Guadeloupe : +50% de violences contre les forces de l’ordre depuis janvier 2026

Le général Christophe Perret, commandant de la gendarmerie de Guadeloupe, alerte sur une montée des tirs et des refus d'obtempérer depuis le début de l'année.

Guadeloupe : +50% de violences contre les forces de l'ordre depuis janvier 2026
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr

Le commandant de la gendarmerie de Guadeloupe a tiré la sonnette d'alarme mi-mai 2026 les violences contre les forces de l'ordre ont bondi de 50 % depuis janvier, passant de 36 à 50 faits. Tirs d'armes à feu, refus d'obtempérer, gendarmes blessés les incidents se multiplient sur l'île.

L’essentiel

  • +50 % : les violences contre les forces de l’ordre sont passées de 36 à 50 faits depuis janvier 2026, selon le général Christophe Perret (RCI Guadeloupe, La 1ère).
  • Mai 2026 : quatre refus d’obtempérer recensés, dont trois le même week-end ; un gendarme blessé par gerbe de plombs à bout portant à Goyave.
  • Armes impliquées : plus de la moitié des agressions en 2026 impliquent une arme, dont près d’un quart des armes à feu, selon la gendarmerie.
  • 47 homicides en 2025 en Guadeloupe, contre 31 en 2024 (+31 %), taux de 11,5 pour 100 000 habitants (vs ~1,3 en métropole).
  • Dispositif : la gendarmerie de Guadeloupe compte environ 680 militaires, renforcés par 310 réservistes et 150 gendarmes mobiles.

Une alerte publique du commandant de gendarmerie

Le général de brigade Christophe Perret, commandant de la gendarmerie de Guadeloupe (COMGEND 971), a pris la parole mi-mai 2026 pour alerter sur une dégradation nette de la situation. « Depuis le début de l’année, les violences contre agents de la force publique ont augmenté de 50 % en Guadeloupe », a-t-il déclaré, selon RCI Guadeloupe et La 1ère (Franceinfo). En chiffres bruts : 36 faits constatés sur la même période l’an dernier, 50 aujourd’hui.

Le général Perret souligne deux phénomènes en hausse marquée : les refus d’obtempérer et les tirs d’armes à feu. Il appelle au respect des « gardiens de la République », tout en précisant que ces violences restent le fait d’une minorité. Elles traduisent néanmoins, selon lui, une tension accrue dans les interventions quotidiennes.

Des incidents concrets en mai 2026

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Les semaines récentes ont fourni plusieurs exemples. En mai 2026, quatre refus d’obtempérer ont été enregistrés, dont trois lors d’un même week-end, selon L’Essor et RCI Guadeloupe.

L’épisode le plus grave concerne un gendarme d’une trentaine d’années blessé à Goyave, en Basse-Terre, lors d’une recherche de malfaiteur. Il a reçu une gerbe de plombs tirée à bout portant. Son gilet pare-balles a protégé le torse, mais un bout de bras a été arraché, selon L’Essor. Un autre gendarme a été percuté lors d’un contrôle routier.

Ces faits s’inscrivent dans un contexte où, toujours selon la gendarmerie, plus de la moitié des agressions contre les forces de l’ordre en 2026 impliquent une arme, et près d’un quart des armes à feu - une proportion en forte hausse.

Un paradoxe statistique souligné par le commandant

La Guadeloupe présente une particularité documentée. La délinquance y est 1,7 fois plus violente qu’en zone gendarmerie métropolitaine, selon L’Essor. Pourtant, les gendarmes locaux subissaient jusqu’ici moins d’agressions directes que leurs collègues de métropole, rapportent les mêmes sources. La hausse actuelle rompt avec cette tendance.

La gendarmerie guadeloupéenne enregistre chaque année entre 16 000 et 17 000 crimes et délits sur son ressort. Les violences contre ses agents restent marginales en volume absolu, mais leur progression préoccupe le commandement. La question de la sécurité des forces de l’ordre dans les territoires ultramarins se pose avec une acuité similaire à Mayotte, où les habitants réclament davantage de patrouilles.

Contexte dans la Guadeloupe (971)

L’alerte du général Perret intervient après une année 2025 particulièrement meurtrière. Le ressort de la cour d’appel de Basse-Terre - qui couvre la Guadeloupe et la partie française de Saint-Martin, soit environ 410 000 habitants - a enregistré 47 homicides en 2025, contre 31 en 2024, soit une hausse de 31 %. Le taux atteint 11,5 pour 100 000 habitants, à comparer à environ 1,3 pour 100 000 en métropole, selon La 1ère. Les tentatives d’homicide ont progressé de 24 %, avec 237 faits enregistrés.

La majorité de ces homicides ont été commis par arme à feu, selon France-Antilles. Ce contexte de disponibilité des armes explique en partie la montée des incidents armés contre les gendarmes.

Le général Perret est à la tête du COMGEND 971 depuis au moins septembre 2024. Il commande environ 680 militaires, appuyés par 310 réservistes et 150 gendarmes mobiles, selon la préfecture de Guadeloupe. Le préfet Devimeux, qui représente l’État dans le département, est également mobilisé sur les questions de sécurité publique.

La situation guadeloupéenne fait écho à d’autres territoires confrontés à une délinquance structurellement plus violente que la moyenne nationale. En Guyane voisine, les enjeux de sécurité et de cohésion sociale font l’objet d’une attention institutionnelle croissante en 2026.

La réponse opérationnelle de la gendarmerie

Face à cette hausse, le général Perret a multiplié les prises de parole publiques, notamment via la page Facebook de la Gendarmerie 971, et participé à des opérations de coordination avec la police municipale - dont une convention signée à Sainte-Rose en novembre 2024. La stratégie repose sur une présence accrue sur le terrain et sur des partenariats locaux.

La gendarmerie n’a pas communiqué à ce stade de mesures nouvelles spécifiquement dédiées à la protection de ses agents. Le commandement n’a pas précisé si une demande de renforts supplémentaires avait été formulée auprès du ministère de l’Intérieur.

Prochaine étape

Le bilan semestriel de la délinquance en Guadeloupe, attendu à l’été 2026, permettra de mesurer si la tendance se confirme ou s’infléchit. Le climat social à Pointe-à-Pitre, marqué par plusieurs tensions institutionnelles ces dernières semaines, constituera également un indicateur à surveiller.

Sources

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guadeloupe (971), avec Basse-Terre pour chef-lieu. Spécialité du département : archipel antillais et rhum agricole AOC. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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