Grève totale à la mairie de Couëron ce vendredi : CGT et UNSA mobilisent les agents
Les deux syndicats appellent à une journée « mairie morte » le 12 juin, dans un contexte de tension sociale depuis l'élection du maire Axel Casenave.
CGT et UNSA appellent les agents de la mairie de Couëron à la grève totale ce vendredi 12 juin 2026, dès 8h du matin. Les syndicats dénoncent 18 contrats non renouvelés et un climat social dégradé depuis l'arrivée du nouveau maire en mars.
L’essentiel
- Date : Grève totale prévue le vendredi 12 juin 2026, dès 8h, devant la mairie de Couëron - temps fort de 11h45 à 13h30.
- Syndicats : Préavis déposés par la CGT des territoriaux le 3 juin et par l’UNSA le 4 juin 2026.
- Impact services : Aucun accueil des enfants entre 11h30 et 14h, selon l’annonce officielle de la mairie.
- Motif principal : 18 contrats d’agents non renouvelés, selon les syndicats, deux mois après l’élection du nouveau maire.
- Commune : Couëron, 24 103 habitants (recensement 2023), Loire-Atlantique.
Une journée « mairie morte » organisée dès 8h
Ce vendredi 12 juin, les agents de la mairie de Couëron et du CCAS sont appelés à cesser le travail pour une journée entière. Le rassemblement débute à 8h devant l’hôtel de ville. Le temps fort est prévu entre 11h45 et 13h30, selon les informations publiées par Ouest-France et relayées par la CGT 44.
Les deux organisations syndicales qualifient le mouvement de « mairie morte ». L’appel intersyndical est soutenu par la CGT des services publics au niveau national, qui dénonce une « casse des services publics couëronnais ».
Deux préavis déposés à quelques jours d’intervalle
La CGT des territoriaux de Couëron a déposé son préavis de grève le 3 juin 2026, pour la période du 10 juin au 5 juillet. L’UNSA a suivi le lendemain, le 4 juin, avec un préavis courant jusqu’au 13 juillet 2026. Les deux syndicats visent donc une période d’action prolongée, bien au-delà du seul 12 juin.
La mairie a publié un avis officiel sur son site confirmant la grève et ses conséquences pratiques : aucun accueil des enfants entre 11h30 et 14h, et des perturbations possibles sur le temps scolaire selon les sites concernés.
18 contrats non renouvelés au cœur du conflit
Selon les syndicats, 18 agents contractuels n’ont pas vu leur contrat renouvelé depuis l’installation de la nouvelle équipe municipale. Radio ICI Loire Océan a rapporté cette donnée, attribuée directement aux représentants syndicaux : « Dix-huit de nos collègues agents sont mis dehors. »
Les organisations dénoncent également une réorganisation des services conduite sans concertation, dans un contexte de finances communales décrites comme « exsangues ». Le budget 2026 de Couëron, approuvé en conseil municipal, est équilibré à environ 30,8 M€ en fonctionnement et 8,7 M€ en investissement, selon Nantes Maville et le site officiel de la ville.
Un maire de 23 ans élu avec deux voix d’avance
Le conflit prend racine dans l’élection municipale de mars 2026. Axel Casenave, 23 ans, a été élu maire de Couëron sous étiquette divers droite avec seulement deux voix d’avance au second tour, selon Ouest-France. Il est présenté comme le plus jeune maire de Loire-Atlantique. Son élection a fait l’objet d’un recours de l’opposition de gauche.
En deux mois de mandature, le climat social s’est rapidement dégradé à la mairie. Ouest-France décrivait début juin un « climat délétère », entre tensions sur les ressources humaines et incertitudes budgétaires. Ce type de conflit social en collectivité territoriale reste rare dans une commune de cette taille, d’autant que deux syndicats ont uni leurs préavis dès la deuxième semaine du mois. On peut par ailleurs noter que des tensions similaires entre agents et hiérarchie ont été observées récemment dans d’autres collectivités françaises.
Contexte dans le Loire-Atlantique
Couëron compte 24 103 habitants selon le recensement 2023 (INSEE), pour une densité de 534,7 hab/km². La commune est intégrée à Nantes Métropole. Johanna Rolland vient d’être reconduite pour un troisième mandat à la tête de Nantes Métropole, dans un contexte politique métropolitain lui aussi marqué par des reconfigurations après les municipales de 2026.
Les grèves dans les mairies de Loire-Atlantique sont rares à cette échelle. Un mouvement intersyndical mobilisant à la fois CGT et UNSA - deux organisations aux cultures syndicales distinctes - traduit un niveau de mécontentement inhabituel pour une collectivité de 24 000 habitants. La situation à Couëron est suivie par la CGT 44 et la CGT des services publics au plan national.
La mairie n’a pas communiqué de position officielle sur les revendications syndicales à ce stade. Couëron avait déjà été sous les projecteurs fin mai après un accident mortel sur la N444.
La suite du mouvement dépendra des réponses apportées par la municipalité dans les prochains jours, les préavis courant pour certains agents jusqu’au 13 juillet 2026.

