Grève des avocats : le tribunal de Digne tourne au ralenti

Depuis le 2 avril, les 52 avocats du barreau des Alpes-de-Haute-Provence suspendent toutes leurs interventions, pénalisant les justiciables de Manosque et Digne.

Grève des avocats : le tribunal de Digne tourne au ralenti
Illustration Céline Vasseur / info.fr

La grève illimitée des avocats du barreau des Alpes-de-Haute-Provence paralyse le tribunal judiciaire de Digne-les-Bains depuis le 2 avril 2026. Audiences reportées, gardes à vue sans avocat, permanences suspendues : les justiciables font les frais d'un bras de fer entre la profession et le gouvernement autour du projet de loi SURE.

Audiences renvoyées sine die, permanences supprimées, gardes à vue sans assistance : depuis le 2 avril 2026, le tribunal judiciaire de Digne-les-Bains fonctionne au minimum. Les 52 avocats du barreau des Alpes-de-Haute-Provence ont déclenché une grève illimitée, suspendant l’ensemble de leurs interventions pénales et civiles, selon La Provence.

« Une justice au rabais » : le casus belli

Le motif de la mobilisation est le projet de loi SURE - sur la justice criminelle et le respect des victimes. La bâtonnière Mary Castaldo résume le sentiment de la profession : ce texte représente une « justice au rabais ». Le 9 avril, les 52 avocats ont manifesté dans les rues, en cohérence avec les 164 barreaux mobilisés à l’échelle nationale, selon La Provence. Le mouvement s’aligne sur une dynamique nationale entamée dès janvier 2026, avec des journées « justice morte » organisées notamment à Marseille et Aix-en-Provence le 13 avril, comme le rapporte France 3 Provence-Alpes.

Le 10 avril, l’assemblée générale du Conseil de l’Ordre a voté la reconduction du mouvement, confirmant une opposition ferme et sans fissure visible, selon Le Dauphiné Libéré.

Le tribunal sous pression, les justiciables dans l’attente

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Le président du tribunal judiciaire de Digne-les-Bains, Timothée de Montgolfier, a reconnu publiquement que l’institution tourne au ralenti, entraînant des reports prolongés d’audiences, selon BFM DICI. Pour les justiciables de Manosque - ressort du même tribunal - , cela se traduit concrètement par des dossiers qui n’avancent pas, des délais qui s’allongent.

Le tribunal était déjà sous pression avant la grève, selon Haute Provence Info, qui précise qu’aucune mobilisation d’une telle ampleur n’avait été recensée dans le département en 2025. Les tensions existaient, mais les actions restaient sporadiques. Cette année, la participation est unanime.

Prochaine étape : le Sénat arbitre

Le projet de loi SURE était examiné au Sénat le 13 avril 2026, selon France 3 Provence-Alpes. L’issue des débats parlementaires pourrait conditionner la durée de la grève. Pour l’heure, aucune reprise n’a été annoncée par le barreau des Alpes-de-Haute-Provence.

Sources

Sophie Garnier

Sophie Garnier

Correspondante à Digne-les-Bains, elle suit les enjeux de désertification médicale, le développement du tourisme de montagne et les projets éoliens qui divisent. Issue de l'IUT info-com de Nice, elle enquête sur les routes départementales, l'habitat isolé et les solidarités rurales. Ne publie qu'après avoir vérifié, contacté les parties prenantes et relu les dossiers techniques.

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