Haute-Loire : des carcasses de brebis accrochées aux grilles de la préfecture contre le loup

La Coordination rurale 43 a mené une action choc au Puy-en-Velay dans la nuit du 22 au 23 mai, après une série d'attaques suspectées.

Haute-Loire : des carcasses de brebis accrochées aux grilles de la préfecture contre le loup
Illustration Valérie Roche / info.fr

Dans la nuit du 22 au 23 mai 2026, des membres de la Coordination rurale 43 ont accroché deux carcasses de brebis aux grilles de la préfecture du Puy-en-Velay. Une banderole « Éleveurs ou Prédateurs L'État doit choisir » accompagnait le geste. En réponse, le préfet Yvan Cordier a proposé une rencontre sous dix jours.

Dans la nuit du 22 au 23 mai 2026, des membres de la Coordination rurale 43 ont accroché deux carcasses de brebis aux grilles de la préfecture du Puy-en-Velay. Une banderole « Éleveurs ou Prédateurs ? L’État doit choisir » accompagnait le geste. En réponse, le préfet Yvan Cordier a proposé une rencontre sous dix jours.

L’essentiel

  • Action symbolique : deux carcasses de brebis accrochées aux grilles de la préfecture du Puy-en-Velay dans la nuit du 22 au 23 mai 2026 par la CR43.
  • Trois attaques suspectées en mai : 25 ovins tués à Landos (5-6 mai), 5 agneaux à Saint-Haon (7-8 mai), 2 brebis à Saugues (21-22 mai) - analyses OFB en cours.
  • Environ 30 animaux tués dans les seules exploitations de Landos et Saint-Haon depuis le début du mois de mai, selon les éleveurs.
  • Réponse préfectorale : le préfet Yvan Cordier a proposé une rencontre avec les éleveurs dans les dix jours suivant l’action.
  • Contexte national : 4 441 attaques recensées en France en 2025 (+10 %), pour 12 927 victimes animales (+15,1 %), selon le ministère de l’Agriculture.

Une mise en scène voulue choquante

L’action a été revendiquée par la Coordination rurale 43. Le syndicat a communiqué sur ses canaux - dont Facebook - pour souligner « la détresse des éleveurs », selon Radio RVA. Deux brebis mortes, suspendues aux grilles de la préfecture. Le message est volontairement frontal.

Cédric Archer, co-président de la CR43, a expliqué la démarche à ICI.fr : « On en a marre du loup mais surtout marre de ce qui est appliqué. » Il va plus loin : « Le loup, pour moi, il n’a sa place que dans les zoos. Il faut que les protocoles changent. »

Une série d’attaques en moins de trois semaines

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L’action du 22-23 mai fait suite à plusieurs incidents signalés en Haute-Loire. Dans la nuit du 5 au 6 mai, 25 ovins ont été tués sur la commune de Landos - l’attaque la plus importante de cette série. Deux jours plus tard, nuit du 7 au 8 mai, 5 agneaux périssaient à Saint-Haon. Enfin, dans la nuit du 21 au 22 mai, 2 brebis étaient tuées à Saugues, veille de l’action à la préfecture. Au total, selon les éleveurs, une trentaine d’animaux ont été perdus rien qu’à Landos et Saint-Haon depuis le début du mois, rapportent ICI.fr et Le Progrès.

Des attaques similaires avaient déjà été signalées en avril, à Saint-Christophe-sur-Dolaizon et à Chaudeyrolles, dans le massif du Mézenc. Dans tous les cas, la responsabilité du loup est suspectée mais reste à confirmer : les analyses de l’Office français de la biodiversité (OFB) sont en cours ou en attente.

Le préfet Cordier s’était déjà rendu à Landos le 7 mai, après l’attaque sur cette commune, pour apporter « le soutien de l’État », selon la préfecture de Haute-Loire.

La réponse de la préfecture

Face à l’action du 22-23 mai, le préfet Yvan Cordier a proposé une rencontre avec les représentants des éleveurs dans les dix jours, selon ICI.fr et Radio RVA. Les modalités de cette réunion n’ont pas été précisées à ce stade.

La préfecture de Haute-Loire a par ailleurs mis à jour ses procédures sur les tirs de défense, suite à l’arrêté ministériel du 23 février 2026. Le nouveau cadre distingue quatre cercles de protection - de 0 à 3 - avec des déclarations numériques pour les cercles 0 à 2, et des autorisations spécifiques pour le cercle 3. La liste des tireurs habilités a été actualisée en mai 2026, selon le site de la préfecture. Pour les éleveurs de la CR43, ces ajustements restent insuffisants. D’autres préfets du Massif central sont également confrontés à des demandes de terrain croissantes de la part du monde agricole.

Contexte dans la Haute-Loire

La Haute-Loire est un département à dominante rurale et agricole, où l’élevage ovin constitue une activité structurante, notamment sur les plateaux du Velay, du Mézenc et de la Margeride - zones historiquement concernées par le retour du loup depuis les années 2010. Le département compte plusieurs communes classées en cercles de présence lupine par l’OFB.

À l’échelle nationale, la pression est croissante : 4 441 attaques ont été enregistrées en 2025 en France, soit +10 % par rapport à 2024, pour 12 927 victimes animales (+15,1 %), majoritairement des ovins, selon le ministère de l’Agriculture. La population de loups est estimée à 1 082 individus en 2025, en hausse de 6,8 % sur un an selon l’OFB. Des actions similaires à celle du Puy-en-Velay ont eu lieu dans d’autres départements d’élevage ces dernières années. Au Puy-en-Velay, le monde agricole n’est pas le seul à solliciter davantage d’attention des pouvoirs publics.

La CR43 n’est pas la seule organisation syndicale à dénoncer la situation, mais elle a choisi une forme de protestation particulièrement visible pour interpeller directement le représentant de l’État dans le département.

Prochaine étape : la rencontre avec le préfet

La réunion proposée par Yvan Cordier devrait se tenir avant la fin du mois de mai ou début juin 2026. Les résultats des analyses OFB sur les attaques de Landos, Saint-Haon et Saugues sont également attendus pour confirmer ou non la responsabilité du loup.

Sources

Valérie Roche

Valérie Roche

Valérie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Haute-Loire (43), avec Le Puy-en-Velay pour chef-lieu. Spécialité du département : depart chemin de Compostelle et AOP lentille verte. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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