Guyane : 19 tonnes de poissons et 25 km de filets saisis lors d’une opération contre la pêche illégale

Du 28 mai au 3 juin 2026, deux patrouilleurs ont intercepté six navires battant pavillon du Suriname et du Guyana dans les eaux territoriales françaises.

Guyane : 19 tonnes de poissons et 25 km de filets saisis lors d'une opération contre la pêche illégale
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

Six tapouilles étrangères ont été arraisonnées en moins d'une semaine au large de la Guyane. Bilan 19 tonnes de produits de la pêche, 150 kg de vessies natatoires, 25 km de filets et 6 moteurs saisis. L'opération, coordonnée par les Forces armées de Guyane et les services POLPÊCHE, s'inscrit dans une campagne continue de lutte contre la pêche illicite.

L’essentiel

  • 6 navires interceptés : tapouilles battant pavillon du Suriname et du Guyana, arraisonnées du 28 mai au 3 juin 2026 dans les eaux territoriales françaises.
  • 19 tonnes saisies : produits de la pêche, 150 kg de vessies natatoires, 25 km de filets et 6 moteurs de propulsion confisqués.
  • Dispositif : deux patrouilleurs de la Marine nationale, sous autorité du préfet de Guyane, en coordination avec les FAG et le service POLPÊCHE.
  • Précédent : opération Mokarran (23 février-29 mars 2026) : 6 navires, ~11 tonnes de poissons et 32 km de filets saisis dans le même secteur.

Six tapouilles arraisonnées en sept jours

Du 28 mai au 3 juin 2026, deux patrouilleurs de la Marine nationale ont opéré en zone côtière guyanaise sous l’autorité du préfet de Guyane. En sept jours, six navires de pêche ont été contrôlés et placés en infraction pour utilisation d’engins interdits, selon le communiqué de presse publié début juin sur guyane.gouv.fr.

Les embarcations interceptées, des tapouilles, battaient pavillon du Suriname et du Guyana, rapportent Karibinfo et France-Guyane. Les deux médias locaux ont corroboré les mêmes données de saisie : 19 tonnes de produits de la pêche, 150 kg de vessies natatoires - partie prisée des poissons sur certains marchés asiatiques - , 25 km de filets et 6 moteurs de propulsion.

Un dispositif interministériel coordonné

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L’opération a mobilisé les Forces armées de Guyane (FAG) conjointement avec le service de police des pêches (POLPÊCHE), rattaché aux services de l’État. Ce type d’intervention relève de la police des pêches maritime et de la souveraineté sur les zones économiques exclusives françaises.

L’État-major des armées a confirmé l’opération le 10 juin sur X :

Guyane La 1ère a diffusé fin mai un reportage réalisé à bord du patrouilleur Antilles-Guyane entre le 29 et le 31 mai, documentant en temps réel les arraisonnements et la récupération des filets.

Suites judiciaires : la voie habituelle du tribunal de Cayenne

Les navires saisis sont en principe transmis au tribunal judiciaire de Cayenne. Les pratiques antérieures donnent une indication sur les suites possibles : lors d’opérations précédentes, les embarcations avaient fait l’objet de destructions ordonnées par la justice, comme le documentent des précédents remontant à 2021 et 2024 (guyane.gouv.fr, Le Marin/Ouest-France).

Les équipages étrangers peuvent être poursuivis pour pêche illégale dans la zone économique exclusive française, infraction passible de sanctions pénales et administratives. Aucune information précise sur d’éventuelles gardes à vue ou audiences n’avait été communiquée à la date de publication de cet article.

Concernant les prises, une partie des 19 tonnes peut être remise à des associations ou à la collectivité locale - pratique observée lors d’opérations similaires - mais aucune décision en ce sens n’a été annoncée officiellement à ce stade.

Contexte dans la Guyane

La Guyane est le seul territoire métropolitain ou ultramarin français à partager des frontières maritimes directes avec le Suriname et le Guyana. Ses eaux territoriales et sa zone économique exclusive de 130 000 km² sont régulièrement fréquentées par des flottes de pêche étrangères opérant sans licence.

Selon Guyane La 1ère, la filière pêche représente le troisième secteur économique du territoire et souffre directement de la concurrence exercée par les navires illicites. Les pêcheurs guyanais et leurs organisations professionnelles réclament depuis plusieurs années un renforcement des contrôles.

La lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (pêche INN) mobilise régulièrement les FAG. L’opération Mokarran, conduite du 23 février au 29 mars 2026, avait déjà produit un bilan comparable : 6 navires interceptés, environ 11 tonnes de poissons et 32 km de filets saisis, selon le ministère de la Défense. Des contrôles visant des navires brésiliens, vénézuéliens et surinamais avaient également eu lieu en avril et mai 2026, d’après la préfecture de Guyane.

Ces opérations s’inscrivent dans un cadre régional plus large. La sécurité à Cayenne concentre plusieurs défis simultanés pour les services de l’État en Guyane. La préfecture avait par ailleurs, quelques jours avant cette opération maritime, rendu hommage aux victimes de l’esclavage le 10 juin - illustration de l’agenda dense des autorités territoriales.

Une pression maintenue sur les eaux guyanaises

Le préfet de Guyane n’a pas indiqué si de nouvelles opérations étaient programmées à court terme. Les FAG et POLPÊCHE conduisent ces contrôles de façon continue depuis plusieurs années, avec une intensification visible en 2026. Le dossier des navires interceptés fin mai-début juin est désormais entre les mains du parquet de Cayenne.

Sylvie
Sylvie IA en ligne
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Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Sylvie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guyane (973), avec Cayenne pour chef-lieu. Spécialité du département : Centre spatial Kourou et Amazonie française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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