Grève au CPOA de Sainte-Anne : pétition lancée contre le manque de moyens aux urgences psychiatriques

Les soignants du service d'urgences psychiatriques 24h/24 de l'hôpital Sainte-Anne sont en grève depuis le 26 mai 2026, dénonçant suroccupation et manque de personnel.

Grève au CPOA de Sainte-Anne : pétition lancée contre le manque de moyens aux urgences psychiatriques
Illustration Julie Renault / info.fr

Le CPOA, unique service d'urgences psychiatriques 24h/24 du GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences à Sainte-Anne (14e arr.), est en grève depuis le 26 mai 2026. Une pétition lancée le lendemain sur Change.org réunit 347 signatures au 29 mai. Les soignants réclament des moyens en personnel et des capacités d'accueil renforcées en Île-de-France.

L’essentiel

  • Grève effective depuis le 26 mai 2026, décidée en assemblée générale de l’équipe du CPOA (hôpital Sainte-Anne, Paris 14e).
  • Pétition lancée le 27 mai 2026 sur Change.org : 347 signatures enregistrées au 29 mai.
  • Une dizaine de soignants ont manifesté devant l’hôpital le 27 mai ; des négociations avec la direction ont débuté.
  • Patients dormant par terre depuis février 2026, selon le député LFI Rodrigo Arenas.
  • Précédent : le CPOA avait déjà été en grève en octobre 2014 pour des motifs similaires.

Une grève décidée en assemblée générale

Le CPOA - Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil - est le seul service d’urgences psychiatriques ouvert 24h/24 et 7j/7 du GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences, situé au 1 rue Cabanis dans le 14e arrondissement de Paris. Il accueille toute personne de plus de 16 ans, sans rendez-vous, en consultation ou en urgence, et assure les orientations et hospitalisations brèves pour toute l’Île-de-France.

Le 26 mai 2026, l’équipe a voté la grève en assemblée générale. Les soignants dénoncent une suroccupation chronique, des conditions de travail et d’accueil qu’ils qualifient d’insupportables, un manque de personnel et l’absence de solutions en amont comme en aval des urgences, selon la pétition publiée sur Change.org.

Des patients dormant par terre depuis février

Publicité

Le lendemain, 27 mai, une dizaine de soignants se sont rassemblés devant l’hôpital Sainte-Anne. Des négociations entre la direction du GHU et les représentants du personnel ont été engagées, sans qu’un accord ait été annoncé à ce stade.

Le député LFI de la 10e circonscription de Paris, Rodrigo Arenas, a apporté son soutien public aux grévistes le même jour :

Le médecin du Samu 93 Christophe Prudhomme a également pris position le 29 mai :

Les revendications des soignants

La pétition, lancée le 27 mai sur Change.org, détaille quatre axes principaux : des moyens suffisants en personnel, des solutions en amont et en aval des urgences psychiatriques, le développement de capacités d’urgence en région parisienne (centres d’accueil et de crise, réponses non programmées sectorisées) et la réduction des temps d’attente.

Le service fonctionne avec une présence constante de médecins et soignants. Selon des données antérieures du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), le CPOA disposait de deux praticiens hospitaliers à temps plein, deux à mi-temps, des internes de jour, un cadre paramédical, 24 infirmiers de jour et 13 de nuit. Les effectifs actuels n’ont pas été communiqués par le GHU à ce stade.

Ce contexte de tension aux urgences psychiatriques parisiennes n’est pas sans lien avec une pression plus large sur la santé mentale en Île-de-France. Le dispositif SIRENA contre les maltraitances des adultes vulnérables, présenté récemment en Seine-Saint-Denis, illustre la multiplication des initiatives régionales face à des besoins croissants.

Contexte dans le département (Paris, 75)

Le CPOA a été fondé en 1967 par le psychiatre Georges Daumézon, dans le cadre de la politique de sectorisation psychiatrique. Il constitue depuis lors le point d’entrée régional pour les urgences de psychiatrie adulte en Île-de-France, une région de plus de 12 millions d’habitants.

Le GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences, créé le 1er janvier 2019 par la fusion des hôpitaux Sainte-Anne, Maison Blanche et Perray-Vaucluse, est l’un des plus grands établissements spécialisés en Europe. La tension sur ses effectifs s’inscrit dans un contexte national de déficit en psychiatrie, souligné régulièrement par les autorités sanitaires.

La question de la surmortalité et des prises en charge dégradées en psychiatrie fait écho à d’autres signaux récents dans le secteur médical parisien. Le décès du Dr Christian Chenay, doyen des médecins de France à 104 ans, a récemment rappelé les mutations profondes traversées par la médecine française au cours des dernières décennies.

Un précédent en 2014

Ce n’est pas la première fois que le CPOA entre en conflit social. En octobre 2014, les infirmiers psychiatriques de Sainte-Anne avaient déjà fait grève pour des motifs comparables : manque de personnel, agressions et revendications de primes et de reconnaissance du statut d’urgence, selon France 3 Régions. Des tensions avaient également été signalées en 2020.

La répétition de ces mouvements sur plus d’une décennie pointe une problématique structurelle non résolue, selon les soignants mobilisés.

La pétition reste ouverte

Au 29 mai, la pétition Change.org comptait 347 signataires. Les négociations entre la direction du GHU et les représentants du personnel se poursuivent ; aucune date de reprise n’a été annoncée.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

Publicité
Lien copié !
×