Guyane : « Les 21 jours les plus durs de ma vie » – la Préfecture diffuse le témoignage d’une ex-mule

La Préfecture de Guyane multiplie les vidéos choc depuis début mai 2026 pour dissuader le transport de stupéfiants via la campagne #OnPeutDireNon.

Guyane : « Les 21 jours les plus durs de ma vie » – la Préfecture diffuse le témoignage d'une ex-mule
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

Depuis le 5 mai 2026, la Préfecture de Guyane diffuse sur ses réseaux sociaux des témoignages vidéo d'ex-mules et de professionnels dans le cadre de la campagne #Stupéfiants #OnPeutDireNon. Le plus récent, publié le 21 mai, montre une femme raconter ses vingt et un jours de détention et la perte totale de ses repères à la sortie.

Depuis le 5 mai 2026, la Préfecture de Guyane diffuse sur ses réseaux sociaux des témoignages vidéo d’ex-mules et de professionnels dans le cadre de la campagne #Stupéfiants #OnPeutDireNon. Le plus récent, publié le 21 mai, montre une femme raconter ses vingt et un jours de détention et la perte totale de ses repères à la sortie.

L’essentiel

  • 21 mai 2026 : la Préfecture de Guyane publie la vidéo d’une ex-mule déclarant : « C’était les 21 jours les plus durs de ma vie, à ma sortie, j’ai tout perdu ».
  • Trois volets de témoignages : ex-mule (21 mai), ex-mule (7 mai, « La détention ce n’est pas un jeu »), bâtonnière Christine Charlot (5 mai).
  • Bilan 2025 : trafic de stupéfiants en recul de 43,2 % en Guyane ; saisies de cocaïne à Félix-Eboué passées de plus d’une tonne à 388 kg ; interpellations pour transport divisées par deux (738 à 369).
  • Campagne soutenue par l’appel à projets MILDECA 2026, ouvert le 9 février et clôturé le 27 mars.
  • Contexte social : en 2017, 73,9 % des moins de 30 ans vivaient sous le seuil de pauvreté en Guyane, selon l’Insee.

Le témoignage du 21 mai : vingt et un jours, puis tout perdre

La vidéo publiée le 21 mai 2026 par le compte officiel @Prefet973 est sobre. Une femme, visage non montré, livre son expérience sans fioriture. Elle évoque des conditions de détention éprouvantes et l’isolement total à la sortie : perte d’emploi, ruptures familiales, reconstruction impossible à court terme.

La campagne rappelle explicitement que le transport de stupéfiants expose à des sanctions pénales lourdes et met en danger la vie du porteur - notamment en cas de rupture d’ovules ingérés.

Une série de prises de parole depuis début mai

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La campagne #OnPeutDireNon s’est déployée en plusieurs séquences. Le 7 mai, un autre ex-mule témoignait : « La détention ce n’est pas un jeu, alors je ne conseille à personne de se mettre dedans ».

Le 5 mai, c’est la bâtonnière de Guyane, Me Christine Charlot, qui intervenait. Son constat est direct : « Souvent, lorsque nous rencontrons des mules, elles n’ont pas cette conscience qu’elles transportent un produit qui peut donner la mort à son consommateur. »

Les vidéos sont diffusées sur X, Facebook et Instagram de la Préfecture. La campagne associe également médecins et policiers, sans que leurs interventions aient été détaillées publiquement à ce stade.

Un phénomène ancré dans la précarité locale

Le recrutement de mules en Guyane est documenté depuis de nombreuses années. La position géographique du territoire - frontières poreuses avec le Suriname et le Brésil - facilite les filières d’acheminement de cocaïne vers l’Europe via l’aéroport Félix-Eboué de Matoury. Des affaires récentes illustrent ce phénomène : Alliance Police réclamait encore des renforts à Félix-Eboué après des révélations de corruption au sein de la PAF.

Le profil des personnes recrutées correspond souvent à des adultes jeunes en situation de précarité. Selon l’Insee, 73,9 % des moins de 30 ans vivaient sous le seuil de pauvreté en Guyane en 2017, dernières données comparables disponibles sur ce segment. Le trafic est perçu par certains comme une solution rapide face à l’urgence sociale, selon La 1ère.

Un protocole interministériel avait déjà été signé en 2019 pour structurer la lutte contre le phénomène. Des contrôles à 100 % ont été mis en place à Félix-Eboué, et des actions transfrontalières menées, selon La 1ère.

Contexte dans la Guyane

Les chiffres 2025 montrent un recul significatif. Selon le bilan de délinquance publié par La 1ère et corroboré par France Guyane, le trafic de stupéfiants a reculé de 43,2 % par rapport à 2024. Les saisies de cocaïne à l’aéroport Félix-Eboué sont passées de plus d’une tonne à 388 kg. Les interpellations pour transport ont été divisées par deux : de 738 à 369. L’usage est en baisse de 13,3 %.

Ces résultats s’inscrivent dans un contexte de mobilisation renforcée. La campagne #OnPeutDireNon est soutenue par l’appel à projets MILDECA 2026 pour la Guyane, ouvert le 9 février et clôturé le 27 mars, destiné à financer des actions locales de prévention et de communication sur les dangers des substances addictives, selon le site de la préfecture. Le préfet Antoine Poussier, en poste depuis 2023, supervise cette feuille de route.

Sur le plan territorial, 206 étrangers en situation irrégulière ont été reconduits depuis janvier 2026, dont certains liés à des infractions liées au trafic, ce qui traduit une pression sécuritaire globale maintenue.

La communication comme levier de prévention

Le choix de la vidéo et des réseaux sociaux répond à une logique de ciblage. Les plateformes Meta (Facebook, Instagram) et X permettent d’atteindre une audience jeune, principale cible du recrutement par les réseaux. Le format témoignage - voix directe, récit personnel - vise à rendre les conséquences concrètes et non abstraites.

Ce type de campagne n’est pas nouveau en Guyane. La Préfecture avait déjà lancé une opération similaire en 2025, selon La 1ère, avec des associations locales. La campagne 2026 s’appuie sur les mêmes ressorts mais avec une diffusion plus structurée et un cadrage juridique plus explicite - sanctions pénales, risque vital.

Pour le transport de stupéfiants, deux Britanniques avaient été déférées en comparution immédiate à Roland-Garros après saisie de 17 kg de cannabis, illustrant que le phénomène dépasse les seules frontières guyanaises.

La diffusion des prochaines vidéos de la campagne est attendue dans les semaines à venir sur les comptes officiels de la Préfecture de Guyane.

Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Sylvie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guyane (973), avec Cayenne pour chef-lieu. Spécialité du département : Centre spatial Kourou et Amazonie française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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