Guyane : le carburant saisi aux orpailleurs légué aux mairies
Une convention signée le 1er juillet officialise la redistribution du carburant confisqué aux communes, plutôt que sa destruction systématique.
Le parquet de Cayenne, la préfecture, la gendarmerie et l'Association des maires de Guyane ont signé le 1er juillet une convention actant la fin de la destruction du carburant saisi lors des opérations anti-orpaillage. Saint-Laurent-du-Maroni a reçu la première livraison, plus de 10 000 litres, début juillet.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Une convention-cadre a été signée le 1er juillet 2026 entre le parquet de Cayenne, la préfecture, la gendarmerie et l'Association des maires de Guyane.
- Le 7 juillet 2026, la gendarmerie a remis 10 315 litres de carburant saisi à la mairie de Saint-Laurent-du-Maroni.
- La commune de Papaïchto a reçu 3 660 litres de carburant confisqué dans le cadre du même dispositif.
- Cette mesure met fin à la destruction systématique du carburant issu des saisies anti-orpaillage.
- Le carburant redistribué doit servir aux missions d'intérêt général des communes, comme l'entretien de véhicules ou les travaux publics.
Le carburant confisqué sur les sites d’orpaillage illégal en Guyane ne finira plus dans les cuves de destruction. Une convention-cadre, signée le 1er juillet 2026 à Cayenne, organise désormais sa remise directe aux communes.
Une pratique qui change après des années de destruction
Le document a été paraphé par le parquet de Cayenne, la préfecture de Guyane, la gendarmerie nationale et l’Association des maires de Guyane (AMG), selon Inforadar. Jusqu’ici, le carburant saisi lors des opérations de lutte contre l’orpaillage clandestin était systématiquement détruit. Une procédure coûteuse pour les finances publiques, et qui posait aussi un problème logistique : le stockage de ces volumes dans les casernes de gendarmerie créait des contraintes de place et de sécurité, rapporte Inforadar.
Saint-Laurent-du-Maroni, première commune servie
La première application concrète du dispositif est intervenue le 7 juillet. La gendarmerie a remis 10 315 litres de carburant saisi à la mairie de Saint-Laurent-du-Maroni, commune de Guyane et zone particulièrement exposée aux chantiers d’orpaillage illégal. Une seconde livraison, de 3 660 litres, a suivi à destination de la commune de Papaichton, précise Inforadar.
Le carburant ainsi transféré doit servir aux missions d’intérêt général des communes bénéficiaires : entretien du parc de véhicules municipaux, travaux publics ou interventions d’urgence, selon les précisions rapportées par l’AMG.
Ce que dit l’Association des maires de Guyane
L’Association des maires de Guyane a fait valoir que cette réaffectation répondait à une demande ancienne des élus locaux, confrontés à des budgets communaux serrés. Plusieurs municipalités de l’intérieur du territoire font face à des charges de fonctionnement élevées, notamment pour le transport et l’entretien de flottes de véhicules utilisées au quotidien par les services municipaux.
Contexte dans la Guyane
L’orpaillage clandestin reste l’un des principaux points de friction sécuritaires et environnementaux en Guyane, avec des conséquences économiques, sanitaires et écologiques régulièrement documentées par les autorités locales. Les opérations de gendarmerie contre les sites illégaux génèrent, saison après saison, des volumes importants de matériel et de carburant saisis. Saint-Laurent-du-Maroni, en première ligne de ces opérations du fait de sa proximité avec des zones aurifères clandestines, illustre la logique retenue par la convention : réinjecter localement une ressource jusque-là détruite, plutôt que de la voir disparaître sans bénéfice pour les collectivités concernées.
Une mesure encore récente
À ce stade, seules deux communes, Saint-Laurent-du-Maroni et Papaichton, ont bénéficié du dispositif. Le rythme et les critères de répartition entre les autres communes guyanaises n’ont pas été détaillés publiquement.
