Grève dans le 7e : les enseignants parisiens résistent aux suppressions de postes

Dans le 7e arrondissement, le mouvement du 8 avril s'inscrit dans une contestation nationale contre 4 000 postes supprimés à la rentrée.

Grève dans le 7e : les enseignants parisiens résistent aux suppressions de postes
Illustration Céline Vasseur / info.fr

Les enseignants du 7e arrondissement de Paris ont rejoint le 8 avril 2026 un mouvement de grève national contre les réformes budgétaires de l'Éducation nationale. À Paris, 172 classes doivent fermer à la rentrée prochaine. Les négociations avec le rectorat se poursuivent sous préavis jusqu'en mai.

Le 8 avril 2026, les enseignants du 7e arrondissement ont cessé le travail dans le prolongement d’un mouvement enclenché fin mars. En toile de fond : le budget 2026 de l’Éducation nationale, qui prévoit la suppression de 4 000 postes à la rentrée prochaine, dont 1 891 dans le premier degré public et 1 365 dans le second degré, selon Euronews.

Paris particulièrement exposée

L’académie de Paris est directement touchée. Selon le Café pédagogique, 172 fermetures de classes sont prévues pour la rentrée 2026, après 176 en 2025. Sur quatre ans, ce sont près de 700 postes supprimés dans l’académie. Des classes plus chargées, moins de remplaçants disponibles : les conséquences sont concrètes pour les élèves, selon Les Échos, qui évoquent un manque d’accompagnement et des niveaux scolaires affectés par le non-remplacement des absents.

Lors de la journée nationale du 31 mars, près de 20 % des enseignants du second degré à Paris avaient débrayé, selon le Café pédagogique - un taux bien supérieur à la moyenne nationale estimée à 9,68 % par le ministère lui-même, et à 25 % dans le second degré selon le Snes-FSU (Euronews).

Un bras de fer entre syndicats et rectorat

Publicité

Le SNUipp-FSU dénonce un budget « court-termiste » qui aggrave un service public déjà « exsangue ». Le ministre Édouard Geffray a justifié les suppressions par une « chute démographique comme jamais notre pays n’en a connue dans son histoire », tout en affirmant que des ajustements restaient possibles d’ici la rentrée, selon L’Humanité.

Les syndicats ne s’en satisfont pas. SUD éducation Paris a déposé un préavis courant du 12 mars au 2 mai 2026. Une semaine d’actions s’est tenue du 30 mars au 3 avril, avec des rassemblements devant le rectorat, selon le SE-Unsa. Au plan politique, la contestation dépasse les rangs syndicaux.

Des enseignants pointent aussi des effets moins visibles de la réorganisation en cours :

Un mouvement qui monte en puissance

Le contraste avec décembre 2025 est frappant. La grève intersyndicale du 2 décembre n’avait mobilisé que 6,31 % des enseignants du primaire et 5,27 % dans le second degré, selon Le Monde et Euronews. Les chiffres du 31 mars 2026 indiquent une montée en charge nette du mouvement.

Prochaine étape : les ajustements de la carte scolaire doivent être discutés lors du mouvement des professeurs, en lien avec la loi de finances. Le préavis SUD éducation Paris court jusqu’au 2 mai 2026. Les syndicats ont prévenu : sans réponse du rectorat, la mobilisation se poursuivra jusqu’à la rentrée.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Basée à Paris, elle traite la mairie, les tensions sur le logement, les transports et les débats sur la piétonnisation. Diplômée du CFJ, elle a travaillé en agence avant de s'ancrer à Paris. Ligne de travail : interroger les élus, les associations de riverains, les syndicats de transports, vérifier les budgets municipaux avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie