Grève Elsan à Perpignan : la polyclinique Méditerranée rejoint le mouvement

Depuis le 29 avril, trois établissements du groupe Elsan dans les Pyrénées-Orientales sont touchés par un conflit sur les salaires et les conditions de travail

Grève Elsan à Perpignan : la polyclinique Méditerranée rejoint le mouvement
Illustration Jordi Serrat / info.fr

La polyclinique Méditerranée à Perpignan a rejoint le 29 avril 2026 le mouvement de grève engagé cinq jours plus tôt dans les cliniques Elsan du département. Au total, trois établissements privés sont désormais concernés. Les soignants réclament le maintien d'une prime supprimée et de meilleures conditions de travail.

La polyclinique Méditerranée à Perpignan a rejoint le 29 avril 2026 le mouvement de grève engagé cinq jours plus tôt dans les cliniques Elsan du département. Au total, trois établissements privés sont désormais concernés. Les soignants réclament le maintien d’une prime supprimée et de meilleures conditions de travail.

L’essentiel

  • Démarrage : grève illimitée lancée le 24 avril 2026 à 5h à la Médipôle Saint-Roch (Cabestany) et à la clinique Saint-Pierre (Perpignan), reconduite les 27 et 28 avril.
  • Participation : plus de 60 % des 660 salariés de la Médipôle Saint-Roch en grève ; environ 250 salariés impactés à Saint-Pierre.
  • Prime supprimée : les grévistes dénoncent la suppression d’une prime d’intéressement de 1 500 € par an et par personne pour 2026.
  • Élargissement : la polyclinique Méditerranée débrayait à son tour le 29 avril, avec le slogan « Elsan t’es foutu, tes soldats sont dans la rue ».
  • Négociation échouée : aucun accord n’a été trouvé avec la direction lors des négociations du 27 avril, selon L’Indépendant.

Cinq jours de conflit, un troisième site dans la rue

Tout commence le 24 avril à l’aube. À 5h, le personnel de la Médipôle Saint-Roch à Cabestany et de la clinique Saint-Pierre à Perpignan dépose les outils. Plus de 60 % des 660 salariés de Saint-Roch participent à la grève illimitée, rapporte le site ICI (ex-France Bleu / France 3 numérique). À Saint-Pierre, environ 250 salariés sont concernés, avec des perturbations signalées aux urgences et un service minimum activé.

Le mouvement est reconduit les 27 et 28 avril. Les négociations du 27 avril avec la direction n’aboutissent à rien. « Le but, c’est d’obtenir quelque chose de pérenne », déclarait alors un représentant des grévistes, cité par L’Indépendant. Aucun accord n’est annoncé à l’issue de la réunion.

Le 29 avril, la polyclinique Méditerranée bascule à son tour. Selon L’Indépendant, le personnel débraye en reprenant le slogan « Elsan t’es foutu, tes soldats sont dans la rue ».

Les revendications : prime supprimée et manque de moyens

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Les soignants pointent trois griefs principaux, confirmés par France 3 Occitanie et ICI. Premier point : la suppression d’une prime d’intéressement de 1 500 euros par an et par personne pour l’exercice 2026. Deuxième point : un manque chronique de moyens humains. Troisième point : des conditions de travail jugées dégradées.

Pour les grévistes, la disparition de cette prime représente une perte nette sur un salaire déjà sous tension. Le secteur de l’hospitalisation privée pratique des grilles salariales inférieures à celles du public pour des fonctions comparables - un écart que les syndicats dénoncent depuis plusieurs années.

Assemblées générales pour élargir le mouvement

Selon Révolution Permanente, les travailleurs de la polyclinique Méditerranée organisent des assemblées générales pour coordonner l’action et étendre la mobilisation. Le média souligne le soutien d’une partie des usagers au mouvement.

La direction d’Elsan n’a pas communiqué publiquement de nouvelle position à la date du 29 avril. La suite du conflit dépend des conclusions des prochaines assemblées générales, dont les dates n’ont pas encore été précisées dans les sources disponibles. Ce type de conflit social dans les établissements de santé reste difficile à résoudre sans engagement formel de la direction sur des mesures pérennes.

Contexte dans les Pyrénées-Orientales

Elsan occupe une position dominante dans l’hospitalisation privée du département 66. Le groupe, qui compte 137 établissements en France et 28 000 collaborateurs selon ses propres données, possède toutes les cliniques privées des Pyrénées-Orientales à l’exception de la clinique Mutualiste, rappelle L’Indépendant. Dans les données administratives locales (INSEE 2022), Elsan Services emploie entre 250 et 499 personnes dans le département.

Cette concentration rend le conflit particulièrement sensible pour l’accès aux soins locaux. Les Pyrénées-Orientales figurent parmi les départements français les plus touchés par les déserts médicaux dans le secteur public. Toute perturbation durable dans le privé amplifie la tension sur l’offre de soins.

Le précédent le plus proche date de juin 2018 : la clinique Saint-Pierre avait déjà connu un bras de fer entre salariés et direction sur des augmentations salariales et un 13e mois, selon la CGT. Huit ans plus tard, les revendications restent dans le même registre.

Un mouvement national contre Elsan

Le conflit perpignanais n’est pas isolé. En avril 2026, des grèves ont éclaté dans d’autres établissements Elsan en France, notamment à la clinique Keraudren à Brest, où des réorganisations menacent 15 postes depuis mars 2026. Des actions ont également été signalées à La Réunion, selon l’ARS locale.

En juin 2024, une grève nationale avait déjà été annoncée dans 1 030 établissements de l’hospitalisation privée pour des raisons financières. Le bras de fer de 2026 s’inscrit dans cette séquence de tensions récurrentes entre groupes privés et personnel soignant sur le partage de la valeur. Les fermetures d’emplois dans d’autres secteurs régionaux, comme la fermeture de Coexco à Beaumont-de-Lomagne en Occitanie avec 15 emplois menacés, illustrent un contexte social tendu dans la région.

Impact sur les patients

Un service minimum est en place dans les établissements en grève. Les urgences de la clinique Saint-Pierre sont perturbées mais maintenues a minima. Les actes programmés sont plus exposés aux reports. Les patients sont invités à se renseigner directement auprès des établissements avant tout déplacement.

La durée du mouvement reste indéterminée. La direction d’Elsan n’a pas annoncé de nouvelle date de négociation à ce stade.

Sources

Jordi Serrat

Jordi Serrat

Jordi est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pyrénées-Orientales (66), avec Perpignan pour chef-lieu. Spécialité du département : identite catalane française et AOC banyuls. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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