Grève dans les lycées de l’est lyonnais : ils exigent l’éducation prioritaire
Enseignants, personnels et parents ont bloqué cinq lycées lundi, réclamant leur intégration en REP face aux classes surchargées.
Le 27 avril 2026, cinq lycées des quartiers populaires de l'est lyonnais ont observé une grève, avec rassemblement devant le rectorat à 13h. Le Collectif CLEP 69 porte une demande simple l'accès à l'éducation prioritaire, refusé depuis dix ans aux lycées alors qu'il est accordé aux collèges voisins.
Doisneau à Vaulx-en-Velin, Brel et Sembat-Seguin à Vénissieux, Brossolette à Villeurbanne, Camus-Sermenaz à Rillieux-la-Pape. Ces cinq lycées de l’est lyonnais ont fermé leurs portes lundi 27 avril 2026, dans le cadre d’opérations dites « lycées vides ». Enseignants, personnels éducatifs et parents d’élèves se sont ensuite rassemblés devant le rectorat de Lyon à 13h, selon France 3 Régions.
Le mouvement est porté par le Collectif pour les Lycées en Éducation Prioritaire 69, dit CLEP 69, créé en février 2026 par des enseignants et parents de ces établissements. Leur revendication centrale : obtenir le classement en réseau d’éducation prioritaire (REP), un statut qui ouvre droit à des moyens supplémentaires - effectifs réduits, primes, postes dédiés. Ce classement est aujourd’hui réservé aux collèges. Les lycées en sont exclus depuis dix ans, selon Sud-Éducation 69.
Classes surchargées, arrêts maladie en hausse
Les grévistes dénoncent des conditions de travail dégradées : classes surchargées, manque de personnel, augmentation des arrêts maladie, selon Radio Espace. Certains enseignants ont annoncé refuser de préparer la rentrée 2026 sans dotation horaire globale renforcée. Le syndicat Sud-Éducation parle de « maltraitance institutionnelle » envers les familles des quartiers populaires, rapporte Rue89 Lyon.
Le contexte budgétaire aggrave la situation. Pour la rentrée 2026, l’académie de Lyon serait la plus mal dotée des académies de métropole, avec une dégradation du taux d’encadrement de -2% malgré une hausse de 0,1% des effectifs, selon le SNES Lyon. Dans le Rhône, 221 classes auraient été supprimées. Ce débat sur les inégalités de la carte scolaire ne se limite pas à l’agglomération lyonnaise.
Un mouvement qui dure depuis janvier
Ce n’est pas la première mobilisation. Les 16 et 17 mars 2026, une grève avait déjà touché ces lycées, avec 75% des personnels grévistes selon Le Progrès. Le 31 mars, lors d’une journée nationale, les syndicats estimaient entre 25 et 30% de grévistes dans le secondaire, contre 9,7% selon le ministère.
La CNT-SO et d’autres syndicats soutiennent le CLEP 69. Le mouvement s’inscrit dans une série de conflits sociaux touchant les services publics au printemps 2026.
Le rectorat et le ministère temporisent
Le rectorat de Lyon a répondu aux syndicats le 7 avril en rappelant les dispositifs existants dans les zones déjà classées : dédoublement des classes en CP-CE1, taux d’encadrement spécifiques, selon Lyon Capitale. Aucune annonce sur les lycées de l’est lyonnais.
Du côté du ministère, l’actualisation de la carte de l’éducation prioritaire nécessiterait « 15 à 18 mois de travail » et ne pourrait être engagée avant les prochaines élections en raison de la réserve institutionnelle, selon le SNUipp-FSU 69. Une réponse que le CLEP 69 juge insuffisante face à l’urgence des conditions d’enseignement actuelles.
Prochaine étape : une semaine de mobilisation intersyndicale était prévue du 30 mars au 3 avril 2026, avec grèves locales et rassemblements pour exiger des créations d’emplois, selon le SGEN-CFDT. La rentrée 2026 s’annonce comme un nouveau point de tension si aucune dotation supplémentaire n’est accordée.
Sources
- France 3 Régions : Grève et opérations 'lycées vides' : les lycées des quartiers populaires de Lyon réclament des moyens devant le rectorat
- Lyon Mag : 'Des conditions qui rendent malades' : des lycées en grève ce lundi devant le rectorat de Lyon
- Rue89 Lyon : 'On se sent abandonné' : les lycées de l'est lyonnais se mobilisent
- Le Progrès : Après une grève bien suivie dans les lycées de l'Est lyonnais, une autre s'annonce déjà