Grenade de la Seconde Guerre mondiale : trois ados blessés près de Caen

À Avenay, dans le Calvados, trois adolescents de 14-15 ans ont été hospitalisés après la manipulation d'une munition antichar.

Grenade de la Seconde Guerre mondiale : trois ados blessés près de Caen
Illustration Julie Leroy / info.fr

Le 7 avril, à Avenay près de Caen, trois adolescents ont déclenché l'explosion d'une grenade antichar datant de la Seconde Guerre mondiale. L'un d'eux, 14 ans, a été grièvement blessé et opéré au CHU de Caen. Une enquête de gendarmerie est ouverte.

Tout s’est passé dans les ruines du vieux moulin d’Avenay, commune rurale du Calvados. Le 7 avril, trois adolescents de 14 à 15 ans exploraient le site lorsqu’ils ont mis la main sur une grenade antichar de la Seconde Guerre mondiale. L’engin a explosé, selon toute vraisemblance après avoir été mis à feu, rapporte Ouest-France.

Un jeune de 14 ans opéré le jour même

Le plus jeune, 14 ans, a subi des brûlures et des éclats. Son état a été jugé grave. Les sapeurs-pompiers l’ont transporté au CHU de Caen, où il a été opéré dans la journée, selon ici.fr. Ses deux camarades, légèrement blessés, étaient en état de choc. Tous trois ont été pris en charge sur place par les pompiers avant d’être acheminés vers le CHU, précise France 3 Normandie.

Une enquête a été ouverte par la gendarmerie pour déterminer les circonstances exactes de l’explosion, notamment la manière dont les adolescents ont eu accès à la munition, selon Actu.fr. Aucune suite judiciaire n’a été précisée à ce stade.

Un territoire encore riche en munitions non explosées

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Le Calvados est l’un des départements français les plus exposés au risque des munitions héritées de la bataille de Normandie, en juin-août 1944. Les démineurs y interviennent régulièrement, rappelle Paris Match. Champs, forêts, friches industrielles et ruines comme celle du moulin d’Avenay recèlent encore des engins non neutralisés, parfois enfouis depuis huit décennies.

En 2023, un drame similaire s’était produit à La Meauffe, dans la Manche voisine. La manipulation d’une munition de guerre avait coûté la vie à une personne et grièvement blessé une autre, selon France Bleu. Ce précédent illustre la dangerosité réelle de ces vestiges, même après des décennies.

L’exploration urbaine, un risque sous-estimé

La pratique de l’urbex - exploration de sites abandonnés - attire régulièrement des jeunes vers des lieux comme les ruines du moulin d’Avenay. Ces zones isolées sont peu surveillées. La présence de munitions non explosées y transforme une escapade en danger mortel. Les autorités rappellent systématiquement qu’il ne faut en aucun cas toucher un objet suspect : tout signalement doit être adressé aux forces de l’ordre ou aux pompiers, qui contactent ensuite les démineurs compétents.

L’enquête de gendarmerie est en cours. Aucune date de clôture n’a été communiquée.

Sources

Julie Leroy

Julie Leroy

Installée à Caen, elle suit la reconstruction après-guerre, les projets d'extension du port, le tourisme du Débarquement et les fermetures de sites industriels. Issue de l'ESJ Lille, elle a couvert plusieurs régions avant de s'ancrer en Normandie. Méthode rigoureuse : recouper les chiffres de fréquentation, interroger historiens et commerçants, vérifier les aides publiques avant de publier.

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