Grenoble : l’élection du président de la Métropole vire au fiasco après 13 heures de tensions

Deux tours infructueux, 18 suspensions et le malaise d'un candidat le scrutin est renvoyé au 30 avril.

Grenoble : l'élection du président de la Métropole vire au fiasco après 13 heures de tensions
Illustration Julien Moreau / info.fr

Le conseil métropolitain de Grenoble Alpes Métropole a siégé toute la nuit du 23 au 24 avril sans parvenir à élire un successeur à Christophe Ferrari. Après 13 heures de débats et 18 suspensions, un malaise du candidat Guillaume Lissy a provoqué l'ajournement vers 2h30 du matin. Le vote est reporté au jeudi 30 avril 2026.

La séance devait durer quelques heures. Elle en a duré treize, sans résultat. Le 23 avril 2026, les élus de Grenoble Alpes Métropole se sont réunis pour désigner un nouveau président, en remplacement de Christophe Ferrari, en poste depuis 2014, qui avait annoncé le 21 avril qu’il ne briguerait pas un troisième mandat en raison d’un manque de rassemblement politique, selon Wikipédia.

Quatre candidats étaient en lice : Raphaël Guerrero, maire de Jarrie et vice-président aux finances sortant, soutenu par la droite et les petites communes ; Guillaume Lissy, maire PS de Seyssinet-Pariset, à la tête d’un collectif réunissant PS, PCF et écologistes ; Allan Brunon, élu LFI de Grenoble ; et Enzo Billon, élu RN d’Échirolles. La majorité absolue était fixée à 56 voix sur 110.

Deux tours, aucune majorité

Au premier tour, Raphaël Guerrero a obtenu 50 voix, Guillaume Lissy 47, Allan Brunon 9 et Enzo Billon 2, selon Présences Grenoble. Le deuxième tour a livré des chiffres quasi identiques : 51, 47, 8 et 2. Ni l’un ni l’autre des deux candidats principaux n’a franchi le seuil requis.

Avant le troisième tour, Allan Brunon a annoncé son retrait et son ralliement à Guillaume Lissy, avec pour objectif affiché de barrer la route à la droite, sans ouvrir la gouvernance au centre, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Une décision qui a attisé les tensions dans l’hémicycle.

Ce troisième tour n’a jamais eu lieu. Vers 2h du matin le 24 avril, Guillaume Lissy a subi un malaise. La présidente de séance, Françoise Fontana, maire de Herbeys, a suspendu la séance. L’ajournement a été prononcé peu après 2h30, comme le rapporte Le Dauphiné Libéré.

Un précédent en 2020

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La scène rappelle la séance de 2020, déjà marquée par 11 heures de débats et une explosion de la majorité de gauche. Christophe Ferrari avait finalement été réélu face à Yann Mongaburu, soutenu par Éric Piolle, avec 62 voix contre 54, selon France Bleu Isère. Six ans plus tard, les mêmes fractures internes à la gauche semblent peser.

La Métropole grenobloise, qui regroupe 49 communes et 450 000 habitants, reste donc sans direction pour une semaine. L’absence de président élu pourrait ralentir des décisions sur des projets structurants - transports, environnement - selon Le Sud Ouest. En Isère, la situation est suivie de près par les exécutifs communaux concernés.

Prochaine étape : le 30 avril à 9h

L’élection est officiellement reportée au jeudi 30 avril 2026 à 9h, au siège de Grenoble Alpes Métropole, selon l’annonce publiée sur le site officiel de la collectivité. Le processus repart de zéro : de nouveaux candidats pourront se déclarer. Les tractations de la semaine décideront si la gauche présente un front uni ou reproduit le blocage de la nuit du 23 au 24 avril.

Sources

Julien Moreau

Julien Moreau

Installé à Grenoble, couvre les stations de ski, les tensions sur la transition écologique, l'université et les chantiers de la métropole. Diplômé de Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio avant de rejoindre la rédaction web. Posture : interroger les élus écologistes, les promoteurs, les syndicalistes, vérifier les budgets avant de conclure.

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