graulhet : plus de 1000 signatures pour sauver un parc menacé par le béton

Une pétition lancée début avril mobilise les habitants contre la disparition d'un espace vert dans le cadre de la révision du PLU.

Graulhet : plus de 1000 signatures pour sauver un parc menacé par le béton
Illustration Virginie Cazenave / info.fr

À Graulhet, dans le Tarn, plus de 1000 personnes ont signé une pétition pour préserver un parc municipal menacé par les projets d'urbanisation. La mobilisation intervient alors que la ville révise son Plan Local d'Urbanisme, arrêté en 2025.

La pétition circule depuis début avril 2026. En quelques semaines, elle a recueilli plus de 1000 signatures. L’objet : empêcher la disparition d’un parc municipal graulhétois face à la pression urbaine. Les habitants s’organisent, comme ils l’avaient fait en 2021 contre un projet d’EHPAD menaçant le parc du Pré de la Mégisserie, selon la plateforme mesopinions.com.

Un PLU entre croissance et sobriété foncière

La révision du Plan Local d’Urbanisme est au cœur du débat. Le document a été arrêté en conseil municipal le 30 avril 2025, puis validé par la Communauté d’Agglomération Gaillac-Graulhet le 16 juin 2025, selon la mairie de Graulhet. Il prévoit d’accueillir 1500 habitants supplémentaires d’ici 2035, avec la création de 700 logements dont 550 neufs.

Parallèlement, le PLU affiche des objectifs de réduction de l’artificialisation des sols. Entre 2011 et 2021, la commune a consommé en moyenne 2,99 hectares par an pour l’habitat, l’économie et les infrastructures. La projection 2022-2035 vise 1,98 ha/an, avec seulement 7 hectares dédiés à l’habitat contre 24,7 hectares sur la période précédente, selon les documents de l’agglomération Gaillac-Graulhet. La loi ZAN (Zéro Artificialisation Nette) impose ce cadre.

Des espaces verts dans le texte, sous pression dans les faits

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Le PLU protège formellement plusieurs espaces. Le Parc et Lac de Nabeillou (4 hectares, randonnée de 7,5 km, activités nautiques) et le Jardin de la Rivière, aménagé en 2022 le long de la Dadou, figurent parmi les secteurs valorisés. Le document identifie également 55 éléments paysagers à protéger - berges du Dadou, lac Miquelou, alignements d’arbres - et interdit l’abattage sans remplacement obligatoire, toujours selon les annexes de l’agglomération.

Le PLU impose aussi au moins 20 % d’espaces en pleine terre non imperméabilisés dans les unités foncières aménagées, et 10 % d’espace libre planté dans les lotissements. Des règles que les signataires de la pétition jugent insuffisamment respectées dans le projet qui menace leur parc.

La mairie n’a pas encore communiqué de réponse officielle à la mobilisation citoyenne à ce stade.

Prochaine étape

Le PLU doit encore passer par une enquête publique - initialement prévue du 13 octobre au 14 novembre 2025 selon la mairie - avant son approbation finale. La commune envisage également l’intégration du document dans un futur Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) à l’échelle de l’agglomération Gaillac-Graulhet. C’est dans ce calendrier que les habitants devront faire valoir leurs observations.

Sources

Virginie Cazenave

Virginie Cazenave

Basée à Albi, elle traite le tourisme patrimonial, les tensions sur la viticulture gaillacoise, l'agriculture et les débats sur les services publics. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en radio. Méthode : interroger les conservateurs, les viticulteurs, les élus, croiser les données de fréquentation avant de publier.

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