Guerre en Ukraine : la Russie dépasse 1,4 million de pertes militaires

L'état-major ukrainien estime les pertes russes à 1 437 550 soldats au 25 juillet 2026, témoignant d'une guerre d'attrition sans précédent depuis l'invasion de février 2022.

Guerre en Ukraine : la Russie dépasse 1,4 million de pertes militaires
Illustration Antoine Delaunay / info.fr
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Quatre ans et demi après le début de l'invasion russe, le bilan humain franchit un seuil symbolique. Les pertes cumulées de l'armée russe dépassent désormais 1,4 million de soldats, selon les dernières estimations de Kiev. Un chiffre qui illustre la brutalité d'un conflit transformé en guerre d'usure, tandis que l'Ukraine intensifie ses frappes de longue portée sur le territoire russe.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • L'état-major ukrainien estime les pertes russes à 1 437 550 soldats au 25 juillet 2026, depuis le début de l'invasion en février 2022.
  • Le ratio de pertes entre Russie et Ukraine a atteint environ 8 pour 1 au premier semestre 2026, selon le CSIS.
  • Les pertes russes quotidiennes dépassent régulièrement 1 400 soldats, avec des estimations américaines de 5 000 pertes hebdomadaires.
  • L'Union européenne a adopté un 21e train de sanctions visant les structures bancaires et pétrolières russes.
  • L'Ukraine intensifie ses frappes de longue portée sur le territoire russe, ciblant des infrastructures logistiques et énergétiques.
5 faits vérifiés 3 sources mis à jour le 25 juillet à 20:11

Au 25 juillet 2026, l’état-major des forces armées ukrainiennes estime les pertes russes à 1 437 550 soldats depuis le début de l’invasion le 24 février 2022. Ce bilan, publié dans le bulletin quotidien de Kiev, intègre les morts, blessés graves et disparus côté russe. La seule journée du 24 juillet a coûté 1 450 soldats à Moscou, selon la même source.

Ces chiffres, impossible à vérifier de manière indépendante, s’inscrivent dans une tendance lourde : le conflit s’est mué en une guerre d’attrition d’une intensité rarement vue depuis la Seconde Guerre mondiale. Des analyses occidentales, dont celles du Center for Strategic and International Studies (CSIS), situent le nombre de soldats russes tués entre 400 000 et 450 000, avec un nombre de blessés bien supérieur.

Un ratio de pertes de plus en plus défavorable à Moscou

Le CSIS, institut de recherche américain spécialisé dans les questions de défense, a documenté une évolution marquante du ratio de pertes entre les deux belligérants. Au premier semestre 2026, ce ratio aurait atteint environ 8 pour 1 en défaveur de la Russie. Autrement dit, pour chaque soldat ukrainien mis hors de combat, Moscou en perdrait huit.

Cette dégradation s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la modernisation progressive de l’armée ukrainienne, qui a intégré davantage de systèmes occidentaux de défense antiaérienne et de frappe de précision. Ensuite, la tactique russe d’assauts frontaux massifs, particulièrement coûteuse en vies humaines, notamment dans le Donbass et autour de Bakhmout. Enfin, la qualité inégale de la mobilisation russe, qui a envoyé au front des recrues mal formées et mal équipées.

Les sources américaines évoquent des pertes hebdomadaires russes de l’ordre de 5 000 soldats, un rythme qui, s’il se maintient, représente plus de 260 000 pertes annuelles. Ce niveau d’attrition soulève des questions sur la capacité de Moscou à maintenir la pression militaire sans nouvelle vague de mobilisation.

Frappes ukrainiennes sur la logistique russe

Parallèlement à la guerre d’usure sur le front, Kiev a intensifié ses frappes de longue portée contre le territoire russe. Les autorités ukrainiennes ont revendiqué des attaques contre des infrastructures stratégiques, visant notamment des entrepôts logistiques et des installations énergétiques.

Parmi les cibles récentes figurent des entrepôts de la plateforme de commerce en ligne Wildberries, utilisés selon Kiev pour stocker du matériel militaire ou servir de points de transit logistique. Ces frappes visent à perturber les chaînes d’approvisionnement russes, essentielles pour soutenir l’effort de guerre dans les régions orientales et méridionales de l’Ukraine.

L’Ukraine dispose désormais de drones de longue portée de fabrication nationale, capables d’atteindre des cibles à plusieurs centaines de kilomètres à l’intérieur de la Russie. Ces capacités, couplées à l’utilisation de missiles fournis par les Occidentaux, permettent à Kiev de frapper en profondeur, compliquant la logistique russe et forçant Moscou à disperser ses moyens de défense antiaérienne.

Un 21e train de sanctions européennes contre Moscou

Sur le front économique, l’Union européenne a adopté un nouveau paquet de sanctions, le 21e depuis le début du conflit. Ce train de mesures, annoncé par la Commission européenne, cible les structures bancaires et pétrolières russes, dans l’objectif de fragiliser davantage la capacité de Moscou à financer sa machine de guerre.

Ces sanctions visent notamment à limiter l’accès de la Russie aux technologies de pointe et aux composants électroniques, essentiels pour la production de drones, de missiles et de systèmes de défense. Elles s’attaquent également aux réseaux de contournement mis en place par Moscou via des pays tiers, en particulier en Asie centrale et en Chine.

L’efficacité de ces sanctions reste débattue. Si l’économie russe a montré une résilience inattendue grâce aux exportations d’hydrocarbures vers l’Asie et à une économie de guerre, les observateurs notent un ralentissement de la croissance et une inflation persistante, qui pèsent sur la population russe.

Contexte du conflit : quatre ans et demi d’une guerre totale

L’invasion russe de l’Ukraine, lancée le 24 février 2022, devait selon Moscou être une opération rapide visant à renverser le gouvernement de Kiev. Quatre ans et demi plus tard, le conflit s’est enlisé en une guerre de positions brutale, mobilisant des centaines de milliers de soldats de part et d’autre.

Les pertes humaines, militaires et civiles, atteignent des niveaux jamais vus en Europe depuis 1945. Côté ukrainien, les chiffres officiels restent secrets, mais des estimations occidentales évoquent plusieurs dizaines de milliers de morts et plus de 100 000 blessés. Les pertes civiles ukrainiennes se comptent également par dizaines de milliers.

La Russie, de son côté, a procédé à plusieurs vagues de mobilisation pour compenser l’attrition. La première, à l’automne 2022, avait mobilisé 300 000 hommes. Depuis, des campagnes de recrutement continues, appuyées par des primes financières élevées et une pression accrue dans certaines régions, alimentent les unités combattantes.

Le conflit a également provoqué des bouleversements géopolitiques majeurs. L’élargissement de l’OTAN à la Finlande et à la Suède, le renforcement du soutien occidental à Kiev, et l’isolement diplomatique croissant de Moscou redessinent les équilibres européens.

Regards depuis la France : un conflit qui structure la politique européenne

Vu de Paris, ce bilan humain vertigineux alimente les débats sur la durée du soutien à l’Ukraine et sur les perspectives de négociations. La France, qui a fourni des équipements militaires, des formations et un soutien financier à Kiev, reste engagée aux côtés de ses partenaires européens et de l’OTAN.

Le président français a régulièrement plaidé pour maintenir la pression sur Moscou tout en laissant ouverte la porte du dialogue. Mais le franchissement du seuil symbolique de 1,4 million de pertes russes souligne la difficulté à entrevoir une issue rapide. Les capitales européennes, dont Paris, s’interrogent sur les conditions d’une paix durable et sur les garanties de sécurité à offrir à l’Ukraine.

Sur le plan humanitaire, la France accueille plusieurs dizaines de milliers de réfugiés ukrainiens depuis 2022. Les collectivités locales, les associations et les citoyens se mobilisent pour faciliter leur intégration, tandis que le gouvernement coordonne l’aide d’urgence et la reconstruction dans les zones libérées.

Prochaines étapes : une guerre d’usure qui se prolonge

Aucun signe d’apaisement n’est visible à court terme. Les deux camps continuent de se préparer à une guerre longue. L’Ukraine mise sur l’arrivée de nouveaux équipements occidentaux, notamment des avions de combat F-16 et des systèmes de défense antiaérienne supplémentaires. La Russie, elle, réorganise son industrie militaire et mobilise toujours plus de ressources pour soutenir l’effort de guerre.

Les pertes quotidiennes russes, si elles se maintiennent au rythme actuel, pourraient conduire Moscou à annoncer une nouvelle phase de mobilisation avant la fin de l’année. Côté ukrainien, la priorité reste de tenir les positions conquises et de préparer d’éventuelles offensives pour 2027.

Antoine
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Sources

Antoine Delaunay

Antoine Delaunay

Antoine Delaunay est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Moscou. basé sur place, Il couvre l'actualité de la Russie pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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