Harnes : la mairie RN veut expulser Avenir des Cités, l’association résiste
L'association de prévention spécialisée, installée depuis 1996 dans la Cité Bellevue, refuse de quitter ses locaux malgré l'ultimatum municipal du 15 juillet.
La commune de Harnes est le théâtre d'un conflit opposant la municipalité Rassemblement National, élue en mars, à l'association Avenir des Cités. Cette structure de prévention spécialisée, présente depuis trente ans, est sommée de libérer ses locaux pour laisser place à une association d'aide aux femmes victimes de violences. L'association refuse et a saisi le Défenseur des droits.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La mairie RN de Harnes a résilié le 9 avril 2026 la convention d'occupation de l'association Avenir des Cités, fixant le 15 juillet comme date limite de départ.
- L'association de prévention spécialisée, présente depuis 1996, intervient auprès de jeunes de 11 à 21 ans et est financée par le Conseil départemental du Pas-de-Calais.
- Un rassemblement de soutien a mobilisé des dizaines de personnes le 15 juillet devant les locaux de la Cité Bellevue.
- L'association refuse de partir, juge les solutions de relogement inadaptées et a saisi le Défenseur des droits.
- La mairie menace d'une procédure judiciaire et veut installer une association d'aide aux femmes victimes de violences conjugales dans ces locaux.
La mairie de Harnes, dirigée par Anthony Garénaux-Glinkowski (RN) depuis mars 2026, exige le départ immédiat de l’association de prévention spécialisée Avenir des Cités de ses locaux de la Cité Bellevue. Par courrier daté du 9 avril, la municipalité a résilié unilatéralement la convention d’occupation et fixé une date butoir au 15 juillet pour la remise des clés.
L’association, qui intervient depuis 1996 auprès de jeunes vulnérables âgés de 11 à 21 ans, refuse de partir. Selon Sadek Deghima, directeur d’Avenir des Cités, et Carinne Wilkowski, présidente, les trois solutions de relogement proposées par la mairie sont « inacceptables et inadaptées » en termes de sécurité, de confidentialité et de conditions de travail pour les éducateurs.
Une expulsion motivée par un projet municipal
La mairie justifie cette décision par son souhait d’installer dans ces mêmes locaux une association de protection des femmes victimes de violences conjugales, selon CNews. Anthony Garénaux-Glinkowski a qualifié le maintien de l’association dans les lieux de « politisation » d’un « non-événement municipal » et menacé d’engager une procédure judiciaire, selon Le Media Social.
De son côté, la direction d’Avenir des Cités dénonce une « décision politique », voire une « petite vengeance personnelle ». Sadek Deghima évoque l’engagement anti-RN de l’ancien président de l’association, selon Espaces et La Vie Ouvrière. L’avocat de la structure a contesté les motifs de résiliation du bail.
Mobilisation le 15 juillet devant les locaux
Un rassemblement de soutien s’est tenu le 15 juillet devant les locaux de l’association. Des dizaines de manifestants - bénéficiaires, salariés, élus d’opposition et représentants associatifs - se sont mobilisés pour contester l’expulsion, selon La Vie Ouvrière et Oise Hebdo.
Une pétition en ligne réclamant le maintien d’Avenir des Cités dans ses locaux a recueilli plus de 1 200 signatures, selon Oise Hebdo. L’association a également saisi le délégué régional de la Défenseure des droits, qui a proposé une médiation.
Une structure financée par le département
Avenir des Cités intervient dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance et est principalement financée par le Conseil départemental du Pas-de-Calais, selon La Vie Ouvrière. La structure accompagne des jeunes en difficulté, notamment dans les quartiers prioritaires de la ville.
La résiliation de la convention d’occupation ne remet pas en cause le financement départemental, mais complique fortement la continuité du travail de terrain si l’association devait quitter ses locaux historiques sans solution adaptée.
Contexte dans le Pas-de-Calais
Harnes, commune de près de 12 000 habitants située dans l’agglomération de Lens-Liévin, a basculé au Rassemblement National lors des municipales de 2026. Cette élection s’inscrit dans une dynamique électorale favorable au RN dans le bassin minier du Pas-de-Calais, territoire marqué par la désindustrialisation et des taux de chômage supérieurs à la moyenne nationale.
Le département compte plusieurs structures de prévention spécialisée similaires à Avenir des Cités, financées par le Conseil départemental dans le cadre de la protection de l’enfance. Le conflit de Harnes intervient alors que les associations du secteur alertent régulièrement sur la précarité de leurs moyens et la fragilité de leurs conventions d’occupation.
Prochaines étapes juridiques
La mairie n’a pas encore engagé de procédure judiciaire d’expulsion, mais le maire a réaffirmé sa volonté de récupérer les locaux. L’association maintient sa position et attend la suite de la médiation proposée par le Défenseur des droits. L’issue du bras de fer dépendra de l’arbitrage juridique sur la validité de la résiliation unilatérale de la convention d’occupation.