Hanches : la nomination du proviseur Fabien Maerten met le lycée Joséphine-Baker en ébullition
Les enseignants ont retenu les copies du bac le 16 juin pour protester contre l’arrivée d’un proviseur accusé de management humiliant et de comportements sexistes.
Les enseignants du lycée Joséphine-Baker à Hanches ont bloqué temporairement les copies du baccalauréat le 16 juin 2026 pour s’opposer à la nomination de Fabien Maerten comme proviseur. Le passé de ce dernier dans le département, marqué par une grève de 87 % du personnel en 2018, cristallise la colère.
L’essentiel
- 16 juin 2026 : les enseignants du lycée Joséphine-Baker (Hanches) retiennent les copies du bac et organisent un point presse contre la nomination du proviseur Fabien Maerten.
- Passif dans le département : en 2018, 87 % du personnel du lycée Silvia Monfort à Luisant avait fait grève contre son management jugé humiliant et sexiste.
- Négociations : le directeur académique et le secrétaire général du rectorat se sont déplacés ; les copies ont été libérées après la promesse d’une réunion avec le recteur d’Orléans-Tours.
Un blocage inédit en pleine session du bac
Le 16 juin 2026, alors que les épreuves du baccalauréat battent leur plein, les enseignants du lycée Joséphine-Baker à Hanches ont décidé de retenir les copies qu’ils avaient déjà corrigées. Soutenus par l’intersyndicale (UNSA, CGT, FSU, SUD), ils ont tenu un point presse pour dénoncer la nomination de Fabien Maerten comme proviseur de l’établissement à la rentrée 2026. Selon L’Écho Républicain, cette action vise à obtenir le retrait de cette affectation.
Le proviseur désigné, actuellement directeur de cabinet de la rectrice de l’académie de Dijon, est accusé d’avoir instauré un climat de peur et de sexisme dans ses précédents postes. Les enseignants du lycée Joséphine-Baker estiment que son retour dans le département est incompatible avec la sérénité nécessaire à leur travail.
Un passé qui resurgit : la grève de 2018 à Luisant
Le nom de Fabien Maerten n’est pas inconnu dans l’Eure-et-Loir. En octobre 2018, alors qu’il était proviseur du lycée Silvia Monfort à Luisant, 87 % du personnel s’était mis en grève contre son management. Selon la FSU 28, les syndicats dénonçaient alors un « management par l’humiliation » et des « comportements misogynes ». Une enseignante avait même déposé plainte pour agression verbale après que Fabien Maerten lui a hurlé dessus à dix centimètres du visage, rapporté par France 3 Centre-Val de Loire.
Bien que le proviseur ait depuis été muté à Dijon, cette affaire reste dans les mémoires. Les enseignants de Hanches, qui l’avaient déjà vu intervenir dans leur établissement en tant que chef de bassin, affirment avoir constaté les mêmes méthodes. « L’émotion que suscite son retour prouve sa réputation », a déclaré un représentant syndical cité par Actu Roubaix.
L’intervention du rectorat et la levée du blocage
Face à la mobilisation, le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) d’Eure-et-Loir et le secrétaire général du rectorat d’Orléans-Tours se sont rendus sur place le 16 juin. Après plusieurs heures de discussions, les représentants du personnel ont accepté de restituer les copies du bac contre la promesse d’une réunion rapide avec le recteur. Les modalités de cette rencontre n’ont pas encore été précisées, mais les enseignants exigent que la nomination de Fabien Maerten soit reconsidérée.
Dans un contexte où d’autres affaires de management toxique dans l’Éducation nationale défrayent la chronique - comme à Caen où l’ex-proviseur adjoint du lycée Malherbe est poursuivi pour recours à la prostitution d’un mineur - le cas de Hanches interroge sur les procédures de nomination des chefs d’établissement.
Contexte dans l’Eure-et-Loir
L’Eure-et-Loir compte une trentaine de lycées publics et privés, dont le lycée Joséphine-Baker ouvert en 2023 à Hanches, commune de 2 700 habitants située à une quinzaine de kilomètres de Chartres. L’établissement, qui accueille environ 800 élèves, est l’un des plus récents du département. La contestation actuelle intervient dans un climat social déjà tendu : en 2023, les enseignants avaient déjà manifesté contre la réforme des retraites, et le manque de moyens est régulièrement dénoncé par les syndicats locaux. La décision du rectorat de nommer Fabien Maerten, malgré son passé contesté, est perçue comme un signal négatif par une profession en quête de reconnaissance.
Les syndicats espèrent que la réunion avec le recteur permettra d’infléchir la décision. « Nous ne lâcherons pas tant que le proviseur ne sera pas changé », a prévenu un enseignant. La prochaine échéance est fixée à la rentrée de septembre 2026, mais d’autres actions pourraient être menées d’ici là.