Grenoble : une vidéo de revendication armée après la fusillade de Mistral circule sur les réseaux

Un mort et trois blessés mardi soir avenue Rhin-et-Danube, une vidéo non authentifiée montrant des tirs depuis une voiture tourne sur les réseaux.

Grenoble : une vidéo de revendication armée après la fusillade de Mistral circule sur les réseaux
Illustration Julien Moreau / info.fr

Une fusillade en mode drive-by a fait un mort et trois blessés mardi 26 mai 2026 vers 21h30 devant le local du Mistral Football Club, avenue Rhin-et-Danube à Grenoble. Une vidéo montrant des tirs en rafale depuis un véhicule en mouvement, accompagnée d'un message de menace, circule sur les réseaux sociaux. Son authenticité n'est pas confirmée par les enquêteurs.

Une fusillade en mode drive-by a fait un mort et trois blessés mardi 26 mai 2026 vers 21h30 devant le local du Mistral Football Club, avenue Rhin-et-Danube à Grenoble. Une vidéo montrant des tirs en rafale depuis un véhicule en mouvement, accompagnée d’un message de menace, circule sur les réseaux sociaux. Son authenticité n’est pas confirmée par les enquêteurs.

L’essentiel

  • Bilan : 1 mort (arrêt cardio-respiratoire, décédé malgré réanimation) et 3 blessés, dont au moins deux grièvement, selon Le Dauphiné Libéré et Place Gre’net.
  • Mode opératoire : tirs en rafale depuis un véhicule en mouvement (drive-by), mardi 26 mai vers 21h30, avenue Rhin-et-Danube, devant le Mistral Football Club.
  • Vidéo : environ 11 tirs en 4 secondes selon TG+, accompagnée du message « C’est pas fini : Hoche, Mistral, Lys, Vil9… » - non authentifiée officiellement.
  • Enquête : confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée de l’Isère ; conférence de presse du procureur Étienne Manteaux prévue mercredi 27 mai en fin de journée.
  • Contexte : opération XXL d’octobre 2025 au Mistral - 400 policiers, 64 perquisitions, 11 kg de stupéfiants saisis - sans enrayer les violences.

Ce qui s’est passé mardi soir

Vers 21h30, un groupe de personnes est rassemblé devant le local du Mistral Football Club, avenue Rhin-et-Danube. Selon France Bleu Isère, un match se tenait ce soir-là. Un véhicule passe et des coups de feu sont tirés en rafale depuis l’habitacle.

Le bilan est lourd : un homme décède des suites d’un arrêt cardio-respiratoire malgré les tentatives de réanimation des secours. Trois autres personnes sont blessées, dont au moins deux grièvement, rapportent Le Dauphiné Libéré et Place Gre’net. Les services d’urgence et les forces de l’ordre se déploient rapidement sur place.

Le bilan détaillé de la fusillade du quartier Mistral avait été établi dans la nuit de mardi à mercredi.

La vidéo : ce que l’on sait

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Dans les heures suivant la fusillade, une vidéo se répand sur les réseaux sociaux. Elle montre un passager vêtu de noir, filmé de dos depuis l’arrière d’une voiture en mouvement, tirant en rafale - environ 11 coups en quatre secondes, selon TG+. Le cadrage correspond à l’avenue Rhin-et-Danube.

La vidéo est accompagnée d’un message de revendication et de menace explicite : « C’est pas fini : Hoche, Mistral, Lys, Vil9… » Les quartiers cités - Hoche, Villeneuve, Lys Rouge - sont tous des secteurs de Grenoble et de son agglomération régulièrement touchés par des violences liées au narcotrafic.

Grenoble Mag et TG+ précisent que les enquêteurs n’ont pas authentifié la vidéo à ce stade, même si les images sont cohérentes avec le mode opératoire constaté sur place. La prudence s’impose : la diffusion de ce type de contenu peut aussi relever d’une stratégie d’intimidation sans lien direct avec les auteurs réels.

Une pratique qui se répète dans l’agglomération

Cette vidéo n’est pas un cas isolé. Selon TG+ et ICI Isère, elle fait suite à d’autres diffusions similaires, notamment après une affaire survenue le week-end précédent à Échirolles, où un corps avait été retrouvé dans un véhicule en flammes. La mise en scène filmée des violences, puis leur diffusion sur les réseaux, est devenue un mode de communication entre groupes rivaux.

À Échirolles, commune limitrophe de Grenoble, une opération CODAF mobilisant 150 policiers et six administrations avait ciblé huit commerces il y a peu, dans le cadre de la lutte contre les trafics.

L’enquête et la réponse judiciaire

L’enquête a été confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée de l’Isère (DCOSI), confirment TG+ et Le Dauphiné Libéré. Cette unité spécialisée dans le démantèlement des réseaux structurés prend en charge les dossiers liés au narcotrafic et aux règlements de comptes.

Le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteaux, avait prévu de tenir une conférence de presse mercredi 27 mai en fin de journée. Ses déclarations n’étaient pas encore disponibles au moment de la publication de cet article.

Manteaux avait déjà pointé, lors de prises de parole antérieures selon Place Gre’net, « la prégnance du narcotrafic et des règlements de compte entre groupes rivaux » et « l’utilisation sur la voie publique d’armes de poing ou d’armes de guerre avec une récurrence inquiétante ».

Contexte dans l’Isère

Le quartier Mistral - officiellement Mistral-Bachelard - tire son nom de Paul Mistral, maire de Grenoble de 1919 à 1932, initiateur des premières cités-jardins de la ville dans les années 1920. Les grands ensembles actuels ont remplacé ces constructions dans les années 1960, selon Wikipédia et le patrimoine grenoblois.

Aujourd’hui, le Mistral est identifié comme l’un des principaux points de deal de l’agglomération. En octobre 2025, une opération dite « XXL » avait mobilisé 400 policiers pour 64 perquisitions simultanées dans le quartier : 11 kg de stupéfiants saisis, 4 interpellations, selon Place Gre’net. Malgré l’ampleur du dispositif, les violences n’ont pas cessé.

La fusillade de mardi s’inscrit dans une série de règlements de comptes qui touche plusieurs quartiers de l’agglomération grenobloise : Hoche, Villeneuve, Lys Rouge à Grenoble, mais aussi Échirolles. Les noms cités dans le message accompagnant la vidéo de revendication correspondent précisément à cette géographie des conflits entre groupes.

Le Mistral Football Club, dont le local a été visé, aurait été fondé il y a environ huit ans selon France Bleu Isère, qui cite son président Ali Achour comme acteur de la vie associative du quartier. Le club n’est pas mis en cause dans le contexte du trafic.

À l’échelle nationale, la dynamique n’est pas propre à Grenoble. À Nantes, un troisième meurtre lié au narcotrafic en un mois a également été recensé récemment, signe d’une violence armée en lien avec les trafics qui dépasse les frontières locales.

Ce qui reste à établir

Plusieurs éléments demeurent inconnus à ce stade : l’identité de la victime décédée, celle des blessés, le nombre exact d’auteurs présents dans le véhicule, et l’origine du conflit entre groupes ayant conduit à cette fusillade. La conférence de presse du procureur Manteaux, mercredi soir, devrait apporter des précisions sur l’avancement de l’enquête et l’éventuelle authentification de la vidéo en circulation.

Sources

Julien Moreau

Julien Moreau

Julien est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Isère (38), avec Grenoble pour chef-lieu. Spécialité du département : recherche micronano (CEA-Leti) et stations alpines. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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