Hauts-de-Seine : le préfet alerte les maires contre l’ouverture sauvage des bornes incendie

Alexandre Brugère rappelle les sanctions pénales, jusqu'à 5 ans de prison, face au phénomène estival du street pooling dans le 92

Hauts-de-Seine : le préfet alerte les maires contre l'ouverture sauvage des bornes incendie
Illustration Guillaume Roux / info.fr

Le préfet des Hauts-de-Seine Alexandre Brugère a adressé, ce 28 mai 2026, une lettre à tous les maires du département pour les alerter sur les ouvertures illégales de bornes incendie. Ce phénomène, dit street pooling, expose ses auteurs à de lourdes sanctions pénales et compromet l'alimentation en eau des secours et des établissements de santé.

Le préfet des Hauts-de-Seine Alexandre Brugère a adressé, ce 28 mai 2026, une lettre à tous les maires du département pour les alerter sur les ouvertures illégales de bornes incendie. Ce phénomène, dit street pooling, expose ses auteurs à de lourdes sanctions pénales et compromet l’alimentation en eau des secours et des établissements de santé.

L’essentiel

  • Lettre préfectorale : Alexandre Brugère, préfet des Hauts-de-Seine depuis novembre 2024, a écrit à tous les maires du 92 le 28 mai 2026.
  • Sanctions maximales : jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende pour dégradation d’un point d’eau incendie (article 322-3 8° du Code pénal).
  • Autres sanctions : jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € pour vol d’eau ; jusqu’à 750 € d’amende pour simple ouverture illégale.
  • Risques identifiés : baisse de pression compromettant les interventions des secours, ruptures d’alimentation pour hôpitaux et EHPAD, pénuries et dégâts matériels.
  • Précédent récent : en mai 2026 dans l’Oise, des ouvertures sauvages ont provoqué des baisses de pression affectant Creil, Montataire, Nogent-sur-Oise et Compiègne.

Une lettre adressée à tous les maires du département

Le compte officiel de la préfecture des Hauts-de-Seine, @Prefet92, a publié le 28 mai 2026 vers 17h36 GMT une photo de la lettre signée par Alexandre Brugère. Le document appelle les élus à relayer le message de prévention auprès de leurs administrés avant l’arrivée des fortes chaleurs.

Alexandre Brugère occupe le poste de préfet des Hauts-de-Seine depuis sa nomination par décret du 31 octobre 2024, selon le Journal officiel publié sur Légifrance. C’est la première lettre formelle aux maires du 92 sur ce sujet recensée pour l’été 2026, même si la préfecture des Hauts-de-Seine est régulièrement active sur les dossiers de gestion administrative départementale.

Ce qu’est le street pooling et pourquoi il revient chaque été

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Le street pooling consiste à ouvrir illégalement un point d’eau incendie (PEI) - borne ou bouche d’incendie - pour se rafraîchir sur la voie publique. La pratique est documentée en Île-de-France depuis au moins 2015-2017, selon la revue spécialisée ASTEE TSM. Des vagues massives ont été enregistrées à Paris et en petite couronne lors des épisodes caniculaires, le phénomène se propageant notamment via les réseaux sociaux.

Le SEDIF (Syndicat des Eaux d’Île-de-France) et plusieurs préfectures - dont l’Oise, le Val-d’Oise et la Seine-Saint-Denis - mènent des campagnes de prévention récurrentes sur ce sujet, rappelant chaque été le gaspillage et les dangers associés.

Des risques concrets pour les secours et les établissements sensibles

La lettre préfectorale liste trois catégories de dangers. D’abord, la baisse de pression dans les réseaux : elle peut rendre inopérants les lances des pompiers lors d’un incendie. Ensuite, les ruptures d’alimentation en eau touchant des établissements sensibles : hôpitaux et résidences pour personnes âgées (EHPAD). Enfin, des dégâts matériels et des pénuries locales.

Un exemple concret s’est produit en mai 2026 dans l’Oise. Des ouvertures sauvages ont entraîné des baisses de pression documentées à Creil, Montataire, Nogent-sur-Oise et Compiègne, selon la préfecture de l’Oise. Des risques supplémentaires ont également été pointés, notamment les risques d’électrocution, les dommages structurels aux canalisations et les noyades.

Le détail des sanctions pénales rappelées

La lettre rappelle trois niveaux de sanctions. L’ouverture illégale d’un PEI est passible d’une amende pouvant atteindre 750 €. La dégradation d’un point d’eau incendie, qualifié de bien d’utilité publique au titre de l’article 322-3 8° du Code pénal, est punie de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende. Le vol d’eau est sanctionné de 3 ans de prison et 45 000 € d’amende, selon le site Village Justice, qui corrobore les chiffres de la préfecture.

Ces sanctions s’appliquent aux auteurs directs des ouvertures, mais aussi, selon les circonstances, à quiconque facilite ou encourage l’acte.

Contexte dans les Hauts-de-Seine

Le département des Hauts-de-Seine compte 1,6 million d’habitants sur 176 km², ce qui en fait l’un des territoires les plus densément peuplés de France. La concentration urbaine et la présence de nombreux établissements de santé (dont l’hôpital Lariboisière-Fernand-Widal à Clichy, l’hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt) rendent les baisses de pression dans le réseau particulièrement problématiques.

Des mesures préventives existent déjà localement : à Clichy (Hauts-de-Seine), des kits de sécurité ont été installés sur des bouches incendie pour limiter les ouvertures non autorisées, selon le prestataire SADE. La mairie d’Argenteuil (Val-d’Oise, département limitrophe) a de son côté publié le 28 mai 2026 un message explicite intitulé « Stop au street pooling ».

La chaleur qui touche actuellement la région - Roland-Garros a enregistré 35°C ce 28 mai, avec des discussions sur les protocoles de gestion de la chaleur dans les grands événements sportifs - laisse anticiper une pression accrue sur les réseaux d’eau en Île-de-France dans les prochaines semaines. Par ailleurs, des mesures liées à la pollution à l’ozone sont également en vigueur à Paris ce 28 mai, signe d’un contexte climatique tendu.

Les maires en première ligne

La démarche du préfet Brugère place les élus locaux en position de relais. Aucune mesure réglementaire nouvelle n’est annoncée dans les sources disponibles à ce stade : la lettre vise à rappeler le droit existant et à mobiliser les communes pour la prévention. Les maires peuvent, selon les pratiques déjà observées dans d’autres communes franciliennes, organiser des campagnes d’affichage ou installer des dispositifs techniques sur les bornes.

La préfecture des Hauts-de-Seine n’a pas précisé de calendrier de contrôle ni de dispositif de signalement spécifique au département dans la communication du 28 mai.

Sources

Guillaume Roux

Guillaume Roux

Guillaume est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Hauts-de-Seine (92), avec Nanterre pour chef-lieu. Spécialité du département : La Defense (3 millions m2 bureaux). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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