Isère : l’Assemblée vote ce mercredi sur la loi Battistel pour relancer l’hydroélectricité
La proposition de loi portée par la députée PS de la 4e circonscription vise à remplacer le régime des concessions par des autorisations pour les installations de plus de 4,5 MW.
L'Assemblée nationale se prononce ce mercredi 17 juin sur le texte définitif de la proposition de loi Battistel-Bolo. Après cinq mois de navette parlementaire et un accord trouvé en commission mixte paritaire le 2 juin, le vote est décisif pour l'avenir de l'hydroélectricité française. Marie-Noëlle Battistel, députée socialiste de l'Isère, co-rapporteure du texte, a prévenu qu'un échec serait « dramatique ».
L’essentiel
- Vote définitif ce mercredi 17 juin 2026 à l’Assemblée nationale sur une proposition de loi déposée le 13 janvier 2026 par les députés Marie-Noëlle Battistel (PS, Isère) et Philippe Bolo (MoDem).
- Le texte prévoit la mise aux enchères d’au moins 40 % des capacités hydroélectriques à des opérateurs concurrents d’EDF pour les installations de plus de 4,5 MW.
- Adoptée en première lecture à l’Assemblée le 5 février, puis au Sénat le 13 avril, la proposition a fait l’objet d’un accord en commission mixte paritaire le 2 juin 2026.
- L’hydroélectricité, première source d’énergie renouvelable en France, a produit 62,4 TWh en 2025 et représente près de 25 000 emplois directs et indirects.
Un parcours législatif en cinq mois
Déposée le 13 janvier 2026 sur le bureau de l’Assemblée nationale, la proposition de loi a bénéficié d’une procédure accélérée enclenchée par le gouvernement dès le 15 janvier. Co-rapportée par Marie-Noëlle Battistel et le député MoDem Philippe Bolo, elle est issue d’une mission d’information parlementaire sur les modes de gestion des installations hydroélectriques menée en 2025.
Le texte a été adopté en première lecture à l’Assemblée le 5 février 2026, puis au Sénat le 13 avril. Après un passage en commission mixte paritaire, un compromis a été trouvé le 2 juin, ouvrant la voie au vote définitif de ce mercredi. Une autre commission mixte paritaire se réunit le même jour sur la loi anti fast-fashion.
Concurrence : au moins 40 % des capacités mises aux enchères
La proposition de loi change le régime juridique des installations de plus de 4,5 MW, en remplaçant les concessions par des autorisations avec un droit réel de 70 ans. L’État reste propriétaire des ouvrages. Pour répondre aux contentieux européens, le texte prévoit que 40 % des capacités hydroélectriques au minimum soient attribuées, par enchères, à des opérateurs autres qu’EDF.
Selon l’AFP, cette disposition vise à solder une mise en demeure de la Commission européenne, qui réclamait depuis plus de dix ans l’ouverture à la concurrence des barrages français. L’incertitude juridique bloquait jusqu’ici les investissements de modernisation du parc hydraulique.
Contexte dans l’Isère
Élue de la 4e circonscription de l’Isère, qui couvre les massifs de l’Oisans et du Sud-Grésivaudan, Marie-Noëlle Battistel porte ce texte au cœur d’un territoire alpin où l’hydroélectricité est historiquement implantée. Plusieurs centrales et barrages jalonnent les vallées de la Romanche et du Drac. La députée socialiste en a fait l’un de ses dossiers phares depuis le début de la législature.
Au niveau national, la filière hydroélectrique revendique près de 25 000 emplois et une production de 62,4 TWh en 2025, soit environ 11,4 % de la production électrique totale, d’après les données de RTE. Elle reste la première source d’électricité renouvelable en France, devant l’éolien et le solaire.
Un vote décisif après des années de blocage
La mise en concurrence des concessions hydroélectriques était dans l’impasse depuis 2015, la France refusant d’appliquer pleinement les directives européennes par crainte de démanteler le patrimoine d’EDF. Le compromis trouvé préserve l’essentiel des garanties demandées par les syndicats et l’entreprise publique, tout en introduisant une dose de concurrence.
Interrogée par Le Dauphiné Libéré, Marie-Noëlle Battistel a estimé qu’un échec à l’Assemblée serait « dramatique » pour la relance des investissements. « On ne peut plus attendre », a-t-elle déclaré, alors que le gestionnaire du réseau RTE anticipe des besoins croissants en flexibilité pour intégrer les énergies renouvelables intermittentes.
Le vote en séance publique est programmé ce mercredi 17 juin, au lendemain de l’adoption définitive du texte par le Sénat le 16 juin. En cas d’adoption, la loi devrait être promulguée dans les semaines suivantes, mettant fin à une décennie d’immobilisme.
Sources
- Assemblée nationale : Dossier législatif : relancer les investissements dans le secteur de l'hydroélectricité
- Le Dauphiné Libéré : Isère. « Échouer à l'Assemblée serait dramatique » : la députée Battistel veut relancer l'hydroélectricité française
- Connaissance des Énergies / AFP : Le Parlement adopte la réforme des concessions hydroélectriques pour relancer l'investissement
- Le Dauphiné Libéré Grenoble : Tweet du Dauphiné Libéré Grenoble sur le vote du 17 juin
