Hautes-Alpes : la préfecture recrute de nouveaux lieutenants de louveterie

Face à 354 attaques de loups recensées en 2025, le département renforce ses équipes de terrain pour protéger le cheptel montagnard.

Hautes-Alpes : la préfecture recrute de nouveaux lieutenants de louveterie
Illustration Antoine Blanc / info.fr

La préfecture des Hautes-Alpes a lancé le 13 mars 2026 un appel à candidatures pour recruter de nouveaux lieutenants de louveterie. Objectif : mieux encadrer la gestion de la prédation lupine dans un département particulièrement exposé.

L’appel à candidatures a été ouvert le 13 mars 2026, selon la préfecture des Hautes-Alpes. Les dossiers étaient acceptés jusqu’au 12 avril, pour un mandat courant jusqu’au 31 décembre 2029. Les futurs lieutenants de louveterie seront nommés par le préfet et exerceront leur mission à titre bénévole, comme collaborateurs de l’administration dans le cadre du Plan Loup 2024-2029.

Pour candidater, il faut être de nationalité française, avoir moins de 75 ans, jouir de ses droits civiques et résider dans les Hautes-Alpes ou un canton limitrophe, précise la Fédération départementale des chasseurs du 05.

354 attaques en 2025

Le contexte justifie le renforcement des effectifs. En 2025, les Hautes-Alpes ont enregistré 354 attaques au 25 novembre, un niveau stable par rapport à 2023 mais toujours élevé, selon les chambres d’agriculture de la région PACA. À l’échelle nationale, la population de loups est estimée à environ 1 082 individus en 2025, avec une hausse des attaques de 10 % par rapport à 2024, d’après BFMTV.

Le loup s’est réinstallé dans les Hautes-Alpes à la fin des années 1990, après une présence confirmée dans le parc national du Mercantour dès 1992, rappelle le site Vie Publique.

Des règles assouplies dès 2026

Publicité

Sur le plan réglementaire, les éleveurs bénéficient depuis cette année d’une mesure nouvelle : ils peuvent abattre un loup attaquant leur troupeau sans autorisation préalable, via une simple procédure déclarative auprès de la préfecture, selon le ministère de l’Agriculture. Le quota national d’abattage pour 2026 est fixé à 21 % de la population estimée, soit environ 227 loups, potentiellement relevé à 23 % selon la pression de prédation.

Ce seuil reste insuffisant pour les élus locaux. En février 2026, les huit départements alpins, dont les Hautes-Alpes, ont réclamé dans une lettre commune un quota à 30 %, soit 325 loups, selon Le Dauphiné Libéré. Une demande adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, restée sans réponse publique à ce stade.

Les éleveurs du département saluent globalement ces évolutions, qui renforcent leur capacité à protéger le cheptel montagnard. Le suivi des prélèvements et des attaques est assuré via des comités départementaux, dans le cadre du Plan Loup 2024-2029.

Sources

Antoine Blanc

Antoine Blanc

Installé à Gap depuis dix ans, couvre les stations de ski, les chantiers de liaisons ferroviaires et les mobilisations contre les coupures de services publics en montagne. Formé à l'ESJ Lille, il a travaillé en radio locale avant de passer au web. Conviction forte : le journalisme local exige de connaître les élus, les syndicalistes, les entrepreneurs, pas seulement leurs dossiers de presse.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie