Guadeloupe : le Congrès de l’eau s’ouvre sous tension à Basse-Terre
Le Congrès des élus consacré à la crise de l’eau a débuté ce mercredi 24 juin 2026 à Basse-Terre, sous la présidence de Guy Losbar, avec une mobilisation syndicale en amont.
Le Congrès des élus consacré à la crise de l’eau s’est ouvert ce mercredi 24 juin au Conseil départemental de Basse-Terre. En marge, un rassemblement syndical a eu lieu dès 7h00. Un plan d’urgence de 150 millions d’euros est évoqué.
L’essentiel
- Ouverture : Le Congrès des élus consacré à la crise de l’eau s’est ouvert ce mercredi 24 juin 2026 au Conseil départemental de Basse-Terre.
- Mobilisation : Des militants CGTG et Combat Ouvrier se sont rassemblés dès 7h00 devant le bâtiment.
- Proposition phare : Le groupe Péyi Gwadloup propose un classement du réseau en Opération d’Intérêt National sur dix ans.
- Plan d’urgence : Un plan de 150 millions d’euros est évoqué par le président Guy Losbar.
Le Congrès des élus de la Guadeloupe consacré à la crise structurelle de l’eau a débuté ce mercredi matin au palais du Conseil départemental à Basse-Terre. Présidé par Guy Losbar, président du Département, il réunit élus, syndicats et acteurs économiques autour d’un constat : le réseau d’eau potable est en situation d’urgence. Dès 9h00, les débats étaient retransmis en direct sur les antennes de Guadeloupe la 1ère.
Une ouverture sous tension
Dès 7h00, une cinquantaine de militants de la CGTG et de Combat Ouvrier se sont rassemblés devant l’entrée du Conseil départemental. Ils dénoncent l’inaction des pouvoirs publics face aux coupures à répétition et à la dégradation du réseau. « Les Guadeloupéens n’en peuvent plus de l’absence d’eau potable », a déclaré un porte-parole de la CGTG. Le mouvement syndical a appelé à une journée de mobilisation pour peser sur les décisions du Congrès.
Les propositions sur la table
Au cœur des discussions, le groupe politique Péyi Gwadloup a déposé une proposition visant à classer le réseau d’eau guadeloupéen en Opération d’Intérêt National (OIN) pour une durée de dix ans. Ce statut permettrait de débloquer des financements d’État et d’accélérer les travaux. Le président Guy Losbar a de son côté évoqué un plan d’urgence de 150 millions d’euros, sans en préciser le détail. Les organisations patronales (CCI, UDE-MEDEF, CPME) ont réclamé des « décisions urgentes et crédibles » face à l’impact économique de la crise. Comme l’a rapporté info.fr, le groupe Péyi Gwadloup propose une OIN de 10 ans et un plan de résilience hydrique.
Un réseau en crise
Le bilan présenté en préambule est sévère : environ 60 % de l’eau traitée est perdue dans la nature à cause des fuites, selon les données du syndicat mixte SMGEAG. Sur les 18 stations d’épuration collectives, 11 ne sont pas conformes aux normes environnementales. Mi-juin, plusieurs quartiers de Basse-Terre ont subi quatre jours consécutifs sans eau courante, du 24 juin. La sénatrice Solanges Nadille avait interpellé le SMGEAG sur cette situation. Interrogé par l’AFP, un responsable du SMGEAG a indiqué que les réparations sont en cours mais insuffisantes face à l’ampleur des dégradations. Dans d’autres communes, comme Baie-Mahault, de nouvelles perturbations ont été signalées cette semaine. À noter que la commune du Gosier a publié son calendrier de coupures pour la semaine du 22 au 28 juin.
Contexte dans le département
La Guadeloupe compte environ 380 000 habitants, majoritairement dépendants du réseau public d’eau potable. La crise hydrique est devenue un enjeu politique et social majeur, avec des coupures quasi quotidiennes dans plusieurs secteurs de l’archipel. Le Congrès de l’eau intervient après des années de sous-investissement dans les infrastructures, dénoncées par la Chambre régionale des comptes. Le président du Département, Guy Losbar, a insisté sur la nécessité d’un « pacte d’avenir » associant l’État, les collectivités et les usagers. Une prochaine étape sera la présentation d’un plan d’action chiffré, attendu d’ici la fin de la session.
Une couverture médiatique exceptionnelle
Guadeloupe la 1ère a mis en place un dispositif de huit heures de direct télévisé et radiophonique pour suivre les débats. La chaîne diffuse les interventions des élus et les réactions des participants. Le Congrès doit se poursuivre jusqu’en fin d’après-midi, avec une synthèse prévue en séance plénière. Les décisions concrètes devront être soumises au vote du conseil départemental dans les semaines à venir. Prochaine étape : la publication des conclusions du Congrès et le vote d’un plan d’urgence. Les élus espèrent aboutir à un accord avant la fin de la semaine.
Sources
- FranceTV Pro : Congrès des élus - L'eau en Guadeloupe
- info.fr : Guadeloupe : la CGTG lance un nouvel appel à manifester contre le Congrès de l'eau
- info.fr : Congrès de l'eau : Péyi Gwadloup propose OIN 10 ans et résilience hydrique
- Conseil Départemental de la Guadeloupe : Congrès sur l'eau : Guy Losbar lance une série de rencontres préparatoires