Grève des laboratoires dans le Puy-de-Dôme : 40% de grévistes chez Genbio à Clermont-Ferrand
Les salariés des labos de biologie médicale ont débrayé ce lundi 4 mai, réclamant une revalorisation salariale et la fin de la dégradation des conditions de travail.
Ce lundi 4 mai 2026, les salariés des laboratoires de biologie médicale extra-hospitaliers du Puy-de-Dôme et de l'Allier ont cessé le travail. À Clermont-Ferrand, un rassemblement s'est tenu dès 8h devant le siège de Genbio. Le taux de participation local avoisine 40%, dans un mouvement national qui concerne quelque 50 000 salariés.
Ce lundi 4 mai 2026, les salariés des laboratoires de biologie médicale extra-hospitaliers du Puy-de-Dôme et de l’Allier ont cessé le travail. À Clermont-Ferrand, un rassemblement s’est tenu dès 8h devant le siège de Genbio. Le taux de participation local avoisine 40%, dans un mouvement national qui concerne quelque 50 000 salariés.
L’essentiel
- Mobilisation locale : taux de grève avoisinant 40% dans le Puy-de-Dôme ce lundi 4 mai 2026, selon La Montagne
- Genbio - Inovie : environ 600 salariés concernés dans le département ; rassemblement dès 8h devant le siège, au rond-point rue Louis-Blériot / boulevard Louis-Chartoire
- Revendication salariale : aucune augmentation depuis janvier 2024 ; hausse de 1,6% prévue au 1er juillet 2026 jugée insuffisante par les syndicats
- Syndicats mobilisés : CGT, CFDT Santé-Sociaux, CFTC et Unsa, pour peser sur les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO)
- Perturbations : fermetures ponctuelles de laboratoires et retards d’analyses attendus pour les patients des deux départements
Un rassemblement dès l’aube à Clermont-Ferrand
Les grévistes se sont réunis à partir de 8h devant le siège de Genbio, filiale du groupe Inovie, au rond-point entre la rue Louis-Blériot et le boulevard Louis-Chartoire, selon Radio Scoop et La Montagne. Genbio emploie environ 600 personnes dans le Puy-de-Dôme : c’est l’un des principaux opérateurs de biologie médicale privée du département.
Le ton des manifestants est direct. La Montagne rapporte cette formule d’une salariée de Genbio : « Indispensables en 2020, maintenant on ne vaut rien ! » La référence à la période Covid est récurrente dans les témoignages : le travail 7 jours sur 7 instauré lors de la pandémie ne s’est jamais arrêté, sans contrepartie salariale.
Ce que réclament les grévistes
Les syndicats CGT, CFDT Santé-Sociaux, CFTC et Unsa ont lancé cet appel commun pour peser sur les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) en cours dans la branche. Selon 20 Minutes et la CFDT Santé-Sociaux, les revendications convergent sur plusieurs points.
Les salaires, d’abord. Une large part des employés non-médicaux est rémunérée au SMIC, sans augmentation depuis janvier 2024. La direction propose une hausse de 1,6% applicable au 1er juillet 2026 : les syndicats la jugent insuffisante face à l’inflation et à la charge de travail réelle.
Les conditions d’exercice, ensuite. Les grévistes citent : charges de travail en hausse constante, mobilités imposées entre sites, suppressions de postes et rythme 7 jours sur 7 hérité de la crise sanitaire. Comme le relève la Nouvelle Vie Ouvrière (NVO), les salariés décrivent un glissement de « l’atelier à l’usine », accéléré par la concentration capitalistique du secteur.
Ce mouvement s’inscrit dans le contexte plus large des tensions dans le secteur de la santé. À Trélazé, les salariés de la clinique Saint-Joseph réclament eux aussi des augmentations, refusant de se contenter de primes ponctuelles.
Genbio-Inovie : rachat de 2019 et tensions persistantes
Le groupe Inovie a racheté Genbio en 2019. Selon La Montagne et Lutte Ouvrière, ce changement de propriétaire est régulièrement cité par les salariés comme un facteur de dégradation : rationalisation des effectifs, mutualisation des sites, pression sur la productivité. La financiarisation du secteur de la biologie médicale - par rachats successifs de réseaux indépendants par de grands groupes privés - est au cœur des critiques syndicales nationales.
À Clermont-Ferrand, le dossier du rachat du Clermont Foot monopolise souvent l’attention locale. Mais c’est un autre type de rachat - celui des laboratoires de proximité - qui mobilise ce lundi des centaines de salariés du secteur médical.
Un précédent en 2024, une ampleur accrue en 2026
Ce n’est pas le premier mouvement social dans ce secteur localement. En mars 2024, près d’un tiers des 600 salariés de Genbio avait déjà débrayé, selon La Montagne et Lutte Ouvrière. À l’automne 2024, les biologistes médicaux eux-mêmes avaient mené des grèves nationales contre les baisses de tarifs de remboursement, aboutissant fin 2024 à un accord de stabilité tarifaire pour 2025-2026.
La mobilisation de ce 4 mai 2026 est d’une autre nature : elle concerne les salariés non-médicaux - techniciens, secrétaires médicales, préleveurs - et s’inscrit dans un appel national à 50 000 personnes. Le taux de 40% dans le Puy-de-Dôme dépasse la participation enregistrée lors du mouvement de 2024, qui n’avait concerné qu’un tiers des effectifs locaux, selon les sources croisées de La Montagne.
Contexte dans le Puy-de-Dôme
La santé et l’action sociale représentent 17 776 emplois salariés dans le Puy-de-Dôme, soit environ 10% de l’emploi départemental en 2023, selon les données de l’Observatoire de l’emploi Auvergne-Rhône-Alpes et France Travail. Le secteur affiche des tensions de recrutement élevées, dans un contexte de vieillissement de la population et de désertification médicale partielle en zone rurale.
Les laboratoires de biologie médicale extra-hospitaliers jouent un rôle structurel dans ce dispositif : analyses prescrites par les médecins de ville, dépistages, bilans préopératoires. Toute perturbation se répercute directement sur les délais de prise en charge des patients. Ce lundi, des fermetures ponctuelles et des retards d’analyses sont attendus dans les deux départements concernés, Puy-de-Dôme et Allier, selon 20 Minutes et Pleine Vie.
Le département compte par ailleurs des enjeux sanitaires qui dépassent la seule question salariale. Des alertes similaires sur la tension dans le secteur de la santé se multiplient dans plusieurs régions françaises, signe d’une problématique structurelle nationale.
Un mouvement reconductible si les NAO n’avancent pas
La CFDT Santé-Sociaux et la CGT ont prévenu : le mouvement est reconductible. L’issue dépend des avancées obtenues dans les Négociations Annuelles Obligatoires. La hausse de 1,6% au 1er juillet 2026 reste sur la table, mais les syndicats estiment qu’elle ne répond pas aux attentes des salariés rémunérés au SMIC depuis plus de deux ans sans revalorisation substantielle.
Les prochaines discussions paritaires seront déterminantes pour savoir si la grève s’arrête là ou si elle reprend dans les jours qui viennent.
Sources
- La Montagne : Grève des salariés des laboratoires Gen-Bio dans le Puy-de-Dôme
- 20 Minutes : Biologie médicale : grosses perturbations dans les laboratoires en raison d'un appel à la grève
- Radio Scoop : Puy-de-Dôme/Allier : les salariés des laboratoires en grève ce lundi
- CFDT Santé-Sociaux : 4 mai : la CFDT Santé-Sociaux se mobilise pour les salarié·es des laboratoires