Grève illimitée à l’ADMR de Corse-du-Sud : droit d’alerte et départ de la directrice exigé
L'intersyndicale STC, CGT et FO a déclenché une procédure d'alerte pour risque grave le 5 mai, dénonçant surcharge de travail et risques psychosociaux.
Depuis le 5 mai 2026, les salariés de l'ADMR de Corse-du-Sud sont en grève illimitée. L'intersyndicale STC, CGT et FO a activé un droit d'alerte pour risque grave, dénonçant une situation jugée « critique, intenable et dangereuse ». Au 6 mai, direction et syndicats n'ont trouvé aucun accord.
Depuis le 5 mai 2026, les salariés de l’ADMR de Corse-du-Sud sont en grève illimitée. L’intersyndicale STC, CGT et FO a activé un droit d’alerte pour risque grave, dénonçant une situation jugée « critique, intenable et dangereuse ». Au 6 mai, direction et syndicats n’ont trouvé aucun accord.
L’essentiel
- 5 mai 2026 : l’intersyndicale STC, CGT et FO déclenche un droit d’alerte pour risque grave à l’ADMR de Corse-du-Sud.
- Grève illimitée lancée le même jour, avec occupation symbolique des locaux à Ajaccio.
- Revendication principale : le départ immédiat de la directrice, accusée d’avoir aggravé les risques psychosociaux.
- 6 mai : aucune avancée, direction et intersyndicale campent sur leurs positions selon Corse Net Infos.
- 98 % des communes de Corse-du-Sud desservies par l’ADMR, selon l’association elle-même.
Un droit d’alerte pour risque grave
Le 5 mai 2026, l’intersyndicale constituée de la STC, de la CGT et de FO a enclenché une procédure de droit d’alerte pour risque grave au sein de l’ADMR de Corse-du-Sud, selon les informations confirmées par Ici RCFM et Alta Frequenza. Ce mécanisme légal permet aux représentants du personnel de signaler une situation susceptible d’affecter la santé physique ou mentale des salariés.
Les syndicats dénoncent une surcharge de travail persistante et une montée des tensions internes, selon France 3 Corse. Ces conditions auraient engendré une hausse significative des risques psychosociaux parmi les aides à domicile, des professionnels intervenant quotidiennement auprès de personnes âgées ou en situation de handicap.
Départ de la directrice réclamé
La principale revendication de l’intersyndicale est claire : le départ immédiat de la directrice de l’ADMR de Corse-du-Sud. Les syndicats lui imputent directement la dégradation des conditions de travail, selon Corse Matin et France 3 Corse.
La grève a été lancée dans la foulée de la procédure d’alerte, avec une occupation symbolique des locaux à Ajaccio. La direction n’a pas, à ce stade, communiqué publiquement sur les revendications formulées.
Aucune avancée au 6 mai
Au lendemain du déclenchement, la situation reste bloquée. Selon Corse Net Infos, direction et intersyndicale « campent sur leurs positions ». La grève se poursuit sans qu’une date de reprise des négociations soit fixée.
Ce blocage intervient dans un contexte où les conflits liés au harcèlement moral et aux conditions de travail se multiplient dans le secteur des services, bien au-delà de la Corse.
Un conflit ancré dans une longue série de tensions
Ce n’est pas la première fois que l’ADMR de Corse-du-Sud est le théâtre d’un mouvement social. En mars 2024, des personnels soignants avaient déjà fait grève pour dénoncer un mal-être au travail, avec occupation des locaux à Baleone, selon France 3 Corse et Alta Frequenza. En septembre 2020, un conflit avait perduré autour du versement de primes COVID, impliquant déjà la STC et la CGT, d’après Corse Net Infos. Dès juillet 2018, les salariés des Maisons des Services de l’ADMR avaient débrayé pour surcharge de travail, selon Corsica Informazione et Alta Frequenza.
La répétition de ces épisodes dessine un terrain social fragile au sein de la structure. Les causes profondes - sous-effectif, pression sur les plannings, management contesté - n’ont visiblement pas été résolues entre les crises.
Des situations comparables existent ailleurs : des structures médico-sociales en tension font régulièrement l’objet de signalements dans plusieurs départements français, soulevant la question de la gouvernance associative.
Contexte dans la Corse-du-Sud
L’ADMR de Corse-du-Sud est un acteur central du maintien à domicile dans le département. Selon l’association elle-même, elle dessert 98 % des communes du département et accompagne les personnes en situation de handicap ainsi que leurs proches. Son périmètre d’action en fait un service quasi-incontournable sur un territoire à dominante rurale et vieillissante.
Le secteur médico-social en Corse-du-Sud reste sous pression structurelle. Les données INSEE disponibles ne permettent pas d’isoler les effectifs de l’ADMR pour 2025-2026. Mais la récurrence des conflits sociaux dans cette structure reflète une tension propre au secteur de l’aide à domicile : métier pénible, rémunérations faibles, et dépendance forte aux financements publics - Conseil départemental et Sécurité sociale en tête.
La Corse-du-Sud compte plusieurs dizaines de milliers de personnes âgées et de personnes handicapées nécessitant un accompagnement régulier. Une grève prolongée dans ce secteur peut rapidement affecter les bénéficiaires les plus vulnérables, sans que des solutions de remplacement soient aisément mobilisables sur l’île.
Les enjeux pour les bénéficiaires
Une grève illimitée dans une structure qui couvre 98 % des communes du département pose directement la question de la continuité du service. Les aides à domicile interviennent pour des actes essentiels : toilette, repas, aide aux déplacements. Les bénéficiaires les plus dépendants n’ont souvent aucune autre solution de prise en charge immédiate.
La direction n’a pas communiqué sur d’éventuelles mesures de continuité de service. Les syndicats n’ont pas non plus précisé si un service minimum était assuré. Ces informations n’avaient pas été rendues publiques au 6 mai 2026.
Les tensions dans le secteur de l’aide à domicile ne sont pas propres à la Corse. Comme dans d’autres secteurs de service public ou parapublic, les problèmes de ressources humaines et d’organisation du travail alimentent des conflits récurrents à l’échelle nationale.
La grève se poursuit sans calendrier de négociation annoncé. La balle est dans le camp du conseil d’administration de l’ADMR, seul organe habilité à statuer sur la situation de la directrice mise en cause.
Sources
- France 3 Corse : Aides à domicile : la colère gronde à l'ADMR face à une situation jugée ingérable
- Corse Matin : Crise à l'ADMR 2A : les syndicats dénoncent des risques psychosociaux et exigent le départ de la directrice
- Corse Net Infos : Crise à l'ADMR 2A : direction et intersyndicale campent sur leurs positions, la grève se poursuit
- Ici RCFM : Une intersyndicale STC CGT FO déclenche un droit d'alerte pour risque grave à l'ADMR de Corse du Sud