Grève à La Poste : des milliers de lettres en retard dans le Calvados
Un mouvement national perturbe la distribution postale dans la région caennaise depuis près d'un mois.
La grève nationale des postiers, lancée début 2026, accumule les retards dans la région caennaise. Des milliers de lettres et colis n'ont pas encore été distribués. Les syndicats réclament de meilleures conditions de travail et des hausses de salaires.
Presque un mois. C’est le retard accumulé par certains usagers de La Poste dans la région caennaise depuis le début du mouvement national. La grève, reconductible, touche les plateformes de tri et les bureaux de distribution. Les courriers ordinaires, recommandés et colis s’entassent. La Poste reconnaît les perturbations sur son site d’aide en ligne et appelle à « la patience des usagers », sans préciser de date de reprise.
Des revendications salariales et contre la privatisation
Les postiers en grève réclament une augmentation salariale minimale de 2 000 € bruts mensuels à l’embauche, une progression tous les deux ans, et un rattrapage de 3 % indexé sur l’inflation, selon la CGT-FAPT. En cause : des NAO 2026 jugées insuffisantes, après une année 2025 sans avancée salariale, selon le syndicat FO-COM. La CFDT a elle aussi refusé de signer l’accord NAO en février, dénonçant un manque d’équité, notamment pour les cadres.
Au-delà des salaires, les agents dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail liée aux réorganisations internes : allongement des horaires en soirée, davantage de samedis travaillés, suppressions de postes et fusions de bureaux. Des griefs documentés notamment à Brest par Ouest-France, mais qui résonnent aussi en Normandie.
La Normandie mobilisée le 31 mars
Le 31 mars 2026, des rassemblements ont eu lieu simultanément à Caen, Cherbourg, Le Havre et Alençon, selon le syndicat SE-UNSA Normandie. À Caen, les agents ont dénoncé les suppressions de postes dans le département. Le Havre avait déjà été touché le 5 mars, quand une grève des guichetiers avait fermé plusieurs bureaux de la ville, selon Paris-Normandie. Les agents réclamaient alors l’arrêt des fusions de bureaux et une meilleure part variable de leur rémunération.
SUD a déposé un préavis de grève reconductible pour le 1er avril 2026, exigeant 400 € d’augmentation immédiate et un traitement de base porté à 2 000 € net, selon le syndicat.
Un précédent en 2014
Ce type de conflit n’est pas inédit à La Poste. En 2014, une grève de 170 jours dans les Hauts-de-Seine avait abouti à des titularisations de contractuels et au report de réorganisations, selon SUD PTT. En 2025, une grève reconductible d’une semaine en Loire-Atlantique avait permis d’obtenir des embauches contre une fermeture de site, selon le recueil de victoires syndicales publié par Solidaires.
Prochaine étape : Les négociations entre syndicats et direction sont en cours. Aucun calendrier de reprise n’a été communiqué à ce stade. Les usagers caennais devront patienter avant de voir leur courrier se normaliser.