Pau : grève le 15 mai à la Polyclinique contre 161 suppressions d’emplois
La direction a annoncé le 7 mai un plan de restructuration prévoyant la fermeture de la clinique Marzet et de la maternité Navarre, menaçant 161 postes sur 542.
Les syndicats de la Polyclinique Pau-Pyrénées appellent à une grève le 15 mai 2026, une semaine après l'annonce d'un plan de restructuration supprimant 161 postes. Plus de 300 personnes avaient déjà manifesté devant la préfecture le 11 mai.
Le 7 mai 2026, la direction de la Polyclinique Pau-Pyrénées a présenté un plan de restructuration prévoyant la fermeture de la clinique Marzet, l’arrêt de la maternité sur le site Navarre et la suppression de 161 postes sur 542 salariés. Les syndicats ont aussitôt réagi, organisant un rassemblement le 11 mai et appelant à une grève le 15 mai.
L’essentiel
- 161 postes menacés sur 542 salariés, dont 51 aides-soignants, 37 infirmiers et 17 sages-femmes.
- Redressement judiciaire prononcé le 14 avril 2026 par le tribunal de commerce de Bordeaux.
- Déficit de 2,7 M€ en 2025, prévisionnel à 5,2 M€ en 2026 sans restructuration, selon ICI France Bleu et La République des Pyrénées.
- Plus de 300 personnes rassemblées devant la préfecture de Pau le 11 mai 2026.
- Grève appelée le 15 mai 2026 par les organisations syndicales de l’établissement.
Un plan annoncé une semaine après le redressement judiciaire
La Polyclinique Pau-Pyrénées est née le 1er décembre 2022 de la fusion des cliniques Navarre et Marzet, rachetées en 2020 par le groupe GBNA Santé. Dès novembre 2025, un déficit de 6 millions d’euros avait été signalé, selon France 3 Régions. La maternité accusait une baisse d’activité significative : de 1 200 à 900 naissances en six ans.
Le tribunal de commerce de Bordeaux a prononcé le redressement judiciaire de l’établissement le 14 avril 2026. Moins de quatre semaines plus tard, le 7 mai, la direction a dévoilé son plan : fermeture de la clinique Marzet, arrêt de la maternité sur le site Navarre, suppression des activités d’oncologie médicale et de rééducation (SMR). Le recentrage portera sur la chirurgie, en croissance de 3,2 %, avec transfert de l’hôpital de jour de médecine vers le site Navarre, selon Sud Ouest.
161 postes visés : sages-femmes, infirmiers, aides-soignants
Les 161 suppressions de postes se répartissent ainsi, selon Sud Ouest et ICI France Bleu : 51 aides-soignants et auxiliaires de puériculture, 37 infirmiers, 17 sages-femmes et 13 médecins. D’autres catégories professionnelles sont également concernées, sans que la direction n’ait détaillé publiquement la répartition complète à ce stade.
La mobilisation syndicale a pris de l’ampleur rapidement. Solidaires 64 a appelé publiquement à soutenir les salariés avant le rassemblement du 11 mai :
Une pétition en ligne a également été lancée pour soutenir les salariés, relayée sur les réseaux sociaux selon plusieurs comptes proches du mouvement.
Plus de 300 personnes devant la préfecture le 11 mai
Le lundi 11 mai 2026 à 17h, salariés et soutiens se sont rassemblés devant la préfecture de Pau. Plus de 300 personnes ont participé au rassemblement, selon une source relayée par tarbes-infos.com et confirmée sur X. La mobilisation coïncidait avec une réunion convoquée par le préfet des Pyrénées-Atlantiques, en présence du directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine Benoît Elleboode, du maire de Pau Jérôme Marbot et de parlementaires.
Le préfet a indiqué que la priorité était de « garantir aux Béarnais un accès aux soins dans la durée, sans rupture », selon son compte X officiel. Les conditions concrètes d’un tel maintien de l’offre de soins n’ont pas encore été précisées publiquement.
La grève du 15 mai, prochaine étape de la mobilisation
Les organisations syndicales ont appelé à une grève le 15 mai 2026, selon La République des Pyrénées et labearnaise.com. C’est la première journée de grève formellement déclarée depuis l’annonce du plan. Les salariés réclament une réévaluation du projet de restructuration, selon Sud Ouest.
Le plan prévoit que l’hôpital public de Pau devra absorber une partie des transferts d’activités - oncologie, rééducation, maternité - sans qu’un calendrier précis ait été communiqué à ce stade. La question de la continuité des soins dans ce secteur du Béarn est au cœur des discussions entre l’ARS et les élus locaux.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Les Pyrénées-Atlantiques comptent environ 680 000 habitants. Pau, préfecture du département avec environ 80 000 résidents, est le principal bassin de population béarnais. La Polyclinique Pau-Pyrénées constituait l’un des rares établissements privés de soins aigus de l’agglomération, aux côtés du Centre Hospitalier de Pau.
La fermeture de la maternité Navarre pèse particulièrement dans un territoire où les déserts médicaux progressent en zone rurale. Avec 900 naissances annuelles, cette maternité représentait une part non négligeable de l’offre obstétricale locale. La rééducation (SMR) et l’oncologie médicale, également visées par le plan, sont des spécialités sous tension dans l’ensemble du département.
Ce type de restructuration dans le secteur privé hospitalier fait écho à des tensions observées dans d’autres territoires. À Bordeaux, la gestion de crises sanitaires imprévues illustre également la pression croissante sur les établissements de santé du grand Sud-Ouest. Plus au nord, certains territoires ruraux dépendent déjà entièrement des urgences hospitalières publiques pour toute prise en charge aiguë.
Un processus judiciaire encore en cours
Le redressement judiciaire place l’établissement sous le contrôle d’un administrateur judiciaire. Les décisions finales sur le plan de restructuration restent soumises à validation par le tribunal de commerce de Bordeaux. Le comité social et économique (CSE) de la Polyclinique doit être consulté, mais le calendrier précis de cette procédure n’a pas été rendu public. Les salariés, eux, attendent une réponse avant la grève du 15 mai. Dans les Hautes-Pyrénées voisines, la préfecture suit également de près les enjeux de cohésion sociale et territoriale dans un contexte similaire de tensions de services publics.
La journée du 15 mai sera un premier test de la capacité de mobilisation des salariés face à une direction qui n’a, pour l’heure, pas annoncé de suspension du plan.
Sources
- Sud Ouest : À Pau, où la clinique Marzet et la maternité de la Navarre vont fermer, 161 licenciements se profilent
- La République des Pyrénées : Pau : les salariés de la Polyclinique Pau-Pyrénées vont encore faire entendre leur voix ce lundi au centre-ville
- ICI France Bleu : Pau : la clinique Marzet et la maternité Navarre vont fermer, plus de 160 emplois menacés
- France 3 Régions : "On ne sait pas où on ira travailler demain" : en déficit de 6 millions d'euros, cette clinique pourrait être placée en redressement judiciaire