Grève illimitée aux cliniques de Perpignan : service minimum activé aux urgences

Depuis le 24 avril, 250 soignants de Médipôle Saint-Roch et la clinique Saint-Pierre sont en grève sur les conditions de travail.

Grève illimitée aux cliniques de Perpignan : service minimum activé aux urgences
Illustration Jordi Serrat / info.fr

Une grève illimitée paralyse depuis jeudi matin deux cliniques privées de l'agglomération perpignanaise. Les syndicats CGT et CFDT dénoncent la suppression d'une prime et la dégradation des conditions de travail. Le service minimum a été activé pour maintenir les soins critiques.

Le mouvement a démarré le 24 avril 2026 à 5h à la Polyclinique Médipôle Saint-Roch, à Cabestany. Selon L’Indépendant, environ 250 salariés sur 660 ont rejoint la grève illimitée lancée par la CGT et la CFDT - soit 60 % du personnel, selon la direction. Le soir même, la clinique Saint-Pierre, à Perpignan, rejoignait le mouvement pour une durée indéterminée. Les deux établissements appartiennent au groupe Elsan.

Les grévistes dénoncent la suppression d’une prime d’intéressement de 1 500 euros par personne, l’augmentation de la charge de travail sans moyens supplémentaires, et la dégradation générale des conditions d’exercice. Ce type de conflit n’est pas nouveau dans le secteur : les revendications sur les conditions de travail agitent aussi d’autres structures médico-sociales, comme à Montauban récemment.

Service minimum et contact avec l’ARS

Face à la mobilisation, le directeur Valéry Folcher a activé le service minimum aux urgences, aux blocs opératoires et à l’hospitalisation, assurant notamment les soins en cancérologie. Il a confirmé maintenir un contact permanent avec l’ARS Occitanie pour garantir la continuité des soins critiques. Il a par ailleurs annoncé un versement d’intéressement de 1 million d’euros au total, basé sur les résultats 2025. Les syndicats, eux, restent dans l’expectative.

Le mouvement a été reconduit pour le week-end des 26 et 27 avril, avec des perturbations sur les activités non urgentes dans les deux établissements, selon L’Indépendant. Une rencontre entre la direction de Médipôle Saint-Roch et les représentants syndicaux était prévue le lundi 27 avril à midi, d’après France Bleu Roussillon.

Un précédent et un contexte national difficile

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Ce conflit n’est pas isolé dans le département. En juin 2018, plus de 250 salariés de la clinique Saint-Pierre avaient déjà débrayé contre une baisse de prime, selon France 3 Régions. En 2024, sept cliniques privées des Pyrénées-Orientales avaient annoncé une grève totale contre la hausse des tarifs hospitaliers. Le mouvement actuel s’inscrit dans un contexte sectoriel tendu : selon L’Opinion, 46 % des cliniques privées françaises étaient en déficit en 2025, contre 26 % en 2021.

En janvier 2026, des médecins libéraux de Médipôle Saint-Roch avaient déjà participé à une grève nationale contre le budget de la Sécurité sociale, avec des avertissements sur des délais d’attente aux urgences pouvant atteindre 12 heures, rapportait France Bleu. Les tensions sociales dans l’établissement ne datent donc pas d’avril.

La question du pouvoir d’achat des salariés du secteur public et parapublic mobilise au-delà des seules Pyrénées-Orientales. Pour l’heure, les activités programmées non urgentes restent perturbées dans les deux cliniques. La suite dépendra des discussions engagées ce lundi.

Prochaine étape : La réunion entre direction et syndicats prévue le 27 avril à midi à Médipôle Saint-Roch sera déterminante pour la suite du mouvement.

Sources

Jordi Serrat

Jordi Serrat

Jordi est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pyrénées-Orientales (66). Il traite l'info locale avec la rigueur de l'actualité nationale : sources locales primaires, cadre légal applicable, voix locales attribuées, refus de la paraphrase préfectorale.

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