Guadeloupe : les élus relancent le débat sur une autonomie accrue
À Basse-Terre, le Congrès des élus pousse vers des transferts de compétences, sans consensus sur la forme ni le calendrier.
Le dossier de l'évolution institutionnelle de la Guadeloupe est de nouveau sur la table. Les élus locaux plaident pour plus de compétences transférées depuis Paris. Le chemin reste semé d'obstacles politiques et constitutionnels.
À Basse-Terre, la question de l’autonomie de la Guadeloupe refait surface avec une certaine vigueur en ce début 2026. Les élus locaux multiplient les prises de position pour réclamer davantage de compétences transférées, dans un contexte institutionnel qui n’a pas fondamentalement bougé depuis 1946.
Un Congrès qui accélère, un consensus qui tarde
Le XIXe Congrès des élus s’est tenu le 17 juin 2025 à Basse-Terre. Selon France Antilles, les élus ont voté des résolutions pour accélérer le processus vers une possible collectivité unique et une autonomie accrue. Guy Losbar a appelé à une accélération du processus, évoquant notamment l’article 74 de la Constitution, qui permettrait une autonomie comparable à celle d’autres collectivités d’outre-mer, selon Caraïbe Créole News.
Ary Chalus, président du Conseil régional, a présidé une séance en juin 2025 où il a déclaré que « toutes les propositions sont sur la table » pour une décision concertée avec l’État. Selon Caraïbe Créole News, il s’est toutefois abstenu lors du vote des résolutions du Congrès, signe d’un désaccord persistant entre les forces politiques locales.
Le 25 mars 2026, le Conseil régional a examiné ses grandes orientations budgétaires pour l’année en cours. RCI Guadeloupe indique que ces orientations intègrent des mesures visant à renforcer l’autonomie en matière de développement économique et de coopération régionale.
Un précédent lourd : le rejet de 2003
Ce débat n’est pas nouveau. En 2003, une consultation populaire avait rejeté à 82 % le projet de création d’une assemblée unique, selon les données publiées par la Région Guadeloupe. Un résultat sans ambiguïté, qui pèse encore sur les discussions. Les revendications autonomistes remontent plus loin encore : le Parti communiste guadeloupéen les portait dès 1958, selon le site Madinin’Art.
La Guadeloupe reste aujourd’hui un département et région d’outre-mer régi par l’article 73 de la Constitution, depuis la loi du 19 mars 1946. Toute évolution vers l’article 74 impliquerait une révision constitutionnelle et un accord de l’État.
Le contexte national pèse aussi
À Paris, le cadre n’est guère favorable à une réforme d’ampleur. Public Sénat l’a noté récemment :
L’ambition d’un grand acte de décentralisation affiché par le Premier ministre semble s’effacer au profit d’un projet de loi plus technique. Pour la Guadeloupe, cela signifie que l’évolution institutionnelle dépendra d’abord de la capacité des élus locaux à présenter un front uni - ce qui reste à construire.
Prochaine étape : le Congrès des élus devrait poursuivre ses travaux dans les prochains mois en vue de formaliser une proposition concertée à soumettre à l’État. Le calendrier précis n’a pas été communiqué à ce stade.
Sources
- France Antilles : Vers une nouvelle ère institutionnelle ? Le 19ᵉ congrès des élus se tiendra à Basse-Terre
- Caraïbe Créole News : Guadeloupe. Congrès. La Région vote les résolutions : A. Chalus s'abstient
- RCI Guadeloupe : Le Conseil Régional se réunit pour définir les nouvelles orientations budgétaires
- Vie-publique.fr : Chronologie de l'évolution institutionnelle et statutaire outre-mer